Les Français et les Suisses cimenteront Moscou

Crédit : Reuters

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La fusion entre les deux leaders européens de production de ciment, le Français Lafarge et le Suisse Holcim, va conduire à un changement de leaders sur le marché russe. La part du groupe pourrait atteindre 9,1%, ce qui lui permettrait de figurer parmi les trois plus grands acteurs de l’industrie.

Le Suisse Holcim et le Français Lafarge ont annoncé, dimanche en fin de soirée, leur intention de fusionner par échange d’actions. 57% de la future holding sera contrôlée par Holcim, et les 43%  restants par Lafarge, ont déclaré les parties dans un communiqué. Les nouveaux partenaires espèrent que la valeur de leur société atteindra 60 milliards de dollars avec un volume de ventes de 43 milliards de dollars. Les entreprises estiment que la fusion permettra à la structure de réduire les coûts, et que les économies atteindront 1,9 milliards de dollars.

En Russie, Holcim possède deux usines de ciment à Kolomna (région de Moscou) et à Volsk (région de Saratov). En 2013, le groupe a produit 5,8 millions de tonnes de ciment en Russie.

Le groupe français détient également deux usines en Russie, une à Voskressensk (région de Moscou) et l’autre à Korkino (région de Tcheliabinsk), qui l’an dernier ont produit cumulativement 4,1 millions de tonnes de ciment, ce qui représente 7% de la production totale en Russie. 15% des entreprises russes Lafarge sont détenues par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.

Dans les divisions russes Lafarge et Holcim la décision de fusionner n’a pas été commentée.

Le mariage de Lafarge et Holcim va conduire à un changement de leaders sur le marché russe. La part du groupe atteindra 9,1% du marché, avec une production de plus de 6 millions de tonnes de ciment par an, estime le Directeur associé de la société de conseil CMPRO, Vladimir Gouze. Ainsi, LafargeHolcim deviendra le deuxième plus grand producteur de ciment dans le pays. Dans cette position, la nouvelle société holding évincerait la société russe Novoroscement, de Lev Kvetnoi, dont la part s’élève désormais à 8,7% (5,8 millions de tonnes par an). L’acteur majeur en Russie reste Eurocement : la part du groupe, qui en 2013 a produit 21,6 millions de tonnes de ciment, était de 32,6%.

Le volume total de la production de ciment en Russie l’an dernier s’élevait à 66,4 millions de tonnes.

« Etant donné que les principaux actifs de Lafarge et Holcim sont concentrés dans la région de Moscou, la part du marché régional devrait atteindre environ 23% », ajoute Vladimir Gouze. Le regroupement du business pour les entreprises occidentales est devenu un processus inévitable, estime M. Gouze. D’après les chiffres de 2013, le volume des ventes de Lafarge en Russie a diminué de 6%, cela résulte du rapport global de l’entreprise. Auparavant, la société avait l’intention de vendre ses actifs russes, a mentionné précédemment Vladimir Gouze. Les actionnaires des sociétés ont répondu de manière positive à la nouvelle d’une fusion. Après l’annonce de cette nouvelle fusion, les actions de Holcim à la SIX Swiss Exchange ont progressé de 1,62% dans un contexte de chute de l’indice SMI de 1,15%. Les actions Lafarge à la Bourse de Paris ont grimpées de 2,57%, avec un recul de l’indice du CAC 40 de 1,8%.

 

Article publié en russe sur le site de Kommersant

 

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