Le Persan

TITRE : Le Persan

AUTEUR : Alexander Ilichevsky

TRADUIT par Hélène Sinany

ÉDITIONS Gallimard


C’est un livre gigantesque et d’une densité inouïe que celui d’Alexander Ilichevsky ; par son volume, 600 pages, par la diversité des lieux de l’action et des intrigues qui se mêlent, par l’ampleur et la richesse des contenus qu’il brasse et par les innombrables références musicales, scientifiques, cinématographiques, philosophiques, historiques, religieuses ou littéraires dont il est émaillé.  

Le héros, Ilia Doubnov, est né en Azerbaïdjan. De son enfance au parfum de pétrole, il a gardé le goût des voyages, de la science, et le souvenir d’une de ces amitiés auxquelles on reste fidèle au-delà du temps et des détours de la vie.

Désormais citoyen américain, Ilia est un brillant géophysicien qui travaille pour un grand groupe pétrolier, tout en poursuivant une recherche personnelle : il est à la recherche de LUCA (Last Universal Common Ancestor) « l’ancêtre commun présumé de l’ensemble du vivant ».

Mais Ilia est aussi à un moment critique de sa vie amoureuse, sa femme l’a abandonné emmenant leur enfant, et ce sont ces deux « vecteurs cachés » de sa vie qui le conduisent à revenir dans l’île de son enfance. Désormais l’île Artem s’appelle Pirallahi « sanctuaire d’Allah ».

Ilia retrouve les lieux de son enfance, les sentiments et les espoirs dont elle était porteuse. Il retrouve aussi l’ami d’enfance, Hachem les longues discussions autour de la littérature, de la science et de la religion. Dans cette relation Hachem, le réfugié, frêle et pauvre est le grand frère.

« Ça m’intéressait de l’écouter, je n’avais jamais assez de folie dans ma vie, et je sentais que mon existence sur terre ne pourrait être justifiée tant bien que mal que par une altérité radicale, une qualité au-dessus du monde », dit Ilia.

C’est tout naturellement qu’il épouse la cause à laquelle Hachem a consacré sa vie : la sauvegarde de l’outarde houbara que des Arabes chassent avec des faucons pour soigner l’impuissance.

Dans leurs aventures sur ce bout de terre brûlé par le soleil, asséché par les vents et déjà attaqué par une pollution sévère ce sont les enjeux de notre époque qu’Alexander Ilichevski évoque. À travers la boulimie vitale de ses héros et leur impressionnante érudition, il délivre un message d’espoir.

Il nous balade de continent en continent comme on change de pièce, nous fait passer d’un siècle à un autre, d’une réflexion scientifique à une autre, littéraire, musicale ou cinématographique, comme on tournerait les pages d’une encyclopédie.

Il fait surfer un lecteur interdit et ravi sur les vagues de l’histoire humaine, à travers des dimensions temporelles et physiques immenses, dans une sorte de globalisation où les préoccupations mercantiles feraient la place à l’intelligence et la culture.  

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