Bagdad revient aux armes russes

Crédit photo : RIA Novosti / SergeySoldatkin

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La Russie et l'Irak ont ​​signé un contrat de 4,2 milliards de dollars sur la livraison d'armes. Ce tournant signale le rapprochement de Moscou avec le monde Chiite.

« L'Irak a besoin du soutien de la Russie dans les domaines de l'armée et de la défense pour se protéger contre le terrorisme », a déclaré M. al-Maliki, ajoutant que Bagdad ne prêtait pas attention à l'opinion des États-Unis  sur l'achat d'armes russes, le pays « ne souhaitant être le monopole de personne ».

Selon le directeur du Centre d'analyse des stratégies et technologies (CAST) Rouslan Poukhov, cité par RIA Novosti, « les contrats signés concernent en premier lieu la livraison d'environ 50 complexes Pantsir et d'environ 30 hélicoptères d'attaque dernier cri Mi-28NE ».

M. Poukhov a expliqué par trois facteurs la signature de l'un des plus gros contrats dans le domaine de la coopération militaro-technique de l'histoire récente des relations entre la Russie et l'Irak, pays où sont encore déployées des troupes américaines.

« Tout d'abord, il est clair que l'influence américaine sur l'Irak est exagérée. Le gouvernement chiite de ce pays commence à mener une politique de plus en plus indépendante de Washington, en lorgnant de façon croissante du côté de l'Iran », a indiqué l'expert.

Le deuxième facteur important est selon lui la contribution personnelle de l'ancien chef du Service fédéral pour la coopération militaro-technique, Mikhaïl Dmitriev, qui au poste de directeur a déclaré à plusieurs reprises qu' « il ne fallait pas baisser les bras » et « continuer à travailler avec l'Irak ». En outre, estime M. Poukhov, au cours des 10 à 13 dernières années, les exportations d'armes russes ont bénéficié d'un énorme soutien du Kremlin. « Dans un domaine aussi sensible que la coopération militaire, le soutien politique des producteurs d'armes est très important. Ce soutien, ils l'ont reçu et le reçoivent encore », a souligné le directeur du Centre d'analyse.

Dans le même temps, le journal Kommersant note que la nécessité d'accroître la coopération militaro-technique avec la Russie a été évoquée en Irak après que le chef de la commission des affaires étrangères du Sénat américain, John Kerry, eut déclaré que la fourniture d'armes américaines en Irak devait prendre fin. L'avertissement constituait selon les observateurs une réaction au refus de Bagdad d'intercepter un avion iranien se dirigeant vers la Syrie avec une cargaison militaire.

Selon Rossiyskaïa Gazeta, M. Medvedev a indiqué lors de sa réunion avec le premier ministre irakien que la Russie tenait à son amitié avec le peuple irakien. « Malgré les événements dramatiques de ces dernières années, nous sommes en contact au plus haut niveau, et je suis sûr que cela va contribuer au développement de l'amitié, de la coopération et de la compréhension mutuelle entre la Russie et l'Irak », a-t-il déclaré.

M.al-Maliki, à son tour, a clairement indiqué qu'il considérait sa visite dans la capitale russe comme une chance de fixer de nouvelles modalités de coopération. « Bagdad mène aujourd'hui une politique active de renforcement des relations avec les pays amis et de développement des relations dans divers domaines, a fait savoir le premier ministre. Cela se reflète dans la composition de ma délégation : elle comprend des représentants des ministères des Affaires étrangères, de la Défense, du Commerce, du pétrole. Toutes ces sphères constituent un champ pour le développement du partenariat avec la Russie ».

Le développement harmonieux des relations est supervisé par la Commission intergouvernementale sur la coopération commerciale, économique et scientifico-technique. Sa sixième réunion se tiendra à Bagdad d'ici la fin de cette année. Toutefois, les rencontres au sommet revêtent une importance supérieure. C'est pourquoi M. Medvedev a été invité à se rendre personnellement en Irak. « Cette visite donnera une impulsion très forte au développement des relations bilatérales », a déclaré M. al-Maliki.

Le secteur des hydrocarbures et de l'électricité reste un axe prioritaire de la coopération entre l'Irak et la Russie. Bagdad est intéressé par la mise en valeur de champs de pétrole et de gaz, la modernisation des sites énergétiques existants et la construction de nouvelles capacités. L'expérience de travail conjoint dans ces domaines est énorme. Lukoil, Gazprom Neft, et Bashneft sont présents en Irak, où travaillent également Zarubezhneft, Gidromashservice, Inter RAO et un certain d'autres sociétés.

Au cours des pourparlers, les premiers ministres on également évoqué la situation au Moyen-Orient, région qui vit des moments difficiles selon M. al-Maliki. « Nous en avons discuté avec vous au téléphone, et aujourd'hui nous poursuivons notre conversation sur ce sujet, a déclaré le premier ministre irakien à M. Medvedev. Il doit y avoir entre l'Irak et la Russie une coopération dans ce domaine – dans le domaine des relations régionales – afin d'essayer de trouver une solution pacifique à la crise actuelle ».

Article est basé sur les matériaux de Kommersant, Rossiyskaya Gazeta et RIA Novosti.

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