La Russie augmente sa production de SSJ100

En 2015, Sukhoi prévoit de produire 56 Superjets. Crédit : Itar-Tass

En 2015, Sukhoi prévoit de produire 56 Superjets. Crédit : Itar-Tass

La Russie accroît sa production d’avions civils grâce aux « Superjets ». Il a été prévu pour cette année d’en livrer dix fois plus qu’il y a quatre ans, lorsque la production des appareils ne faisait que débuter. Le transporteur low-cost d’Aeroflot, Dobrolet, envisage en outre d’acquérir des « Superjets ».

En 2013, la Russie a produit 32 avions de ligne civils. Pour 2014, 46 appareils sont déjà planifiés. Parmi eux, l’on trouve 40 « Superjets » et 6 « AN-148 ». C’est ce qu’a déclaré aux journalistes le directeur du département de l’industrie aéronautique du Ministère de l’industrie et du commerce, Andreï Boginskiy, au cours du salon international « Singapore Air Show ».

Selon lui, un tel plan représente une importante charge de travail et un défi pour le secteur en termes de modèle de production. « C’est pourquoi il nous faut cette année commencer à produire au minimum trois avions civils par mois, afin d’être en mesure d’honorer nos obligations de livraisons, alors que nous ne produisions jusqu’à présent que deux avions par mois », a indiqué A. Boginskiy.

Nombre de SSJ100 assemblés :

2013 : 25 avions

2012 : 12 avions

2011 : 4 avions

« En 2015, il nous faudra déjà produire 56 Superjets (sans compter les autres appareils) », estime le directeur du département de l’industrie aéronautique du Ministère de l’industrie et du commerce, Andreï Boginskiy.

Les principaux clients du « Superjet » sont les compagnies aériennes russes Aeroflot, UTair, Gazprom Avia et la compagnie mexicaine Interjet. Le financement de l’accroissement de la production de la société Sukhoi Civil Aircraft (SCA) se fera à 76% sur fonds propres ainsi qu’au moyen de crédits commerciaux. L’effort public représente 24% du montant total du budget. Le volume total du financement de SCA n’a pas été dévoilé. 

La compagnie low-cost Dobrolet, filiale d’Aeroflot pourrait devenir un nouveau client de SCA. Cela sera toutefois probablement le cas dans quelques années, lorsque SCA aura atteint un volume annuel de production de 60 à 70 « Superjets ».

Au tournant des années 2015-2016, SCA ne pourra effectuer ses livraisons qu’au rythme de 48 appareils par an, selon les estimations du rédacteur en chef de l’agence d’analyse sectorielle Aviaport, Oleg Panteleev. Si l’on ajoute un contrat important, par exemple avec Dobrolet, le constructeur devra avoir recours au crédit afin d’accroitre la production sous peine de tout simplement risquer de perdre un client, selon l’expert.

SCA sera en mesure de convaincre un autre client important, même si ce n’est pas Dobrolet, seulement en proposant le prix le plus intéressant, estime le président du conseil d’administration d’Avia Solutions Group, Gediminas Jemialis, (les compagnies du groupe sont impliquées dans le programme SSJ100). « En leur temps, Boeing et Airbus ont respectivement proposé à Ryanair et easyJet des prix presque inférieurs au coût de production et ont réalisé des profits grâce aux ventes ultérieures », indique-t-il. SCA pourrait réduire le prix de vente de l’appareil à 9,5 ou 10,2 millions d’euros (le prix de l’avion, TVA non incluse est actuellement de 18,2 millions d’euros) pour un client prêt à commander un minimum de 70 à 80 appareils.

Cela inciterait le constructeur à fournir le marché secondaire, étant donné qu’à l’heure actuelle, « les systèmes de maintenance du SSJ100 ainsi que la formation du personnel sont de qualité inférieure par rapport aux constructeurs occidentaux », explique M. Jemialis.

Outre le Superjet, le moyen-courrier MC-21 constitue pour cette année un autre projet prioritaire dans le domaine de l’aviation civile. 353 millions d’euros seront alloués à ce projet pour 2014. Le montant total des investissements dans le projet s’élèvera à 3,4 milliards d’euros, dont 50% en provenance de fonds publics, et 50% de fonds extrabudgétaires, a indiqué M. Boginskiy.

Sources : RBC Daily et Rossiskaya Gazeta

 

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