Les banques ont foi dans le rouble

La Banque centrale de Russie s’attend au ralentissement des fuites des capitaux. Crédit : Lori/LegionMedia

La Banque centrale de Russie s’attend au ralentissement des fuites des capitaux. Crédit : Lori/LegionMedia

Les analystes de Goldman Sachs et JPMorgan s’attendent à une appréciation de la monnaie russe. Selon les experts, le rouble sera soutenu par le prix élevé du pétrole, l’assouplissement de la politique monétaire en Europe et aux États-Unis et l’arrêt des fuites des capitaux.

Les analystes de Goldman Sachs prédisent une appréciation du rouble russe. Les experts ont revu à la hausse leurs prévisions, estimant le panier euro-dollar à 34,5 roubles d’ici trois mois, à 33,5 roubles d’ici six mois et à 34 roubles d’ici un an contre 35, 34,5 et 34 roubles auparavant. Les nouvelles estimations de Goldman Sachs correspondent aux taux de change de 31, 29,2 et 28,8 roubles pour un dollar. 

D’après les spécialistes de la banque, le rouble sera soutenu par le prix élevé du pétrole ainsi que par les récentes évolutions de l’économie mondiale, notamment l’assouplissement de la politique monétaire par l’EBC et la Réserve fédérale américaine et les tentatives de maintenir les taux d’intérêt le plus bas possible, tandis que la Banque centrale russe augmente ses taux, rendant les obligations russes plus rentables que celles des pays étrangers.

Cependant, « une telle prévision est viable à condition que le prix du pétrole reste au niveau de 130 dollars (près de 100 euros) le baril », estime Natalia Orlova, analyste-en-chef de la banque russe Alfa Bank. C’est à ce prix que Goldman Sachs estime Brent III pour le troisième trimestre de 2013 (le prix actuel s’élevant à 115 dollars ou près de 87 euros), tandis que le prix prévu par la banque pour le trimestre prochain se chiffre à 125 dollars (près de 95 euros) le baril. En outre, le rouble sera soutenu par l’excédent courant de la Russie, qui atteindra au quatrième trimestre de 2012 24,4 milliards d’euros (12,6 milliards au troisième trimestre).

Les experts de la banque estiment également que les dernières données statistiques qui montrent le ralentissement de la croissance de l’investissement et de la consommation, ne peuvent pas être considérées comme une tendance, car la croissance des salaires réels est deux fois plus rapide que celle des dépenses.

Goldman Sachs n’est pas la seule banque étrangère à afficher un tel optimisme. En septembre dernier, les analystes de JPMorgan ont appelé les traders à ne pas ouvrir des positions longues sur le rouble, estimant le taux de change à 29,5 roubles pour un dollar dans les mois à venir. Les raisons citées par les deux banques sont identiques : le taux assez bas du rouble par rapport au prix du pétrole (JPMorgan a revu à la hausse ses prévisions sur le prix du pétrole avec 109 dollars (EUR 83,1) le baril au troisième trimestre et 105 USD (EUR 80,05) pour baril au quatrième, contre 95 et 100 dollars (72,4 et 76,2 euros) respectivement précédemment), ainsi que la possibilité de l’augmentation du taux d’intérêt, la disponibilité des obligations russes et l’amélioration de la balance commerciale du pays.

« Léconomie russe est actuellement attrayante : un faible niveau d’endettement, un bon rendement, et en même temps, les capitaux n’ont que commencé à entrer dans le pays », souligne Stanislav Iarouchevitchous, chef du département du commerce de la banque ING. Cependant, M. Iarouchevitchous qualifie de « trop agressives » les prévisions de Goldman Sachs, estimant le taux de change réel en 2013 à 29 ou 30 roubles pour un dollar.

La Banque centrale de Russie, elle aussi, s’attend au ralentissement des fuites des capitaux, cette possibilité ayant été confirmée par son vice-président Alexeï Oulioukaïev. D’après les estimations de la Banque centrale russe, les sorties nettes se sont chiffrées à l’issue de neuf mois de 2012 à 44,19 milliards d’euros, dont 10,38 milliards au troisième trimestre, le volume total pour 2012 étant estimé à 49,61 milliards d’euros.

Mme Orlova confirme la possibilité d’un afflux des capitaux dans l’avenir, mais ne le considère pas comme une tendance à long terme, car il n’y a pas de possibilité d’investissement dans le pays, et l’afflux est largement déterminé par l’humeur des investisseurs internationaux.

Selon Ivan Tchakarov, analyste de la banque d’investissement russe Renaissance Capital,  le taux de change se chiffrera à 34,3 roubles pour un dollar fin 2013 et à 37,4 roubles pour un dollar fin 2014 si le statut quo est conservé. En cas de la réalisation du scénario positif pour 2013-2014, la monnaie russe poursuivra encore plus sa progression, les taux de change prévus se chiffrant à 31,8 roubles pour un dollars fin 2013 et à 30,3 roubles pour un dollar fin 2014.

Le panier euro-dollar


Le panier bimonétaire euro-dollar est utilisé par la Banque centrale russe pour fixer le taux de change nominal du rouble face à l’euro et au dollar. Le panier a été introduit en 2005 alors que la Russie utilisait le dollar comme seule référence auparavant. Au moment de son introduction, le panier se composait de 10% EUR et 90% USD. La composition actuelle du panier, 45% EUR et 55% USD, a été introduite en février 2007 et reste la même depuis cette date.

Article original en russe a été publié le 16 octobre 2012 sur le site de Vedomosti.

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