Jour 16 : A propos des stars du sport

Crédit photo : RIA Novosti

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Un des aspects les plus intéressants de notre travail aux Jeux olympiques est le contact permanent avec des stars d'envergure mondiale.

Au bout d'un certain temps, tu commences à voir ça plutôt calmement. Un tel changement se passe en toute simplicité car il n'y a plus de force pour une réaction émotionnelle violente, quand tu es fatigué de te traîner, en regardant tes pieds tu rentres dans quelqu'un, tu lèves les yeux, et là Martin Fourcade, Shaun White ou par exemple, Marcel Hirscher.

Mais quand tu vois aussi ces gens tous les jours dans différentes situations du quotidien, tout le vernis de « star » et tous les masques d'apparat disparaissent rapidement, et il reste de simples personnes ordinaires.

Cependant, tous ne sont tout de même pas capables de dominer leurs émotions. Malgré le fait que les volontaires ont la plus stricte interdiction d'approcher les sportifs en période de compétition et a fortiori de les harceler avec des demandes d'autographes et des photos avec eux, mais sans cesse on peut entendre de quelque part des cris de bonheur « Regardez, regardez, me voilà avec Ovetchkine devant Chaïba ! ».

Ça va jusqu'aux conflits, en particulier pour les sports populaires où les sportifs de une renommée mondiale, sont assiégés par des admirateurs fanatiques, dont ceux en tenue de volontaires. Cela est assez sévèrement puni. Jusqu'à un départ anticipé à la maison.

Une connaissance de l'ensemble sportif pour le biathlon Laura m'a raconté récemment une histoire très amusante. Elle allait dans le téléphérique avec deux filles volontaires et une dame dans une tenue de sport, qui n'a pas décroché les yeux de son téléphone pendant tout le trajet et elle ne faisait pas attention à elle.

Les filles ont commencé à discuter bruyamment et avec émotion, du fait que, dit-elle, nous travaillons dans un lieu si exceptionnel, mais que nous n'avions jamais pris de photo avec aucun sportif. Et tout le problème est dans le fait qu'une d'entre elles a dit que personne ne connaissait de visu des sportifs.

A ce moment-là, ma connaissance a dû se mordre la lèvre pour ne pas éclater de rire dans toute la cabine, et la fille avec le téléphone dans les mains a fait un grand sourire. Les filles n'ont jamais su que c'était Justyna Kowalczyk, qui d'ailleurs, comprend pas mal le russe.

Les choses se passent plus tranquillement dans les sports moins populaires. Les heureux médaillés fraîchement récompensés, n'ayant pas l'habitude d'être dans le collimateur, peuvent avec plaisir faire preuve de générosité par des photos et des autographes, pour la joie de tous.

Les attachés de presse des équipes essaient de lutter contre ça, mais sont souvent bienveillants et permettent des conversations informelles avec leurs sportifs. Il est vrai qu'il se passe souvent des scènes amusantes : plusieurs fois des collègues venaient me voir, montraient les photos sur le téléphone et demandaient tout doucement : « Voilà, j'ai pris quelqu'un....mais en fait c'est qui ? ».

Et, bien sûr, on ne peut pas éviter les amours féminines. Il est difficile d'être insensible quand autour de soi il y a tant de sportifs fantastiquement beaux des quatre coins de la planète.

C'est pourquoi à la question du style « Pourquoi vous n'avez pas apporté de tablettes pour la conférence de presse ? », il n'est pas rare d'entendre comme répondre quelque chose du genre « Je l'ai suivi, et IL était là. Je contemplais et j'ai oublié ».

Heureusement, vers le milieu des Jeux la majorité d'entre nous a déjà appris à dominer ses émotions et orienter son admiration vers une aspiration à un travail bien fait, et non vers la contemplation inutile d'un objet de sympathie. 

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