Beaucoup d’émotions peu de contrats

L’industrie aéronautique russe a épaté le public du salon de l'aéronautique du Bourget 2013. Crédit : AP

L’industrie aéronautique russe a épaté le public du salon de l'aéronautique du Bourget 2013. Crédit : AP

La Russie a déployé des efforts sans précédents au 50ème salon du Bourget pour séduire les compagnies aériennes. Mais les nouveautés cruciales ne seront dévoilées qu’au salon MAKS de Moscou en ce mois d’août.

L’industrie aéronautique russe a épaté le public avec ses appareils militaires et a vendu une poignée d'avions civils à des sociétés étrangères. Pendant ce temps, les géants mondiaux Airbus, Boeing, Embraer et Bombardier raflaient chacun des centaines de contrats. UAC, le consortium d’Etat contrôlant les principaux constructeurs russes, ambitionne de monter à 10% de parts du marché civil global en 2030, contre moins d’1% aujourd’hui. 

MAKS

La présentation au public du réacteur PD-14 devrait justement être l’un des clous du salon MAKS, avec la version modernisée du Il-76 (appelé aussi Il-476) et le chasseur de 5ème génération T-50. Le MS-21 doit engranger 40 contrats supplémentaires lors du salon, d’après le président d’Irkut, le fabricant de l’avion. Oleg Demchenko a précisé la compagnies IrAero désire 10 appareils, tandis que les 30 autres iront à des sociétés de leasing. Russes, bien évidemment.

Mais ses deux principaux programmes, l'avion régional Superjet 100 et le futur moyen courrier MS-21, ne rencontrent pour l’instant qu’un accueil prudent auprès des compagnies aériennes – y compris russes. Lors du salon, le Superjet 100 n’a reçu que 20 commandes pour 700 millions de dollars venant de la société de leasing Iliouchine finance Co. Le MS-21 (qui n’a encore jamais volé) a lui reçu 30 commandes pour 2,5 milliards de dollars venant de VEB leasing. Il s’agit en fait dans les deux cas d’accords préliminaires qui seront traduits en contrats fermes à la fin août, lors du salon aéronautique russe MAKS qui se déroule du 27 août au 1er septembre.

« Le succès à l’international du Superjet dépend désormais largement du succès à l’exploitation de l’appareil par la compagnie mexicaine Interjet », estime Marc Sorel, directeur pour la Russie du groupe français Safran, qui fournit les moteurs du Superjet. Interjet, qui vient de recevoir son premier Superjet, est la seule compagnie non russe à avoir passé une commande significative (30 exemplaires). « Les autres compagnies attendent de voir les résultats d’exploitation d’Interjet avant de passer commande ».

C’est donc une période cruciale qui commence pour le Sujerjet alors même que la concurrence vient de lancer un sérieux défi. Le Brésilien Embraer a annoncé lors du Bourget l’arrivée d’un nouvel appareil qui sera en concurrence directe avec le Superjet. Le « E2 » entrera en exploitation en 2019.

Des tensions sont apparues entre Sukhoi et son partenaire italien Finmeccanica, qui commercialisent ensemble le Superjet sur les marchés non familiers à la Russie. Le patron de Finmeccanica Allessandro Pansa envisage une sortie du projet tandis que Sukhoi a émit des doutes sur l’efficacité du travail conjoint.

« La question qui se pose sur ces deux avions, c’est leur succès commercial. Le Superjet vole et le projet MS-21 sera mené jusqu’à son terme. Mais il n’est pas du tout certain que ces programmes soient rentabilisés », explique Boris Rybak, directeur de l’agence Infomost. 2 et 4,5 milliards de dollars ont été respectivement investits dans ces deux programmes.

Le salon a consortium d’Etat russe RosTec, fournisseur de nombreux composants pour UAC (dont les moteurs), a dévoilé son ambition de développer avec l’Autrichien Diamond Aircraft Industries une gamme d’avions transportant jusqu’à 19 passagers. UAC n’a aucun projet pour le moment dans la gamme des appareils de moins de 70 places.

Le patron d'UAC Mikhaïl Pogosyan a rappelé que la montée en cadence de la production civile se fait très rapidement. UAC bénéficie d’un solide soutient de l’Etat, qui a commandé 400 appareils pour divers ministères. Lundi 24 juin, Vedomosti a révélé qu’une commande de 100 MS-21 pour l’armée russe était en préparation, alors que l’appareil n’a encore jamais volé. Pour l’instant, le MS-21 totalise 253 commandes, dont 135 fermes. 35 appareils sont commandés avec le réacteur russe PD-14 (qui n’existe pas encore), tandis que les autres seront propulsés par le Pratt & Whitney PW1400G.

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