L’UNICEF quitte la Russie

La forme de la présence du fonds en Russie, dit-on à l’UNICEF, après 21 années de travail a déjà changé à plusieurs reprises. Crédit : Reuters/Vostock Photo

La forme de la présence du fonds en Russie, dit-on à l’UNICEF, après 21 années de travail a déjà changé à plusieurs reprises. Crédit : Reuters/Vostock Photo

L'organisation fermera ses portes en janvier. Le ministère des Affaires étrangères russe a demandé au Fonds des Nations Unies pour l’enfance de fermer tous les programmes en Russie pour le nouvel an.

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) doit cesser ses activités en Russie en janvier 2013. Comme pour l’Agence américaine pour le développement international (USAID le ministère des Affaires étrangères explique cette évolution par le fait que la Russie est passée de la catégorie des bénéficiaires à celle des donateurs. À l’UNICEF, on assure avoir terminé tous les programmes durant l’année écoulée.

Le ministère des Affaires étrangères russe a annoncé mardi que le 31 décembre 2012, l’UNICEF  doit avoir terminé tous ses projets en cours en Russie.

« L’activité de l’UNICEF a été achevée en décembre 2011, nous avons informé la Fondation de retour en 2009. Il n’y a rien de spécial à cela », a indiqué le service de presse du Ministère des Affaires étrangères (MID) à RIA Novosti.

« La raison principale motivant la décision de la Russie est que nous cessons désormais d’être les bénéficiaires d’une aide étrangère mais somme devenus des donateurs. Et cela ne signifie pas l’arrêt d’une collaboration avec le fonds. Nous continuons de financer des projets en commun dans différents pays du monde », a-t-on déclaré au ministère des Affaires étrangères. Entre 2009 et 2012, selon les données du MAE, Moscou a consacré environ 6,5 millions de dollars pour des projets de protection des enfants « au Kirghizistan, au Liban, au Pakistan, au Tadjikistan, et dans les pays de la Corne d’Afrique ».

Le même argument a été avancé quand, à la mi-septembre, le ministère des Affaires étrangères a annoncé la cessation des activités en Russie de l’Agence américaine pour le développement international (USAID). Ils avaient alors annoncé que « la Russie est aujourd’hui l’un des nouveaux donateurs et refuse le statut destinataire de l’aide au développement dans toutes les organisations internationales ». Dans le même temps USAID a été accusé d’agir au-delà de la portée « de la coopération humanitaire bilatérale », se référant indirectement à l'appui des Américains à des organisations russes de défense des droits de l'homme comme l’association « Golos » de surveillance des processus électoraux.

Contrairement à l’USAID, l’arrêt de l’activité de l’UNICEF n’était pas attendu. L’UNICEF va désormais tenter de trouver de nouvelles formes de coopération avec les pouvoirs russes.

La section russe du fonds s’est exprimé sur ce sujet dans une intervention spéciale. La forme de la présence du fonds en Russie, dit-on à l’UNICEF, après 21 années de travail a déjà changé à plusieurs reprises. Tout d’abord un bureau de liaison a été ouvert puis en 1997 il a été transformé en une véritable représentation, ayant travaillé sur les programmes de coopération avec le gouvernement russe, et depuis janvier de cette année à Moscou, travaille un bureau pour les questions de partenariat avec la Fédération de Russie, qui est dirigée par la branche régionale de l’UNICEF pour les pays de la CEI et de l’Europe de l’Est et centrale à Genève.

« L’objectif est de soutenir le changement récent, et de renforcer le rôle de la Russie dans le développement international », a-t-on déclaré à l’UNICEF.

À cela, au sein même du fonds on explique que tous les programmes de ce type à l’UNICEF, dans lesquels il existait une représentation en Russie, ont été réalisés ensemble avec le travail de ce même représentant à la fin 2011.

Depuis lors, John Budd, le représentant de l’UNICEF a tenu des pourparlers sur l’avenir de l’interaction entre les deux partis, a indiqué l'agence de presse RIA Novosti. « Nous prenons en compte la déclaration du ministère russe des affaires étrangères, mais nous continuons de discuter avec la Russie des possibilités de développement des nouvelles formes de partenariat après l’arrêt de nos programmes dans le pays et la fermeture du bureau régional en 2011 », a-t-il déclaré.

Effectivement, la décision de la fermeture de la représentation des programmes opérationnels et du fonds de l’UNICEF a été prise par le président Dmitri Medvedev le 4 septembre 2009. En accord avec cela, la représentation à Moscou a été fermée ainsi que sa branche à Vladikavkaz. De 2012 à 2013, il a été prévu que la représentation fermée aidera les pouvoirs russes à créer le comité national russe de l’UNICEF. « Il est encore un peu tôt pour parler de cela », ont déclaré a Gazeta.ru les représentants du fonds.

Lors des cinq dernières années de son travail en Russie, l’UNICEF a dépensé 45,8 millions de dollars pour les programmes de lutte contre le sida parmi les jeunes, de développement des enfants en bas âge, de défense des droits des enfants de travail de politiques gouvernementales les concernant. Séparément, le fonds s’est occupé des droits des enfants dans le Caucase du nord et en premier lieu des enfants ayant fui les conflits.

En Russie on compte aussi un programme visant à encourager l’allaitement maternel, la lutte contre les maladies causées par une carence en iode, la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant.

Les plans initiaux pour la fermeture des programmes de l’UNICEF ont été cependant changés. Sur demande du directeur du bureau régional du fonds pour l’Europe de l’Est et centrale et la CEI, le MID a autorisé Steven Allen a prolonger son activité encore un an, pour le développement des dons récoltés (environ 1 million de dollars) et la résolution d’autres problèmes économiques.

Jusqu’au dernier jour, le fonds continuera de supporter cinq programmes différents : un jardin d’enfant à Nijni-Novgorod, un jardin d’enfants pour les enfants sourds et aveugles à Serguïev Possad, un centre de réadaptation des enfants des rues ainsi qu’une maison pour les enfants de familles en difficulté à Saint-Pétersbourg, mais également l’Institut pétersbourgeois qui soutient les enfants atteints de troubles du développement.

Trouvez l'article original sur le site de Gazeta.ru. 

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.