La libération surprise d’une Pussy Riot

Crédit : PhotoXPress

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À l’issue du procès en appel, l’une des trois mebres du groupe Pussy Riot, Ekaterina Samoutsevitch, a été libérée avec sursis, tandis que Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina devront purger deux ans de camp pour hooliganisme dans la Cathédrale du Christ-Sauveur en février dernier. Samoutsevitch avait décidé de changer d’avocat une semaine plus tôt, mais ceci n’explique pas la magnanimité dont la justice russe a fait preuve.

Dure liberté

Éditorial

Gazeta.RU/ 11.10

D’héroïne, Samoutsevitch se transforme rapidement en traîtresse. Sa libération a provoqué une nouvelle fracture dans la société, qui témoigne de la dureté aussi bien des partisans du pouvoir que des opposants à Poutine. Mais personne n’a le droit d’exiger des trois jeunes femmes un exploit comme celui des martyrs politiques de l’époque soviétique. Il va de soi que le pouvoir cherche à semer la discorde dans le groupe et dans la société. En plus, le pouvoir n’a pas reconnu son erreur, le jugement n’a pas été annulé, l’affaire n’a pas été renvoyée. Simplement, il a allégé la peine de l’une des accusées, sans que l’on sache même sous quelles conditions.

Discernement et châtiment

Alexandre Kots

Komsomolskaya Pravda/ 11.10

Miracle ! La « machine punitive » du système judiciaire russe s’est enrayée ! Le triomphe de la justice ? Une petite victoire sur le système ? Non, simplement, quelqu’un a bien fait son travail, au lieu de créer des idoles pour « la résistance russe ». Pendant tout le procès, les soi-disant défenseurs des « victimes du régime » n’ont fait que creuser la tombe des trois couineuses, devenues du jour au lendemain des stars du showbiz. Samoutsevitch l’a compris à temps et a embauché un avocat qui a su prouver qu’elle n’a pas participé à la prière punk. Ses copines devraient en prendre de la graine si elles ne veulent pas croupir dans un camp. 

Drôle de guerre


Mikhaïl Rostovski

Moskovski Komsomolets/ 11.10

Notre justice est la plus humaine, mais aussi la plus imprévisible, la plus illogique au monde ! Quel est ce nouveau jeu dans lequel s’est lancé le pouvoir ? Pourquoi avoir grâcié seulement une des trois filles ? Est-ce une façon de « diviser pour mieux régner » ? L’affaire dépasse depuis longtemps le cadre juridique, toute décision est par définition politique. Le pouvoir a tiré profit de la persécution des filles, l’opposition a pu être présentée comme une force antichrétienne agressive. Mais le revers de la médaille, c’est la détérioration du climat moral dans le pays et l’influence croissante de toutes sortes d’extrémistes, religieux comme antireligieux. 

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