La Russie se fraie de nouvelles voies dans les glaces

La mission principale du brise-glace est d'ouvrir le passage aux navires à fort tonnage sur la Route maritime du Nord. Sur la photo le brise-glace "50 ans de la Victoire". Source : service de presse

La mission principale du brise-glace est d'ouvrir le passage aux navires à fort tonnage sur la Route maritime du Nord. Sur la photo le brise-glace "50 ans de la Victoire". Source : service de presse

Actuellement, l'attention de nombreux États est tournée vers les Pôles. C'est là que bientôt les intérêts des pays en carence de nouvelles ressources énergétiques, abondantes dans la région du Pôle Nord, vont se croiser. Ainsi, les brise-glace deviendront l'instrument principal de réalisation du futur programme d'extraction et de transport d'énergies du Nord.

À en juger par l'envergure du programme de brise-glace russe, l'Arctique aura un nouveau « conquérant » à partir de 2017. En novembre 2013, suite au contrat signé entre l'entreprise fédérale Atomflot et le groupe industriel Baltiïskiï zavod, la construction du plus grand et plus puissant brise-glace du monde débutera à Saint-Petersbourg.

L'un tes atouts du nouveau brise-glace sera sa polyvalence. Malgé ses dimensions gigantesques - plus de 170 mètres de longueur et 34 mètres de largeur -, le bateau peut ouvrir le passage aux navires sur les embouchures des rivières de Sibérie, comme sur les voies de la Route maritime du Nord. Dans son interview à la chaîne radio Golos Rossii, le Directeur Général adjoint d'Atomflot, Konstantine Kniazevskiï, a indiqué que ces capacités seront dues à une nouvelle conception : « Actuellement, nous exploitons deux brise-glace à bas tirant d'eau, nous les appelons les « bas assis ». Il s'agît du « Taïmyr » et du « Vaïgatch ». Des brise-glace à deux réacteurs de classe Arktika sont utilisés sur les trajets de la Route maritime du Nord en haute mer. Ils ont un tirant d'eau de 11 mètres. La polyvalence du nouveau navire consiste en sa capacité à travailler dans les zones de grande comme de petite profondeur.  Il sera capable de changer considérablement son tirant d'eau grâce au ballast liquide ».

Le brise-glace recevra la nouvelle chaufferie nucléaire embarquée RITM-200, hautement sécurisée, selon le spécialiste en énergie nucléaire Igor Ostretsov. « La Russie détient le monopole dans le domaine des chaufferies nucléaires embarquées.Ces chaufferies sont améliorées, on y apporte de nouvelles technologies, et sans aucun doute le groupe nucléaire de ce brise-glace aura un niveau de sécurité plus élevé que ceux utilisés jusqu'à présent. »

La mission principale du brise-glace est d'ouvrir le passage aux navires à fort tonnage sur la Route maritime du Nord. De plus, le navire participera aux opérations de sauvetage dans le bassin arctique et assurera le fonctionnement des sites d'extraction de pétrole. Mais il existe encore un enjeu important, selon le professeur Ostretsov : « Actuellement, les recherches se concentrent avant tout sur le plateau continental de l'Océan arctique. L'un de nos objectifs prioritaires est de démontrer la suprématie de la Russie dans la région de l'océan Arctique. C'est un objectif à la fois scientifique et pratique ».

Cependant, la Russie prévoit une participation étrangère dans son programme de brise-glace. Ainsi, l'Agence Fédérale du transport maritime et fluvial et la société finlandaise Arctech Helsinki Shipyard ont signé, fin décembre dernier, un contrat en vue de la construction d'un brise-glace 21900М.

Les Finlandais se chargent de la fabrication d'une partie de la coque, de l'installation et de l'ajustage des équipements, de la mise à l'eau du navire, des essais et de la remise du navire au  maître d'ouvrage.

« Cette commande représente, sans aucun doute, un grand pas dans la collaboration entre le chantier naval de Vyborg et Arctech Helsinki Shipyard. De plus, la création d'un tel navire permet aux deux entreprises  de se positionner de nouveau en tant que chantiers navals capables de construire des navires à la pointe de la technologie et de la performance », a souligné Alexandre Soloviev, Directeur Général du Chantier naval de Vyborg.

« Cette commande est très importante pour Arctech Helsinki. Elle offre au chantier naval un planning de travail bien rempli pour les deux ans à venir », a affirmé de son côté Esko Mustamäki, Directeur de Arctech Helsinki Shipyard.

Le futur brise-glace sera capable de couper la glace jusqu'à 1,5 mètres d'épaisseur. Sa mission principale est d'ouvrir le passage aux navires à fort tonnage, de faire du remorquage, d'éteindre les incendies sur des sites flottants et d'autres installations, d'aider les navires en détresse, de transporter des charges utiles. La construction du brise-glace est déjà lancée : la formation de la coque a commencé fin 2012.

Il s'agit déjà du troisième navire du chantier naval de Vyborg, la construction des deux premiers ayant débuté le 17 octobre et le 12 décembre 2012. Les navires doivent être livrés en mai et octobre 2015.

Chantier naval de Vyborg

La société anonyme Vyborgskiï soudostroitelnyï zavod (Chantier naval de Vyborg) est l'un des chantiers navals les plus importants du Nord-Ouest de la Russie. Fondé en 1948, il fournit des prestations de génie maritime, ainsi que dans le domaine des plate-formes de forage pour le plateau continental maritime. Depuis 2012, le chantier naval de Vyborg fait partie du Groupe de construction navale russe (OSK).

Arctech Helsinki Shipyard

L'entreprise Arctech Helsinki Shipyard est spécialisée en construction de navires résistants à la glace, tels que les brise-glace et les navires spéciaux. La société Arctech est une joint-venture de STX Finland Oy et de OSK. L'accord de création de la joint-venture a été signé en décembre 2010.

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