Un gadget mobile qui peut vous sauver la vie

Dmitri Iourtchenko et Irina Linnick, fondateurs du "Bouton de vie". Crédit photo : Kommersant photo

Dmitri Iourtchenko et Irina Linnick, fondateurs du "Bouton de vie". Crédit photo : Kommersant photo

Le « Bouton de vie » est un système de signalisation d'urgence qui stimule le secteur de la médecine mobile en Russie. Il a déjà sauvé plus de 250 vies.

L'inventeur du « Bouton de vie », Dmitri Iourtchenko, a eu l'idée du gadget qui permettrait aux proches d'obtenir une assistance médicale d'urgence en 2009 lors de ses études à Skolkovo, une grande école moscovite.

« Nous envisagions trois domaines : l'informatique, l'efficacité énergétique et la médecine », raconte Iourtchenko. L'informatique les a effrayés par la forte concurrence, l'énergie par les énormes capitaux nécessaires pour démarrer.

« Nous avons opté pour la médecine : en Russie, la concurrence est faible, la fragmentation très importante et la tendance est à l'augmentation des dépenses sur fond de vieillissement de la population et de faible niveau de compétence des médecins ». Dmitri Iourtchenko s'est associé avec Irina Linnick, sa collègue au MBA de Skolkovo.

Le stage d'études est tombé à pic. Deux mois aux États-Unis, pays leader en médecine mobile, ont bien servi. Au final, les entrepreneurs débutants se sont arrêtés sur l'idée du « Bouton de vie ».

Il devait devenir le premier système de signalisation médicale en Russie, un outil électronique permettant aux personnes âgées et aux handicapés d'appeler facilement une assistance médicale.

Crédit photo : Kommersant photo

Le service comporte deux éléments : le gadget et un centre d'assistance. C'est un pendentif, un bracelet ou un téléphone mobile. Son prix varie entre 67,5 et 232,5 euros. Le dispositif transmet un signal d'urgence au centre d'assistance, où les opérateurs sont médecins.

Le dispositif est destiné aux personnes âgées, mais la cible prioritaire sont les personnes qui vivent séparément de leurs parents âgés et veulent être rassurés. La Russie compte plus de 18 millions de personnes âgées.

Chaque année, 3 millions d'entre eux sont victimes d'incidents et ne parviennent pas à prévenir les secours ; 1,5 million oublient leur adresse et 2,4 millions sont incapables d'appeler une ambulance. 

Le projet a été lancé en un an, neuf mois ont été consacrés à l'élaboration du projet et aux essais des canaux de distribution. Durant cette période, les associés lèvent 375 000 euros de financements.

« Irina Linnick et moi-même avons investi le capital initial (15 000 euros environ), puis nous avons emprunté 75 000 euros à un ami et ensuite nous avons fait appel au fonds d'investissement à risque Venture Angels », raconte Iourtchenko.

Depuis le lancement et en six mois seulement, le nombre de points de vente de téléphonie commercialisant le Bouton de vie a été multiplié par 100 pour passer de 5 à 500. Le Bouton est commercialisé dans sept villes, notamment à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Le projet est finaliste du concours des start-ups organisé par Forbes, c'est le « Meilleur projet à caractère social » en 2011 et 2012.

Puis, les entrepreneurs récoltent 875 000 d'euros auprès d'un investisseur stratégique, le groupe IT. Au total, ils lèvent 1,5 millions d'euros. Sa société s'évalue aujourd'hui à 7,5 millions d'euros, sur la base des dernières prises de participation au capital.

Il y a eu des difficultés, mais les créateurs de la start-up ont leur propre approche des problèmes qui leur a empêché de baisser les bras.  « Quand on lance une entreprise, on a un gros problème : on veut une grande entreprise qui réussit, et on n'en a pas. Alors, on divise ce problème en plusieurs composantes et on le résout », sourit Iourtchenko.

Deux ans et demi après le lancement du projet, Iourtchenko est certain que son entreprise a dépassé le statut d'une start-up. Les services de la société sont proposés dans 7 villes russes, notamment à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Actuellement, la société emploie 24 personnes.

« La colonne vertébrale de l'entreprise, ce sont moi (directeur général), Irina Linnick (co-fondatrice, directrice commerciale), Maria Karaban (directrice du développement régional) plus trois autres personnes responsables des relations avec les partenaires et des ventes, Kuan Nguyen (directeur technique) plus quatre spécialistes techniques. Les autres sont des opérateurs du call-center et des collaborateurs dans les régions »,  explique Iourtchenko.

Les fondateurs affirment que les profits à court terme ne sont pas leur principal objectif. Ils veulent lancer une industrie dont l'idée principale est d'assurer la sécurité des proches.

« J'ai une raison d'être fier : qui peut se vanter d'avoir sauvé ne serait-ce qu'une vie humaine ? Nous en avons sauvé 250. Nous sommes à l'origine d'une industrie qui aide les gens ».

La société prévoit une expansion sur tout le territoire russe via une simplification du service. Iourtchenko croit que c'est le moyen optimal d'augmenter la capitalisation de sa société. La société envisage aussi une expansion internationale. Bouton de vie travaille sur un service global de monitoring du poids et de l'activité humaine.

Une autre niche qui intéresse les entrepreneurs : les parents d'enfants en bas âge, avec un gadget spécifique. 

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