Cosaques en selle et en scène !

La ville de Fontainebleau accueillera le 20 octobre 2012 le spectacle de clôture de la célébration du bicentenaire de la victoire de la Russie dans la guerre de 1812. Le choeur cosaque de Kouban, l’Ecole d’équitation du Kremlin et l’Escorte de la cavalerie d’honneur du régiment présidentiel seront là pour faire partager au public français la culture et les traditions ancestrales cosaques. La Russie d’aujourd’hui a assisté au déroulement des préparatifs de ce spectacle grandiose.

Des chevaux de fière allure, ravigorés par le frimas matinal, leurs oreilles attentives pointées en direction des journalistes, s’échauffent dans le manège, pendant que des jeunes gens portant l’uniforme traditionnel du régiment cosaque de la Garde impériale se tiennent non loin en ronde serrée, mains sur les épaules. Devant l’entrée de l’arène, les cavaliers de l’École équestre du Kremlin et du Régiment présidentiel discutent, s’encouragent, pour terminer leur réunion informelle par un « hourra » guerrier.

Une fois les athlètes en selle, c’est véritablement la cavalerie de l’armée russe de 1812 que vous avez devant vous. Leurs fidèles destriers son des chevaux du Don, c’est  grâce à eux, à l’époque, que les soldats russes ont pu monter jusqu’en France. Ces numéros de voltige spectaculaire que les cosaques ont montré lundi dernier à Moscou et s’apprêtent à faire découvrir au public français font partie des aptitudes obligatoires de l’art guerrier traditionnel cosaque. En quelques siècles, ces exercices, à l’origine militaires, se sont transformés en numéros d’acrobatie et de voltige impressionnants, appelés «  djiguitovka », et sont devenus la véritable carte de visite de l’École russe d’équitation.

Le capitaine de l’équipe Pavel Poliakov avoue que pour composer un programme divertissant tout en restant fidèle aux traditions ancestrales, il a fallu passer beaucoup de temps à fouiller dans les archives et les ouvrages spécialisés et à consulter les historiens. En récompense de ce vrai travail de scientifique : la réaction du public. Même l’exigence d’un spectateur d’élite comme la Reine Elizabeth II d’Angleterre a été comblée lors du spectacle donné pour le jubilé de ses 60 ans de règne au printemps dernier. Le public français ne sera pas en reste. Il pourra goûter à un spectacle complet, en plusieurs parties, sublimé par le savoir-faire et la technique des athlètes : maîtrise des armes traditionnelles, dressage et numéros de voltige.

L’équipe est composée en grande partie de petits jeunes. Les voilà déboulant dans le manège, montrant leur art du combat et les danses caucasiennes. Mais lorsqu’apparaît la frêle Youlia, personne ne s’attend à la voir l’instant d’après sortir deux sabres de derrière le dos pour fendre d’un geste précis une bouteille plastique remplie d’eau. Chaque sabre pèse près d’un kilo, les lames sont dangereusement aiguisées, mais cela n’empêche pas les athlètes de les jeter en l’air pour les rattraper au vol avec assurance.

De l’art de la guerre à l’art du dressage. Après quelques tours de manège au grand galop, les cavaliers débrident et dessellent leur monture et commencent à les diriger sans les mains. Les chevaux sautent les obstacles, attrapent les drapeaux et s’assoient même avec leurs maîtres pour souffler. « Le dressage est une activité très agréable, raconte Youlia après son passage. Le cheval s’ouvre à vous et vous pouvez comprendre ce qui lui plaît ou non et ce qu’il est prêt à faire ».

Le spectacle se termine par une série de numéros spectaculaires. Le premier à entrer en piste est le capitaine Poliakov avec son cheval Bandit, de couleur grise pour contraster, selon les traditions cosaques, avec les autres chevaux roux. Pavel et ses cavaliers en mettent plein la vue : ils découpent net des bouteilles d’eau ou des branches d’osier, ramassent du sol au galop le chapeau traditionnel, la papakha, font des acrobaties à même le dos et l’encolure du cheval.

« Notre spectacle est une interprétation des vraies aptitudes que devaient avoir les guerriers cosaques, explique Pavel Poliakov. Si le cosaque tombait de selle, il rebondissait et se remettait dessus immédiatement et, à la place de la papakha, les soldats pouvaient rattraper une arme tombée à terre ». Malgré l’atmosphère militaire de la célébration, les intentions de la délégation sont des plus pacifiques : entretenir les relations entre la Russie et la France, conserver le passé historique commun de ce deux pays et raconter les épisodes les plus marquants de la manière la plus spectaculaire.

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