Ekaterinbourg :
rendez-vous avec l'histoire

De nombreux gratte-ciels ont bouleversé l'horizon de la ville ces 10 dernières années. Crédit photo : Lori / Legion media

De nombreux gratte-ciels ont bouleversé l'horizon de la ville ces 10 dernières années. Crédit photo : Lori / Legion media

Grande ville industrielle nommée Sverdlovsk à l'époque soviétique, Ekaterinbourg est connue pour avoir été la destination ultime de la famille du tsar Nicolas II, exécutée là en 1918.

Ekaterinbourg ressemble à un mélange des deux principales villes de Russie : l’énergie et l’activité débordantes de Moscou se mêlent à l’architecture prérévolutionnaire de Saint-Pétersbourg.

De ce côté de l’Oural, les autorités municipales semblent avoir fait des efforts pour préserver les constructions en bois, blotties entre les gratte-ciels et les maisons de deux étages, donnant à la ville un air très particulier, différent de ce que l’on rencontre habituellement en Russie. En somme, Ekaterinbourg est un endroit plutôt agréable. 

C’est une ville pour les promeneurs : on peut gambader le long du canal et admirer quelques œuvres d’art intéressantes, dont un clavier géant, en pierre (peut-être un hommage à la place grandissante d’Ekaterinbourg dans le monde des affaires), avant de déboucher sur le coin Beatles. Difficile à dire pourquoi Ekaterinbourg abrite un lieu dédié au groupe britannique, mais l’endroit vaut le détour, avec son grand graffiti et ses messages écris à même le mur. 

Le guide Lonely Planet regrette le manque de logements bon marché à Ekaterinbourg, mais nous avons dégoté une auberge de jeunesse près du centre-ville. « Meeting Point » propose huit lits entassés dans un petit appartement et une hôtesse accueillante qui vous indiquera tout ce qu’il y a à voir et à faire dans la ville. 

Ekaterinbourg offre un grand nombre de restaurants et de boutiques qui, en arrivant de Moscou, apparaissent comme très bon marché. Un repas entrée, pizza, dessert revient à 8,70 euros. Les gens sont accueillants et chaleureux, toujours généreux en conseils et bons plans. Dans un bar un peu vide, le serveur nous a conseillé d’aller chez un concurrent, deux rues plus loin. Le « New Bar », tout récent, comme son nom l’indique, propose une carte de cocktails longue et délicieuse. 

La plupart des visiteurs ne viennent pas ici pour savourer la gastronomie locale ou les lieux insolites, mais font une halte sur le Transsibérien pour se rendre à l’endroit où a été exécutée la famille impériale. 

La maison Ipatiev, théâtre des évènements, a été rasée en 1977, sur l’ordre de Boris Eltsine, qui était alors un dirigeant du parti à Sverdlovsk, pour empêcher qu’elle ne devienne un lieu de pèlerinage. À l’instar de l’église qui s’élève aujourd’hui à l’endroit du souterrain où les Romanov ont rencontré la mort, imposante et grouillante de pèlerins. La grande église orthodoxe ne se distingue en rien, sauf que l’on dit qu’elle abrite les icônes les plus chères de Russie. On peine à s’imaginer à quoi ressemblait l’endroit, en cette nuit de 1918, car il ne reste rien de l’ancienne maison.

Pour les amateurs d’histoire russe, Ganina Yama est également intéressante, à l’orée d’Ekaterinbourg. Comme la maison Ipatiev, ce site, où les dépouilles de la famille impériale et des serviteurs ont été enterrées, est devenu un lieu de pèlerinage assidu. Surtout après la canonisation des Romanov martyrs par l’Église orthodoxe russe, en 2000. Le bus 17 part de la gare vers le monastère. Un bus spécial fait la visite en moins de trois heures pour 12 euros.

Les églises de Ganina Yama sont construites dans le style ancien des campagnes russes, avec des rondins de bois, et coiffées de bulbe d’or. Le décor est totalement féérique. Le monastère est en activité, les femmes sont sommées de se couvrir la tête et de porter la jupe longue. Les visites guidées sont dispensées en russe. 

Chose intéressante, la principale fosse dans laquelle la famille a été jetée et recouverte d’acide est dépourvue de tout monument, hormis une croix en bois. C’est un simple creux dans le sol, recouvert d’herbe et marqué d’un pot de fleur. L’importance du lieu est difficile à saisir car les églises scintillantes détournent l’attention de ce qui est considéré par beaucoup comme le lieu le plus important de toute l’histoire russe.

Pour s’y rendre

Le vol Bruxelles Ekateribourg coûte 450 euros via Moscou. Plusieurs trains quotidiens en partance de Moscou pour un trajet de 26h minimum.

Où se loger


Onegin Hôtel propose des chambres avec vue sur la ville pour 150 euros par jour. Les chaînes Novotel, Hyatt et Park Inn sont aussi présentes.

Où se restaurer


Le café-musée Demidov, propose des pelmeni traditionnels de l'Oural. La chancellière allemande Angela Merkel y a dîné avec son homologue Dmitri Medvedev.

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