Un gros capital humain et des inégalités criantes

Les données permettant d’évaluer le capital humain reposent sur le recensement, considéré comme la source la plus détaillée sur l’importance numérique de la population et sa structure démographiqu, des facteurs tels que l’espérance de vie, l’éducatio

Les données permettant d’évaluer le capital humain reposent sur le recensement, considéré comme la source la plus détaillée sur l’importance numérique de la population et sa structure démographiqu, des facteurs tels que l’espérance de vie, l’éducatio

Une étude de l’École supérieure d’économie (HSE) révèle la conformité croissante des indicateurs économiques russes, mais aussi une inégalité intergénérationnelle résiduelle.

Le montant total du capital humain de la Russie dépasse 15 000 milliards d’euros, ce qui signifie que chaque travailleur « valait » 150 000 euros en 2010. C’est ce qui ressort du rapport « Combien vaut le capital humain ? », dirigé par le directeur adjoint du Centre d’études sociales à HSE, Rostislav Kapeliouchnikov.

Pour la période 2002-2010, le montant du capital humain en termes réels a doublé, c’est-à-dire qu’il a augmenté de 10% par an. Une progression plus rapide que le capital physique, qui constitue selon Rosstat [agence russe des statistiques, ndlr] la principale composante de la richesse nationale du pays. Il est défini comme la valeur de tous les actifs financiers et non financiers détenus par les résidents. Si l’on y ajoute la valeur du « capital humain », la richesse nationale de la Russie est multipliée par près de six.

« La richesse nationale se déplace du capital physique au capital humain, qui est une ressource de plus en plus importante pour la croissance économique », déclare Kapeliouchnikov. Les revenus du capital dépendant de sa taille, il s’avère que le bien-être du pays est de plus en plus déterminé par l’état de son capital humain.

Le capital humain est inégalement réparti : les hommes sont 1,5 fois plus riches que les femmes, les jeunes sont plus riches que les personnes âgées et le montant du capital augmente avec le niveau d’éducation de son détenteur. La singularité de la Russie réside dans une asymétrie plus prononcée selon l’âge et l’éducation : les 15-34 ans y cumulent 67% du capital contre 58% aux États-Unis. Pour les personnes possédant un diplôme supérieur, une licence ou un diplôme professionnel secondaire, cet indicateur atteint 69% en Russie contre 43% aux États-Unis.

Les données permettant d’évaluer le capital humain reposent sur le recensement, considéré comme la source la plus détaillée sur l’importance numérique de la population et sa structure démographique (raison pour laquelle le calcul a été fait sur les années 2002 et 2010), des facteurs tels que l’espérance de vie, l’éducation et l’emploi jouant également un grand rôle.

La principale caractéristique du capital humain russe est son manque d’unité : la faible mobilité et l’absence d’ « ascenseurs sociaux » provoque une « perte » de capital, ainsi que le confinement des personnes dans leurs territoires et leurs niches professionnelles, estime l’expert du Centre d’analyse macroéconomique et de prévision à court terme, Dmitri Beloousov. Une partie importante de la population est pauvre, ce qui n’est pas uniquement lié au revenu, mais aussi au comportement, explique-t-il.

« Le principal n’est pas tant de connaître le montant du capital humain, que de savoir si les ascenseurs sociaux et le système de reproduction sociale fonctionne, si l’enseignement permet une augmentation du capital humain », s’interroge M. Beloousov. Et d’expliquer qu’en comprenant l’état de la structure du capital humain, il sera possible de savoir comment mettre en marche le mécanisme de la croissance économique.

Article publié le 12 octobre 2012 dans Vedomosti.

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