Les hélicoptères russes bientôt équipés de gyroscopes français

Les systèmes de navigation russes actuels utilisent des gyroscopes mécaniques, qui seront désormais remplacés par des gyrolasers. Crédit : RIA Novosti

Les systèmes de navigation russes actuels utilisent des gyroscopes mécaniques, qui seront désormais remplacés par des gyrolasers. Crédit : RIA Novosti

Les hélicoptères de combat russes seront bientôt équipés de centrales de navigation inertielle utilisant des gyroscopes produits par la société française SAGEM (filiale du groupe Safran). Ainsi, Moscou renforce sa coopération avec Paris dans le domaine de l’aviation, après avoir récemment importé cinq hélicoptères polyvalents de type Écureuil et Fennec.

Une source au sein du commandement de la Marine russe a indiqué à Izvestia que les nouvelles centrales seraient d’abord installées sur les hélicoptères de l’aviation navale.

« Les « cerveaux » français feront leur apparition l’année suivante. Mais gardez à l’esprit que les gyrolasers ne sont que la base de ce système, tandis que l’appareil qui traite les informations et définit le cap, a été développé en Russie », a précisé l’intéressé.

Tous les navires et aéronefs, ainsi que les systèmes d’artillerie terrestre, sont munis de gyroscopes. Ces dispositifs sont notamment employés pour déterminer la position d’aéronefs par rapport au sol. Les systèmes de navigation russes actuels utilisent des gyroscopes mécaniques, qui seront désormais remplacés par des gyrolasers.

Les gyrolasers sont beaucoup plus précis que les gyroscopes mécaniques. Grâce aux données du gyroscope, l’appareil informatique de la centrale de navigation détermine le déroutement. Ensuite, le pilote fixe le cap.

En novembre, le groupe russo-français RS-Alliance, engagé dans la production de nouvelles centrales de navigation, a publié un communiqué de presse officiel. Selon le document, il s’agit de « la première centrale de navigation laser de Russie, conçue pour des aéronefs neufs et modernisés, y compris les chasseurs de la cinquième génération, ainsi que le nouvel hélicoptère russe Ka-52. »

La centrale munie de gyrolasers numérique de pointe, assure un appontage d’aéronefs durant le combat, « les systèmes de navigation par satellite étant supprimés par l’ennemi ». RS Alliance envisage de produire au moins 100 centrales de ce type par an.

L’interlocuteur d’Izvestia de la Marine a dévoilé la raison pour laquelle les gyrolasers étaient en demande chez l’aviation navale. Selon lui, les hélicoptères et les avions embarqués utilisent actuellement des balises pour effectuer l’appontage, tandis que durant le contact direct avec le pont tout dépend de la vision du pilote. Par conséquent, les pilotes dépendent trop des conditions météorologiques.

« Par exemple, le chasseur Su-33 atterrit à grande vitesse, et le vent l’empêche de se poser moins que les hélicoptères Ka-27 et Ka-29. Mais aucun aéronef ne dispose actuellement de systèmes de navigation inertielle », a ajouté l’officier du commandement naval.

Son collège au sein de l’aviation navale estime pour sa part que la navigation par satellite n’est pas fiable, car les satellites peuvent être détruits, coupés à l’aide des moyens de guerre électronique ou tomber en panne.

« On peut utiliser de nombreux repères visuels pour s’orienter. Nos pilotes sont assez qualifiés pour apponter sans guidage des systèmes GLONASS (analogue russe de GPS, ndlr), mais utiliser une boussole pour s’orienter, ce n’est pas du chic au XXIe siècle », a déclaré l’aviateur dans une interview accordée à Izvestia.

Les experts se disent donc persuadés que les gyrolasers sont utiles, mais ont certains doutes quant au pays producteur. La source de la Marine a dévoilé que la Russie possédait ses propres technologies dans ce domaine.

Vladimir Chtcherbakov, spécialiste dans le domaine de l’aéronautique de la revue Vzliot, précise que le potentiel de l’industrie russe a considérablement diminué depuis les années 1990, lorsque les sociétés russes travaillaient sur le développement de gyroscopes optiques.

« Les forces aériennes russes n’ont commencé à commander de tels systèmes que récemment, mais il s’agit de petites commandes. Si les appareils français sont meilleurs que les nôtres et sont fabriqués en grande quantité, il n’y a rien de mal à ce que nous nous en servions. Il vaut mieux acquérir l’expérience pour améliorer nos technologies dans l’avenir », a indiqué M.Chtcherbakov.

Le groupe RS Alliance a été formé de deux filiales du russe Rostekhnologuii, et de la société française SAGEM en 2011. Son capital se chiffre à 3,5 millions d’euros.

Paru sur le site d'Izvestia le 13 décembre 2012.

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