Madonna reconnue non coupable de « propagande homosexuelle »

Madonna lors de son concert à Saint-Pétersbourg le 9 août. Crédit : Itar-Tass

Madonna lors de son concert à Saint-Pétersbourg le 9 août. Crédit : Itar-Tass

Le tribunal de Saint-Pétersbourg a ordonné à l’accusation de payer les frais juridiques des organisateurs du concert, et la chanteuse ne s’est pas présentée au tribunal.

Le tribunal de district de Saint-Pétersbourg a rejeté jeudi les demandes des militants envers la chanteuse Madonna, pour un total de 333 millions de roubles (8,3 millions d'euros), raison de son plaidoyer en faveur des personnes homosexuelles. En outre, le tribunal a ordonné à l’accusation de rembourser les frais juridiques des accusés, les organisateurs du concert de la chanteuse.

À la mi-août de cette année, des militants ont déposé au tribunal neuf plaintes pour dommages moraux contre la chanteuse et les organisateurs de son concert dans la capitale du Nord, se considérant insultés par son appui aux minorités sexuelles de Saint-Pétersbourg. Chaque plainte réclame 37 millions de roubles aux accusés. Même avant le concert, la chanteuse, sur sa page Facebook, a qualifié d’absurde la loi adoptée à Saint-Pétersbourg, interdisant la propagande de l’homosexualité et de la pédophilie. Et au concert, elle a exhorté l’auditoire à soutenir le mouvement LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres – NDLT) en lui distribuant des bracelets roses.

Outre la chanteuse, sont également accusés le Complexe sportif et de concert de Saint-Pétersbourg  et l’entreprise « Planète Plus », la plateforme d’administration, avec laquelle a été organisée la performance estivale de Madonna, et différents organisateurs indépendants du concert.

Madonna et ses représentants légaux ont ignoré le tribunal de la région de Saint-Pétersbourg, bien que la chanteuse ait reçu une citation à comparaître à son adresse de New-York. Les accusés ayant assisté à la réunion ont déclaré que « Planète Plus », une entité commerciale qui a conclu une entente avec les promoteurs de Madonna, s’est engagé à organiser un concert techniquement et sans s’occuper des caractéristiques du spectacle, y compris idéologique, a communiqué l’agence RAPSI.

Les accusateurs étaient en désaccord avec la position des organisateurs russes du concert. Selon eux, l’administration du Complexe sportif et de concert de Saint-Pétersbourg, en vertu du droit actuel, doit être tenu entièrement responsable du contrôle des accès, ainsi que de tout ce qui se déroule sur le territoire du complexe.

 Au procès, le représentant légal des plaignants, Alexandre Nadochvine, a expliqué que Madonna fait la propagande de valeurs étrangères aux Russes.

« Il s’agit de saper les valeurs morales et familiales, de violation de l’ordre social, a dit Nadochvine. Un grand nombre d’enfants ont assisté au concert de la chanteuse Madonna avec la promotion des valeurs homosexuels, en partie au concert, en partie sur internet ».


« La propagande homosexuelle mènera à la baisse de la natalité, au final les retraités en souffriront et une crise éclatera dans le pays, y compris militaro-politique », selon ses mots rapportés par le site Gazeta.ru.

Les accusés ont insisté sur le fait qu'ils n'étaient pas en mesure d'influencer le programme du concert, ils ont averti le public que le spectacle était pour les adultes. Cela ne relève ainsi pas de la loi sur la protection des enfants et la propagande conte l'homosexualité, de plus les bracelets roses ont été portés par les spectateurs volontairement.

L'audience a duré plus de cinq heures, et finalement le juge Barkovski a déclaré que la plainte était rejetée et l'accusation condamnée à payer les dépenses juridiques des accusés : un total de 60.022 roubles et 60 kopecks aux trois entreprises accusées.

L'accusation va faire appel de la décision auprès de la Cour municipale.

 « La décision de la Cour ne nous satisfait pas, bien entendu. Nous allons faire appel de la décision du tribunal devant la Cour de la ville de Saint-Pétersbourg, car nous soutenons que la loi a été violée, notamment par la propagande homosexuelle auprès d’enfants qui ont participé au concert de Louise Ciccone (Madonna – NDLT) », a déclaré Daria Dedova, l’attaché de presse de l’un des accusateurs du « Syndicat des citoyens de Russie » à la radio Kommersant FM.

« Le fait est, et ce n'est un secret pour personne, qu’en ce moment, la plus importante institution qu’est la famille est attaquée, elle est en crise. Le facteur le plus important est sans doute que les valeurs de cette propagande sont contraires à notre mentalité, c'est la propagation du vice, et la diffusion d'informations sur les déviances sexuelles, en particulier la sodomie, le lesbianisme », dit-elle.

 Les accusés, au contraire, sont entièrement satisfaits de la décision.

« Le travail de la Cour peut être considéré comme très professionnel, a déclaré au site Gazeta.ru l’avocat de « Planète Plus »,  Artem Dikarev. Nous sommes heureux de la décision et nous n’avons pas l’intention de nous plaindre, elle est en accord avec la loi ».

Sources : gazeta.ru, rapsinews.ru, kommersant.ru. 

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