Quel avenir pour le paiement sans contact en Russie ?

Watch2pay

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Les banques russes proposent désormais à leurs clients des montres permettant de payer leurs achats sans avoir à insérer leur carte bancaire dans un terminal. Les experts y voient plus une tentative de conserver les clients en temps de crise qu'une véritable nécessité. D'autant qu'une grande partie de la population russe boude toujours les cartes bancaires.

Plus de la moitié des Russes n'ont jamais utilisé de moyen de paiement autre que le liquide, et 90% paient de cette manière au quotidien, selon les statistiques de la National Agency for Financial Studies. Par ailleurs, les terminaux qui permettent le paiement sans contact n'en sont qu'à leurs balbutiements dans le pays.

Dans ce contexte, le service permettant de payer en un seul geste, proposé en août 2015 par Alfa-Bank à ses clients a de quoi étonner. AK Bars avait proposé les mêmes montres à ses clients en avril 2013 déjà et Gazprombank propose le même gadget.

Où peut-on payer via PayPass en Russie ?

Au-delà des montres Watch2Pay, les banques russes présentent également à leurs clients des autocollants, des porte-clefs et des cartes supportant la technologie MasterCard PayPass. On compte déjà 5 millions de cartes de ce genre dans le pays. En revanche, les points de vente où il est possible d'utiliser ces moyens de paiement sont encore peu nombreux. On en compte 1564 à Moscou, 610 à Kazan, une centaine à Saint-Pétersbourg et Naberejnye Tchelny, et seulement quelques dizaines dans les autres grandes villes. Aujourd'hui, à l'échelle mondiale, les paiements au moyen de la nouvelle technologie de MasterCard peuvent se faire dans plus de 3 millions de points de vente de 68 pays, dont 38 en Europe.

En Russie, on peut déjà payer ainsi dans les hypermarchés comme Auchan, ainsi que dans les fast-foods tels que McDonald's et Subway. PayPass permet aussi de payer son trajet en bus sur quelques itinéraires à Moscou et Saint-Pétersbourg.

« Les nouvelles technologies de paiement comme MasterCard PayPass attirent l'attention d'un public de pointe, qui s'intéresse à tous les nouveaux gadgets, ainsi qu'aux spécialistes des secteurs bancaires et affiliés. Et même au sein de cet auditoire restreint, ce n'est pas le moyen de paiement le plus populaire », pense Evguenia Arnaoutova, attachée de presse du service des paiements électroniques de Yandex.Money.

La faible demande pour les montres et porte-clefs réside dans le fait que par sécurité, tous les paiements de plus de 1000 roubles  en Russie (un peu plus de 13 euros) doivent être confirmés avec un code PIN. Ainsi, le procédé ne se différencie presque plus des paiements par carte. Payer sans contact avec une montre ou un bracelet est pratique, par exemple, pendant les festivals, où il existe un risque de perdre son portefeuille ou sa carte. Même chose dans les transports en commun, où le paiement n'est pas élevé et qu'il faut l'effectuer rapidement.

Pourquoi pas ?

D'après Olga Lvovskaya, chef du département des relations publiques de la National Agency for Financial Studies (NAFI), les banques proposent les montres Watch2Pay pour renforcer leur image de marque et augmenter la fidélité des clients. Ceci est particulièrement important dans la mesure où la concurrence se durcit dans le contexte de la crise actuelle. Mais elle ajoute que la majorité des Russes reste indifférente aux produits financiers innovants.

« La majorité de ceux qui sont ouverts à ce type d'innovations vivent en Extrême-Orient », souligne Lvovskaya. Selon les statistiques de la NAFI, 18% des Russes utilisent les services bancaires sur internet alors qu'ils sont 30% dans les régions de l'est du pays. Cela s'explique par la proximité géographique de ces régions avec l'Asie progressiste. Il est donc possible que les gadgets utilisant la technologie PayPass de Mastercard trouvent preneurs avant tout en Extrême-Orient.

Evguenia Arnaoutova est convaincue que les paiements sans contact ont de l'avenir en Russie et vont gagner en popularité d'ici un ou deux ans. « Il ne s'agira probablement non pas de l'intégration des technologies à un gadget quelconque, mais de paiements n'exigeant rien de supplémentaire. Par le biais des smartphones d'abord, sans lesquels certains ne s'imaginent même plus vivre aujourd'hui. Puis grâce aux données biométriques : une confirmation vocale, une empreinte digitale ou une identification oculaire pourraient permettre de payer dans le futur », pense-t-elle. 

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