Briser la dynamique de crise

Poutine devrait effectuer quatre visites à l'étranger d'ici fin 2012. Crédit : Photoshot/Vostock-Photo

Poutine devrait effectuer quatre visites à l'étranger d'ici fin 2012. Crédit : Photoshot/Vostock-Photo

Les experts considèrent que la Russie peut contribuer à réguler les processus mondiaux, à condition toutefois d'éviter l’écueil d’une trop forte politisation des débats.

Le 1er décembre a débuté la présidence russe du G20, plateforme de dialogue entre les grandes puissances économiques et les pays en développement. À cette occasion, le président Poutine a prononcé un discours où il énonce les priorités de la Russie à ce poste. Quelques unes sont déjà connues : stimuler les investissements, relancer le marché du travail et optimiser le fonctionnement du FMI.

Le sommet du G20 se tiendra à Saint-Pétersbourg les 5 et 6 septembre 2013, a confirmé le chef de l’administration présidentielle Sergueï Ivanov le 26 novembre à la réunion du comité d’organisation. Selon lui, durant sa présidence, la Russie s’efforcera de proposer « des solutions concrètes visant à assainir l’économie mondiale ».

La régularisation des secteurs financiers et l’amélioration du travail du FMI seront également à l’ordre du jour. Comme lors du sommet précédent, la Russie « propose d’emblée de réunir les chefs d’États membres du BRICS » et d’organiser des tables rondes avec des organismes internationaux et spécialisés, ainsi qu’avec des pays ne faisant pas partie du G20, a ajouté Ivanov.

« Ce sommet devrait aboutir à un document concret et effectif dans lequel seront définis les étapes successives que chaque pays devra entreprendre de manière collective mais aussi au niveau national pour assurer un développement équilibré et stable de l’économie mondiale », a précisé Ivanov.

En chiffres :

124 millions d'euros. C'est le budget assigné pour l'organisation du sommet. Une somme plus modeste que celle dépensée pour le sommet de l'APEC.

« La présidence du G20 confère un statut particulier capable d’accroître l’influence de la Russie sur la scène internationale et de mettre en avant nos initiatives, a déclaré au journal Kommersant le directeur général du Conseil russe pour les affaires internationales Andreï Kortounov. Tout comme dans le cas de la présidence russe à l’APEC. D’autant que le G20 s’avère aujourd’hui le principal instrument de régularisation de l’économie internationale ».

D’ailleurs, selon un expert, cette présidence ne représente pas uniquement une chance pour Moscou mais également un défi. « De notre capacité à agir avec précision et efficacité, à déterminer le contenu du programme et de notre professionalisme organisationnel, dépendra la possibilité de faire valoir nos propositions », a-t-il expliqué.

D’après le vice-président du centre de recherche politique PIR Dmitri Polikanov, la Russie pourra contribuer à la régularisation des processus mondiaux si elle se concentre sur les questions économiques et financières en « évitant toute politisation du G20 ».

« Aujourd’hui, le champ d’action du G20 est plus large que celui du G8 ou de nombreux autres organismes internationaux, est persuadé l’expert. La Russie devrait profiter de cette présidence pour soulever de nouveau la question de la création d’une devise de réserve, d’autant que les pays du BRICS ont l’intention de créer une alternative au FMI ».

Une première réunion des ministres des Finances et des représentants des Banques centrales des pays du G20 est prévue à Moscou les 15 et 16 février 2013.

Par ailleurs, Moscou prévoit d’autres événements de politique étrangère pour décembre. Le journal Kommersant a annoncé, d’après une source proche de l’administration présidentielle, qu’avant la fin 2012, Poutine compte effectuer quatre visites à l’étranger.

Le 5 décembre, il a prévu d'assister au Conseil des chefs d’États de la CEI à Achkhabad au Turkménistan, le 21 au sommet Russie-UE à Bruxelles et le 24 à une réunion au sommet entre la Russie et l’Inde à Dehli. Selon la source, Vladimir Poutine a « la ferme intention d’être présent à toutes les rencontres ».

Le dernier voyage à l’étranger du président russe date du 5 octobre. Il s’était rendu au Tadjikistan, après quoi toutes ses visites à l’étranger ont été annulées ou déplacées, comme les visites prévues au Pakistan, en Turquie et au Cambodge.

Site, consacré à l’activité de la Russie pendant sa présidence du G20  : www.g20russia.ru

Ils l'ont dit

Guennadi Gatilov, vice-ministre des affaires étrangères :


« La présidence du G20 et du G8 sera axée en priorité sur la résolution des problèmes de sécurité alimentaire. Nous allons partager notre expertise avec les agronomes des pays en développement. Nous souhaitons également renforcer le Système d'Information du Marché Agricole ».

Xenia Youdaïeva, directrice du conseil des experts auprès du Président Russe :

« Le G20 a été formé en période de crise aiguë et l'objectif principal est d'empêcher sa répétition. Le second objectif est d'aider les pays à stopper le ralentissement de la croissance ».  

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