La Russie cherche une alternative à Visa et Mastercard

Crédit : Reuters

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Les sanctions occidentales n’ont finalement touché que deux banques russes, mais elles ont convaincu les autorités et les banquiers de mettre en place un système national de paiement.

L’hégémonie de Visa et de Mastercard sur le marché russe fait depuis longtemps l’objet de critiques. Bien avant les événements en Ukraine, la Banque centrale de Russie s’était penchée sur des solutions alternatives afin de briser le monopole des deux géants internationaux.

D’après les estimations des banquiers, la part de Visa et Mastercard dans le volume du nombre de cartes est de 80 à 90%. Des avis en nombre grandissant s’expriment dans le secteur financier russe en faveur d’un système de paiement universel qui soit sous le contrôle du régulateur national. « La solution la plus cohérente serait la création d’un tel système sous l’autorité de la Banque centrale de Russie », estime Sergueï Mednov, membre de la direction de la Banque de Moscou, qui est contrôlée par l’État. La Banque centrale a justement l’intention de créer un centre de gestion des transactions nationales russes avant le 1er juin 2014. Le mesure améliorerait non seulement la sécurité nationale, mais apporterait également des revenus supplémentaires à la Banque centrale.

Cependant, les experts qualifient de plus prometteur le système de paiement PRO100 comme celui du centre de virements de Sberbank. Les cartes de paiement ont d’abord été fournies aux fonctionnaires. « Pour fusionner avec le système de paiement PRO100, il faut en moyenne au moins un mois et demi à la banque », dit Andreï Nesterov, directeur du département des communications stratégiques « OuEK ». Pour une banque, le ticket d’entrée dans le système coûte 30 000 euros, dit Nesterov. Les coûts de fonctionnement sont inférieurs à ceux des systèmes étrangers.

Selon la spécialiste Alma Obaevaïa, il faudra au minimum six mois pour que le système local entre en service. Pour concurrencer globalement Visa et Mastercard, il faudra bien davantage. Or, les systèmes de paiement nationaux ont un défaut de taille. « Les problèmes apparaissent quand les consommateurs veulent se servir de leurs cartes de paiement à l’étranger, où il n’y a pas de support du système russe. Et il sera problématique dans la situation actuelle de faire passer au niveau international un projet quelconque », fait remarquer Tamara Kassianova, première vice-présidente de l’association « Club russe des directeurs financiers ».

Tandis que la Russie élabore son propre système de paiement, l’UnionPay chinois a déjà pris position sur le marché russe à l’automne 2013, et ambitionne aussi de représenter une alternative à Visa et Mastercard. Le système national de paiement de la Chine a été fondé en 2002 pour acquérir en quelques années une dimension internationale.

 

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