L’avenir avec Tiffany

Tiffany avait déjà réalisé quelques opérations ponctuelles pour l’achat de diamants russes, mais n’a jamais conclu de contrat à long terme. Source : service de presse

Tiffany avait déjà réalisé quelques opérations ponctuelles pour l’achat de diamants russes, mais n’a jamais conclu de contrat à long terme. Source : service de presse

Un des plus grands joaillers internationaux est devenu un client régulier d’Alrosa. Le monopole russe vient de conclure un contrat sur trois ans avec l’américain Tiffany&Co, qui dans un premier temps pourra acheter des diamants en Russie pour au moins 60 millions de dollars (46 millions d'euros) par an. L’apparition d’acteurs internationaux dans la liste de clients d’Alrosa pourrait entraîner une redistribution de matières premières de qualité, compensant ainsi la baisse des ventes sur le marché intérieur.

Les sociétés Alrosa et la filiale belge de Tiffany & Co Laurelton Diamonds Inc ont signé un accord commercial de trois ans, selon le communiqué de presse publié sur le site alrosa.ru. « Alrosa cherche de nouveaux clients parmi les producteurs mondiaux de joaillerie qui souhaitent acheter des diamants, et ce même en ces temps difficiles pour le marché. Pour sa part, Alrosa est prêt à fournir ses matières premières de qualité à de tels clients, au fur et à mesure que ses contrats actuels s'achèvent », a expliqué une source proche des négociations, précisant que Tiffany compte dans un premier temps acheter en Russie des diamants pour environ 60 millions de dollars.

Pour rappel, environ la moitié des contrats sur trois ans qu'Alrosa a signés avec ses actuels clients internationaux s'achèvent en 2013. Selon le site du géant russe, Alrosa possède des contrats de ce type avec 24 joailliers, mais ses représentants affirment qu’ils sont actuellement en discussion avec déjà 35 entreprises spécialisées dans le secteur. 

Le dernier contrat à long terme a été signé deux semaines auparavant avec Chow Tai Fook Jewellery Group Ltd, grand producteur de bijoux chinois, pour un montant estimé à 100 millions de dollars (76 millions d’euros) par an. 

La possibilité d’un accord à long terme avec Tiffany a été évoquée pour la première fois en 2007, suite à des déclarations publiques de l’ex-président du groupe russe Sergueï Vybornov. Depuis, Tiffany a réalisé quelques opérations ponctuelles pour l’achat de diamants russes, mais n’a jamais conclu de contrat à long terme, comme l’indique une source proche d’Alrosa. 

« Tiffany a toujours été intéressée par l’acquisition de produits de haute qualité, les meilleurs de leur catégorie. Jusque récemment, ces matières premières étaient presqu’entièrement destinées au marché intérieur. Mais les clients russes d’Alrosa les revendaient ensuite à l’étranger. Les clients de Tiffany n’avaient donc aucune raison d’acheter directement les diamants à Alrosa. Désormais, la distinction entre les marchés intérieur et extérieur a quasiment disparue », cette même source. Ces changements dans la politique des ventes d’Alrosa ont été introduits en 2009. Désormais, jusqu’à 70% des matières premières sont vendues via des contrats à long terme à des clients réguliers, qui ne sont plus divisés entre partenaires russes ou étrangers. En 2012, le Service fédéralanti-monopolede Russie a d’ailleurs approuvé les pratiques commerciales d’Alrosa. 

Sergueï Goriaïnov, expert de l’agence spécialisée dans le secteur Rough & Polished, indique que selon des rumeurs, la somme du contrat avec Tiffany devrait atteindre 60 millions de dollars par an durant la première étape de la collaboration avec Alrosa. « Apparemment, des changements significatifs devraient bientôt intervenir dans la base de clients d’Alrosa. En effet, l’environnement de l’entreprise devenant très concurrentiel, elle souhaite désormais attirer de grandes marques internationales et diversifier ces ventes partout dans le monde. Jusqu’en 2009, les clients d’Alrosa étaient presque inconnus (à l’exception de Kristall et Lev Levaev, basés à Smolensk) car sa politique en matière de ventes de diamants bruts n’était absolument pas transparente. Aujourd’hui, la situation est en train de changer », souligne Goriaïnov. « À l’avenir, Alrosa devra modifier sa stratégie en matière de gammes de produits afin de s’adapter à ses nouveaux acheteurs », conclut l’expert. 

Paru sur le site de Kommersant le 28 novembre 2012.

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