Un jeune aubergiste lance un réseau florissant en Russie

Source : service de presse

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Âgé juste de vingt ans, l'entrepreneur Daniil Michine, originaire de la ville de Sébastopol, est le propriétaire du réseau d’auberges de jeunesse Bear Hostels, qui comprend sept mini-hôtels à Moscou et en Ukraine. Le jeune aubergiste envisage d’externaliser une partie de ses activités et de développer le réseau dans plusieurs régions russes.

Daniil Michine Source : service de presse

Après avoir manqué leur train Berlin-Varsovie, la famille de Daniil Michine, un originaire de Sébastopol âgé de 11 ans à l'époque, a dû passer une nuit dans la capitale allemande avec uniquement 20 euros dans la poche pour trois personnes. Bien évidemment, il était hors de question de descendre dans un hôtel, et la famille ne connaissait personne à Berlin. Toutefois, les Michine ont réussi à trouver une place dans une auberge.

C'est après le retour à Sébastopol que l'idée a traversé l'esprit de Daniil : créer en Ukraine un mini-hôtel à la européenne. L’adolescent a réussi à convaincre ses parents de mettre à sa disposition l’appartement de sa grand-mère. Donc, après une rénovation qui a pris quelques mois (le jeune entrepreneur a demandé de l'aide de ses amis d'école), voit le jour la première auberge de jeunesse de Sébastopol. À la fin de la saison chaude qui dure dans la ville quatre mois, l'entreprise a affiché un revenu de près de 7.500 euros, plus que suffisant pour ouvrir plusieurs autres auberges.

Après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, Daniil voulait d'abord entrer dans la filiale de l'Académie du travail et des relations sociales de Moscou à Sébastopol. Toutefois, après avoir rendu visite à son frère résidant à Moscou, il décide de s’installer dans la capitale russe. Il demande donc à l'administration de la filiale de le transférer au bureau central de l'Académie. Une fois à Moscou, il trouve un emploi dans l'auberge Yellow Blue Plus. Découvrant ainsi les particularités des établissements d'hébergement moscovites, Daniil lance un peu plus tard sa propre auberge à 28 places baptisée Olympia (pour le symbole, il choisit l'ours Misha, mascotte officielle des Jeux olympiques de Moscou de 1980). L’ouverture de l’auberge lui a coûté 34.500 euros – Daniil a investi dans le projet tout l'argent gagné en Ukraine ; son frère a couvert le reste des dépenses de ses propres fonds. Les entrepreneurs ont essayé de maximiser les économies : notamment, ils ont acheté des lits d'une compagnie qui fournissait le mobilier pour les prisons et ont acquis du linge de lit en surplus d'une compagnie de chemins de fer ukrainienne. Olympia-1 a été rentable en trois mois. Cette même année, Daniil a lancé dans un immeuble voisin une autre auberge (Olympia-2), cette fois-ci à 30 places.

Auberge à Arbatskaïa. Source : service de presse

Quand les deux auberges ont commencé à afficher des revenus, l'entrepreneur a vendu la compagnie et a lancé un nouveau réseau baptisé Bear Hostels. À la fin de 2010, voit le jour la première auberge de Bear Hostels. C'était un mini-hôtel rénové avec du mobilier tout neuf situé en plein centre de la capitale ; le prix du lancement s'élevait cette fois à quelque 69.000 EUR. La nouvelle entreprise de Daniil a attiré plusieurs banquiers qui ont investi dans le projet plus de 690.000 euros (à la fin de 2012, les investisseurs s’en sont retirés). L'entrepreneur a utilisé ses fonds pour lancer deux auberges, également au centre de Moscou.

« Nos clients principaux sont des jeunes hommes ou femmes âgés entre 17 et 25 ans, qui ne veulent pas, quel que soit le but de leur voyage, payer trop cher pour un hôtel, préférant de dépenser l'argent pour des choses plus agréables », dit Daniil. Le prix moyen d'une nuit aux auberges de Bear Hostels est de près de 16 euros. Le prix inclut une place dans une chambre (Bear Hostels offre des chambres de 2 à 16 places), l'accès au Wi-Fi, une TV, des consoles de jeux, une cuisine et un coffre-fort. D'après l'aubergiste, il n'envisage pas d'augmenter les prix : l'indexation annuelle des prix à Bear Hostels ne dépassait pas 4%, correspondant ainsi au niveau de l'inflation.

Actuellement, le réseau comprend quatre auberges en Russie (trois à Moscou et une à Perm) et quatre en Ukraine. Plus de 70% des auberges sont des locaux loués. Daniil envisage de lancer avant la fin de l'année en cours plusieurs hôtels 3 étoiles, ainsi que des auberges dans plusieurs régions russes, mais préfère éviter Saint-Pétersbourg en raison d'une forte concurrence. Le jeune entrepreneur table sur l'externalisation : la restauration, la vente de packages touristiques, ainsi que la gestion de la comptabilité sont externalisés à Bear Hostels.

Auberge à Maïakovskaïa. Source : service de presse

L'année dernière, la compagnie a affiché un bénéfice net de plus de 1,49 million d'euros. Cette année, chaque client dépense en moyenne 78,35 EUR.

Outre les auberges dans la province et le lancement d'hôtel trois étoiles, Daniil envisage prochainement de lancer la construction de « motels » le long des principales autoroutes de la Russie et de créer un réseau des foyers des travailleurs à prix très bas (7 euros par nuit). Il compte débloquer pour les projets ses propres fonds, sans avoir recours aux investissements.

Les concurrents de Bear Hostels ne considèrent pas l'histoire de Daniil Michine comme unique. Arik Pogossian, propriétaire du réseau PS Hostels (7 auberges au total), estime qu'une expansion vers les régions peut provoquer la perte de l'image unique de la compagnie. « Si toutes les chambres sont équipées de même façon, et les services sont standartisés (et c’est indispensable si le propriétaire se trouve dans une autre région), la compagnie perd son visage. Nous avons choisi un autre chemin : chacune de nos auberges a son style unique, et la figure principale est toujours l’administrateur. Si nous lançons une expansion, nous ne conserverons pas l’esprit de chaque auberge », explique l’entrepreneur.

Anna Poultcheva, fondatrice du réseau d’auberges Narnia (quatre à Saint-Pétersbourg, trois à Moscou), table sur partenariat comme un modèle efficace d’expansion. « Nous signons un accord de partenariat prévoyant la répartition des bénéfices 50/50, et notre compagnie fournit effectivement les services de gestion », dit Anna. « Toutefois, maintenant nous voulons changer un peu nos modèles, car nous avions fait face par le passé à quelques difficultés en matière de la répartition des revenus, et nos partenaires en outre veulent avoir plus d’influence sur les affaires ».

Texte original publié sur le site de RBC Daily le 9 septembre 2013.

 

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