Quels pays asiatiques investissent en Russie ?

Projet gazier Sakhaline-2.

Projet gazier Sakhaline-2.

Service de presse
Le Japon a dépassé la Chine en volume d’investissements directs cumulés dans l’économie russe : il s’agit principalement d’investissements dans les projets gaziers. Les compagnies sud-coréennes ont elles surtout investi dans l’assemblage de voitures, et les turques – dans des secteurs très variés dont la construction et l’agriculture.

Selon le Centre d’études sur l’intégration de la Banque eurasiatique de développement (BEAD), le Japon est le plus grand investisseur asiatique en Russie ($14,4 milliards), la Turquie se classe en deuxième position ($5,7 milliards) et l’Inde en troisième ($3,5 milliards). La Chine n’arrive qu’à la quatrième place ($3,37 milliards).

La quasi-totalité des investissements directs japonais sont destinés à l’extraction de pétrole et de gaz naturel en Russie. Ainsi, les projets gaziers Sakhaline-1 et Sakhaline-2 en Extrême-Orient ont attiré 10,1 milliards de dollars d’investissements japonais. À titre de comparaison, les investissements des compagnies chinoises dans le combustible russe n’ont atteint que 1,2 milliard.

Au cours des cinq dernières années, la Chine est devenue le plus grand investisseur asiatique dans les pays de l’ancien bloc soviétique. Le volume des investissements directs chinois est passé de 11 milliards fin 2008 à 27,1 milliards de dollars fin 2014, mais c’est le Kazakhstan qui a attiré l’essentiel de ces fonds (23,6 milliards) et non la Russie.

L’analyste d’UFS IC Piotr Dachkevitch estime que malgré la rhétorique ouvertement prochinoise de la Russie, les accords réels ne sont pas si nombreux. En outre, dans certains secteurs, comme par exemple dans la construction mécanique, les compagnies chinoises créent une concurrence dangereuse pour les acteurs russes.

Données divergentes

Les calculs de la BEAD divergent considérablement des statistiques de la Banque centrale. Ainsi, selon les données officielles, le volume des investissements japonais est bien inférieur - 1,2 milliard de dollars seulement. La BEAD explique la différence des estimations par la méthode de calcul.

« Nous disposons de beaucoup moins de données sur les investissements asiatiques, d’autant que ces investisseurs sont plus enclins à utiliser les offshores et autres bases de transbordement pour les investissements directs que les Européens », indique le rapport. Ainsi, les estimations de la BEAD sont réalisées sur la base d’informations concernant les transactions d’un montant supérieur à 10 millions de dollars et les rapports comptables des entreprises.

Image par : Aliona RepkinaImage par : Aliona Repkina

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