Poutine propose une amnistie aux entreprises

Vladimir Poutine a également fait part de son intention de modifier la constitution russe. Crédit : Alexeï Danitchev/RIA Novosti

Vladimir Poutine a également fait part de son intention de modifier la constitution russe. Crédit : Alexeï Danitchev/RIA Novosti

Dans un geste tout aussi symbolique qu’important, Vladimir Poutine a annoncé que l’amnistie tant attendue pour les entrepreneurs avait été approuvée par son bureau et serait soumise à la Douma, chambre basse du parlement russe.

« Les lois ont changé de manière significative depuis que plusieurs de ces entrepreneurs ont été condamnés. Si les lois d’aujourd’hui avaient été en vigueur à l’époque, plusieurs de ces hommes d’affaires ne seraient pas en prison », a ainsi expliqué Poutine.

Le président a indiqué que l’amnistie ne concernerait que les personnes condamnées pour la première fois, tout en estimant que cette mesure était un « défi lancé aux organes chargés d’appliquer les lois à travers le pays » afin d’améliorer leur travail et de ne pas entraver les activités économiques. Poutine a invité la Douma à valider l’amnistie avant les vacances d’été. Un mois auparavant, il avait demandé à Boris Titov, son ombudsman des affaires, de revoir la proposition, ce que beaucoup avaient interprété à l’époque comme une opposition de Poutine au projet.

L’homme fort du Kremlin a également fait part de son intention de modifier la constitution russe afin de fusionner la Cour suprême d’arbitrage et la Cour suprême en une seule institution, et ce afin d’améliorer l’efficacité législative. C’est la première fois que Poutine pousse à amender la constitution.

Le président russe a aussi annoncé des investissements de 450 milliards de roubles (10,42 milliards d’euros) pour les infrastructures du pays, avec comme priorités le périphérique de la région de Moscou, l’autoroute entre Moscou et Kazan, la modernisation des chemins de fer du Transsibérien et le développement des ports en Extrême-Orient.

Après avoir souligné que la privatisation des entreprises d’État serait menée « progressivement et exclusivement à des prix favorables », Poutine a attaqué les sociétés publiques inefficaces dont le mauvais travail donne, selon lui, une mauvaise image du pays tout entier et de son gouvernement. Poutine a promis de mettre à profit la hausse des tarifs par les monopoles naturels (une question brûlante sur le plan politique) au niveau de l’inflation à partir de 2014 et pour les cinq ans suivantes. Plus important encore, il a annoncé la libéralisation du marché de l’exportation du gaz pour permettre aux acteurs autres que Gazprom d’en bénéficier.

Les rumeurs sur cette décision imminente avaient eu un impact négatif sur les actions de Gazprom ces derniers mois, et le monopole d’État a été fortement critiqué pour son inefficacité et son manque de transparence. Dans un autre geste clair pour davantage de transparence, Poutine a indiqué que la Russie avait déjà entamé des discussions pour signer des accords bilatéraux avec des paradis fiscaux et des pays avec de faibles taux d’imposition dans le but d’échanger des données sur d’éventuels abus. « Il s’agit d’une pratique de plus en plus courante dans le monde », a ajouté le président russe.

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