​Malgré les sanctions, la Russie et la France regardent vers l’avenir

Russian Economics Minister Alexei Ulyukayev, left, and French Economics Minister Emmanuel Macron talk during the Russian-French Council of Economic, Financial, Industrial and Trade Issues session in Moscow, Russia, Monday, Jan. 25, 2016.

Russian Economics Minister Alexei Ulyukayev, left, and French Economics Minister Emmanuel Macron talk during the Russian-French Council of Economic, Financial, Industrial and Trade Issues session in Moscow, Russia, Monday, Jan. 25, 2016.

AP
​Après deux ans d’interruption, le Conseil économique, financier, industriel et commercial franco-russe (CEFIC) a tenu une réunion.

Le Conseil économique, financier, industriel et commercial franco-russe (CEFIC) a tenu sa 21ème réunion à Moscou à l’issue d’une pause de deux ans dans ses activités. Les délégués ont déclaré que malgré les sanctions européennes et une situation économique compliquée dans le monde, les deux pays gardaient toujours de nombreux points de contact dans le domaine de la coopération économique.

La Russie était représentée à la rencontre par son ministre du Développement économique, Alexeï Oulioukaïev, et la France par son ministre de l’Economie, Emmanuel Macron.

Secteurs et coopération

Inaugurant la réunion, Alexeï Oulioukaïev a déclaré que les échanges commerciaux entre la Russie et la France s’étaient considérablement réduits, mais a constaté que les investissements des partenaires français dans l’économie russe allaient croissant. Les deux pays réalisent des projets communs dans l’industrie électrique, l’aéronautique, la fabrication de matériaux de construction, l’énergie et le numérique.

« Nous nous félicitons de la participation de sociétés françaises à des projets dans le cadre des préparatifs du Mondial 2018 et à la construction de routes », a-t-il souligné. Les sociétés font ensemble leur entrée sur les marchés de pays tiers. Un exemple est la coopération dans la fabrication de locomotives par les sociétés Alstom et Transmashholding qui ont investi le marché du Kazakhstan. « Je parle aussi de nos géants Rosenergoatom et Electricité de France qui modernisent une centrale nucléaire en Bulgarie », a ajouté Alexeï Oulioukaïev.

Lassitude face aux sanctions

Parmi les dossiers abordés à l’ouverture de la réunion et à la conférence de presse à l’issue de celle-ci : l’éventuelle levée des sanctions de l’UE contre la Russie et la rhétorique des autorités françaises devenue assez « chaleureuse » au sujet de la Russie. Emmanuel Macron a assuré samedi dernier que l’objectif était « de pouvoir lever les sanctions parce que le processus aura été respecté », évoquant les accords de Minsk qui doivent mettre fin au conflit en Ukraine. Au cours de la réunion il s’est dit déterminé à y contribuer.

Alexeï Oulioukaïev a précisé qu’il n’avait pas évoqué les sanctions avec Emmanuel Macron au cours de la rencontre qui s’est déroulée à huis clos. Toutefois, il a dit se féliciter de déclarations semblables de Paris.

« Nous sommes tous las de tels développements négatifs liés aux sanctions et à l’embargo décrété en réaction à celles-ci. Nous devons agir dans l’intérêt du monde des affaires russe et français qui se heurte ces dernières années à des problèmes, notamment à celui de l’introduction des sanctions et de l’embargo », a-t-il noté.

Répondant à la question de savoir si la Russie pourrait annuler son embargo, il a indiqué que Moscou n’agirait que dans le cadre de la réciprocité. « Ce n’est pas la Russie qui a décrété les sanctions. Notre embargo est uniquement une réaction à des actions inamicales. Il est évident que la circulation dans l’autre sens doit être symétrique. Si nos chers amis européens prennent la décision tant attendue par les entrepreneurs, nous adopterons nous aussi une décision appropriée », a-t-il fait remarquer.

Emmanuel Macron a reconnu que les sanctions étaient loin de favoriser le climat des affaires, tout en constatant l’existence de secteurs et de capacités pour la réalisation de nouveaux projets par les deux pays.

Nouveaux projets

Bien que le CEFIC n’ait pas tenu de rencontre pendant deux ans, il n’en a pas pour autant cessé ses activités, ce qui a permis d’élaborer plusieurs ententes et accords signés à l’issue de la réunion, a poursuivi le ministre russe.

Ainsi, Alexeï Oulioukaïev et Emmanuel Macron ont signé l’accord cadre final de la 21ème session de la CEFIC.

Le patron du Fonds russe pour les investissements directs, Kirill Dmitriev, et le PDG de CDC International Capital, Laurent Vigier, ont signé un accord de coopération entre les deux structures. Le nouveau fonds russo-français investira un milliard d’euros dans des projets communs de développement des PME. La première transaction sera finalisée dans le courant des six prochaines semaines, a précisé Kirill Dmitriev, en ajoutant que son montant dépasserait 100 millions d’euros et que ses principaux paramètres étaient d’ores et déjà concertés.

Un Mémorandum de coopération a été également conclu entre la fondation Skolkovo et le groupe Electricité de France (EDF).

Plusieurs documents avec des partenaires français ont été signés par l’Usine aéronautique civile de l’Oural (Ouzga). Ainsi, l’accord avec Airbus prévoit la fabrication en Russie d’hélicoptères Airbus Helicopters H135.

Yamal LNG sans risques

Emmanuel Macron et Alexeï Oulioukaïev ont annoncé que la réunion avait été l’occasion d’examiner le projet Yamal LNG (l’un des plus grands projets au monde de gaz naturel liquéfié). Le ministre russe a fait observer que les parties avaient trouvé le moyen d’éviter les risques de sanctions pour les banques françaises lors du financement du projet. Il s’agira d’organiser le financement de manière à ce que, d’une part, les engagements financiers du projet soient exécutés et, d’autre part, que les banques françaises puissent éviter les risques engendrés par les sanctions des Etats-Unis, a-t-il souligné pour conclure.

Source : TASS

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.