Dalkia va chauffer le Grand Nord autrement

Dalkia jouera un rôle d’opérateur, prenant en charge la gestion du système et la transmission de son savoir-faire. Source : dalkia.com

Dalkia jouera un rôle d’opérateur, prenant en charge la gestion du système et la transmission de son savoir-faire. Source : dalkia.com

Le français Dalkia va participer à la restructuration du réseau urbain de chauffage d’Arkhanguelsk, au moyen d’énergies renouvelables.

Le leader européen des services énergétiques Dalkia a conclu, fin février à Paris, un accord avec son partenaire russe, la compagnie privée Mejregionsoïouzenergo (MRSEN), sur la modernisation des réseaux urbains d’Arkhanguelsk et de sa région, mettant l’accent sur les énergies renouvelables.

La MRSEN a estimé le montant des investissements relatifs au projet à 200 millions d’euros. Dalkia (filiale de Veolia Environnement) avait déjà tenté un partenariat avec le russe Kvadra, interrompu faute d’atteindre un seuil de rentabilité par le biais d’une augmentation des tarifs (gelés pour cinq ans). MRSEN estime que le retour sur investissement dans les systèmes de chauffage peut être réalisé sans hausse des tarifs eau ou chauffage pour la population.

Le partenaire français sera chargé d’élaborer un véritable plan de restructuration du réseau collectif de chauffage de la ville d’Arkhanguelsk et de sa région, étalé sur les quinze années à venir. « Ce projet à long terme permet de prendre en compte les particularités de l’évolution de la ville et de trouver les solutions les mieux adaptées en utilisant aussi bien les méthodes traditionnelles (rénovation et remplacement des capacités de génération d’électricité) que les techniques innovantes en matière de chauffage et de système de gestion », considère Jean Sacreste, responsable de Dalkia pour la Russie et les Pays baltes.

La MRSEN se chargera de trouver les financements tandis que Dalkia jouera un rôle d’opérateur, prenant en charge la gestion du système et la transmission de son savoir-faire.

En 2009, la MRSEN a lancé un partenariat public-privé Énergie de la mer Blanche portant sur la restructuration et la modernisation des systèmes communaux de la ville d’Arkhanguelsk et de sa région. Le coût du projet est estimé entre 1,7 et 2 milliards d’euros. Les responsables misent sur le passage aux énergies renouvelable comme la biomasse et la tourbe. À Arkhanguelsk, l’industrie du bois est le secteur principal et ses nombreux sous-produits sont capables de fournir de l’énergie-bois en quantité importante. Actuellement, les carburants utilisés sont le charbon et le fioul.

« Nous voulons créer une ville intelligente, en minimisant la corruption dans la sphère communale grâce à une automatisation des réseaux et une transparence accrue des processus de production et de consommation d’énergie. L’efficacité du système aura une incidence directe sur la qualité de vie des consommateurs. En introduisant les technologies nouvelles, nous espérons réduire de deux à trois fois les dépenses communales de la population », promet le PDG de Mejregionsoïouzenergo, Iouri Choulguine.

De son côté, Jean Sacreste affirme que c’est justement cette approche globale de la MRSEN qui rend particulièrement intéressante la collaboration. Selon lui, « il est nécessaire de contrôler l’ensemble du processus, de la production à la consommation. Notre expérience nous montre que la Russie offre un grand potentiel pour optimiser l’efficacité énergétique ».

Le projet est conçu pour favoriser une percée technologique dans le domaine des service communaux grâce aux technologies de pointe et au savoir-faire des partenaires étrangers.

Toutefois, les Français sont persuadés qu’on ne peut pas changer tout le système de manière radicale. « Il faut penser de manière pratique. Il faut essayer d’atteindre un maximum de sûreté et d’efficacité avec des investissements raisonnables. Je pense qu’après la mise au point du réseau de chauffage de la ville d’Arkhanguelsk, nous serons à même de proposer une formule optimale applicable dans les autres régions de Russie », assure Jean Sacreste.

La MRSEN entend faire valoir l’expérience internationale de Dalkia comme argument principal pour attirer les investisseurs. Elle poursuit parallèlement des négociations avec Gaz de France et Schneider Electric.

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