Étudiants africains pris dans les filets russes

Les zones de pêche de l’Afrique occidentale sont principalement riche en sardines, chinchards, sardinelles et maquereaux. Crédit : Reuters/Vostock-Photo

Les zones de pêche de l’Afrique occidentale sont principalement riche en sardines, chinchards, sardinelles et maquereaux. Crédit : Reuters/Vostock-Photo

L’agence russe de la pêche (Rosrybolovstvo) a présenté au gouvernement le rapport « sur les mesures visant à assurer la présence de la flotte russe de pêche dans les zones des États étrangers ». Le document a été présenté durant une conférence gouvernementale consacrée aux questions de l’agriculture et de la pêche.

Selon le rapport, la capacité de pêche russe dans les zones économiques exclusives, qui s'étend sur 200 milles marins (environ 370 km) des côtes nationales, a baissé. La pêche dans les eaux côtières a une forte rentabilité et productivité, mais la concurrence dans ce domaine ne cesse d’augmenter, particulièrement en Afrique de l’Ouest. Les navires de pêche russes y sont présents depuis les années 1970. Au cours des années 1980, l’URSS pêchait au large de la côte de l’Afrique de l’Ouest de 1 à 1,5 millions de tonnes de poissons. Elle était particulièrement active au Maroc, en Mauritanie, en Angola et en Guinée-Bissau.

Mais au début du XXIème siècle, la zone a été envahie par les navires européens et chinois, et la capacité de pêche russe a considérablement chuté. En 2011, la Russie y a pêché 211 000 tonnes de poissons, et de janvier à septembre 2012, seulement 148 000 tonnes.

« En ce moment, c’est la flotte de chalutiers de Mourmansk et des navires de Kalinigrad qui y exercent la pêche. Mais les États africains durcissent sans cesse les conditions de délivrance des quotas, en augmentant les prix et en réduisant les territoires de la pêche autorisée », a déclaré Vladimir Grigoriev, président de l’Union russe des entreprises de pêche du nord.

Les zones de pêche de l’Afrique occidentale sont principalement riche en sardines, chinchards, sardinelles et maquereaux. La flotte russe de pêche est présente dans les zones côtières du Maroc, de la Mauritanie, du Sénégal et de la Namibie. « Cette année, la Mauritanie a poussé la zone de pêche autorisée jusqu’à 20 milles de la côte. Nous ne pouvons pas y exercer la pêche, car il n’y a pas de poissons. De plus, les prix des quotas ont considérablement augmenté. Quant au Maroc, l’accord avec ce pays a expiré en juin dernier. Nous n’avons pas encore signé de nouveau contrat. Ils nous promettent chaque jour de signer un mémorandum intérimaire dont le texte a déjà été approuvé », a annoncé le directeur de la Flotte de chalutiers de Mourmansk Valeri Tsoukanov.

Selon le porte-parole du Rosrybolovstvo Alexandre Saveliev, la coopération avec l’Afrique occidentale est importante surtout sur le plan stratégique, pour ne pas perdre les régions historiques de pêche. Il ne s’agit pas du poisson, mais plutôt de la présence du drapeau russe dans cette zone. Les pêcheurs, quant à eux, y ont des intérêts plus personnels. D’après l’Association russe des entreprises de pêche, qui exercent ses activités au large de la côte occidentale de l’Afrique, il serait idéal de redoubler le quota russe de pêche, c’est-à-dire de l’augmenter jusqu’à près de 400 000 tonnes. Actuellement, les sociétés russes vendent une tonne de poissons pour un prix moyen de 615 euros. Il s’agit alors de 123 millions d’euros supplémentaires.

Le Rosrybolovstvo propose de conserver et de renforcer la présence de la flotte russe dans cette région en aidant les pays africains à résoudre leurs problèmes. L’agence a notamment proposé au gouvernement de fournir en Afrique des camions russes et des machines de bureau, de construire pour le Sénégal et la Guinée-Bissau trois vedettes de patrouille, et d’accepter plus d’étudiants venant de l’Afrique occidentale dans les universités russes. Tout cela, au détriment du budget russe.

Aujourd’hui, le quota annuel des universités russes pour les étudiants étrangers faisant leurs études gratuitement se chiffre à 60 personnes, y compris des étudiants des cycles supérieurs de diverses universités de pêche industrielle de Vladivostok, de Mourmansk et de Kaliningrad. Le Rosrybolovstvo a proposé d’augmenter ce quota de 15 personnes.

Paru sur le site d'Izvestia le 30 novembre 2012.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.