Le Hobbit d’Union soviétique

Bilbo Baggins interprété par Mikhaïl Danilov. Source : service de presse

Bilbo Baggins interprété par Mikhaïl Danilov. Source : service de presse

La première adaptation visuelle du livre du professeur Tolkien est née dans les studios de Saint-Pétersbourg, et ce sans le budget d’un million. La Russie d’Aujourd’hui inspecte de plus près le premier voyage cinématographique de Bilbon Sacquet.

Quand fin 2003, le troisième volet de la série Le Seigneur des anneaux, adaptation du livre de J.R.R. Tolkien, est sorti sur les écrans, égalant voire dépassant les résultats des deux précédents au box-office, cela ne semblait être qu’une question de temps avant que la même équipe ne sorte la préquelle de la série dans les salles. L’anté-épisode, qui explique comment l’anneau du pouvoir est tombé dans les mains de Bilbon, l’oncle de Frodon, a été écrit par le professeur Tolkien dès 1937. 75 ans plus tard, on devait en arriver là : le Hobbit est raconté en trois films, pour un budget total de 500 millions de dollars et d’ici un an et demi, les spectateurs du monde entier pourront de nouveau s’envoler vers la Terre du Milieu.

Est-ce la première fois que cette histoire est tournée au cinéma ? Non, les studios américains Rankin/Bass avaient déjà tourné un film d’animation de 77 minutes en 1977, pour le programme pour enfants de NBC. Mais la version cinématographique hollywoodienne à succès que nous connaissons, de Peter Jackson, n’est en aucun cas la première version tournée avec de « véritables acteurs ».

Tournage pour la télévision de Saint-Pétersbourg

Ce dont une génération de téléspectateurs de la région de Saint-Pétersbourg se rappelle peut-être encore est inconnu du reste de l’Europe: dès 1985, le réalisateur Vladimir Latychev avait adapté le livre de Tolkien pour le petit écran de Saint-Pétersbourg sous le titre Le fabuleux voyage de monsieur Bilbon Sacquet, le Hobbit. Bien évidemment, à cette époque, l’équipe n’avait ni le budget ni l’équipement de l’équipe néo-zélandaise. Il fallait alors faire un effort d’imagination pour se représenter les images épiques du livre. La question des droits était restée complètement ouverte également. Le comédien Zinovi Gerdt nous conduisait à travers « son » histoire, sans jamais se présenter comme « Tolkien ». Les images du vieux professeur dans son fauteuil à bascule permettaient de grands bonds dans l’histoire sans risque de perdre le spectateur. Il manque également la section avec les Elfes et les Trolls. Ni le chef des Elfes Elrond ni le métamorphe n’apparaissent non plus.

Les Hobbits tout comme les nains ont été interprétés par des adultes et ils ont dû être guidés devant des caméras relativement statiques, puisque l’arrière-plan peint ou composé par vidéo ne permettait que des perspectives limitées. Le dragon Smaug et les araignées étaient des poupées. Gollum et les Orques étaient joués par des adultes un peu maquillés et sans prothèses. Cependant, les dialogues restent très proches du texte du livre. La musique joue également un rôle aussi important que dans le livre. Les nains chantent à plusieurs voix et quand les orques attrapent les nains sur la berge, ils effectuent une chorégraphie professionnelle.

Il serait faux de penser que cette aventure d’environ 75 minutes pourrait charmer les spectateurs d’aujourd’hui de la même façon que le film de Peter Jackson. Mais c’est en partie grâce à lui que derrière le rideau de fer ont grandi des fans des mondes fantastiques du professeur Tolkien.

Bande-annonce : Le Hobbit (Le fabuleux voyage de mister Bilbo Beggins, le Hobbit)

URSS 1985, 74 minutes

Avec Zinovi Gerdt dans le rôle du professeur, Mikhaïl Danilov dans le rôle de Bilbo, Anatoli Ravikovitch dans le rôle de Thorin Ecu-de-chêne et Igor Dimitriev dans le rôle de Gollum.

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