Les syndicats menacent de descendre dans la rue

Les syndicalistes de Saint-Pétersbourg protestent contre la réforme du code du travail. Crédit : PhotoXPress

Les syndicalistes de Saint-Pétersbourg protestent contre la réforme du code du travail. Crédit : PhotoXPress

Les syndicats russes ont exigé de Vladimir Poutine de changer la politique sociale du pays. Les principaux objets de la critique sont la réforme des retraites et du code du travail. Le premier meeting de protestation syndicale devrait coïncider avec l'anniversaire du président.

La Confédération du travail de Russie, qui rassemble plus de vingt syndicats russes, va appeler les Russes à descendre dans la rue pour réclamer un changement de politique sociale. Comme l'a appris le journal RBC Daily, le premier meeting aura lieu le 7 octobre.

Les syndicats comptent protester contre ce qu'ils appellent « le démantèlement des dernières garanties sociales des citoyens russes ». Selon la centrale syndicale, ce terme recouvre le projet de réforme des retraites, la réforme du code du travail, et les propositions visant à modifier les salaires des fonctionnaires d'État.

« Par notre action, nous exprimons notre désaccord avec le durcissement de la politique sociale et les tentatives de révision néolibérale de la législation du travail », a déclaré un représentant du comité exécutif de la Confédération du travail de Russie.

Selon le chef de la Confédération Boris Kravtchenko, si les syndicats ne sont pas écoutés, ils exigeront la démission des membres du gouvernement en charge des dossiers sociaux. La Confédération compte en outre coordonner ses actions ultérieures avec des mouvements en charge des problèmes liés aux services communaux ayant participé à la « Marche des Millions » et d'autres organisation protestataires actives.

Les experts sont divisés sur la façon dont les autorités réagiront à ces actions. Le directeur général de l'Agence pour les communications politiques et économiques Dmitri Orlov estime que si les syndicats alternatifs n'irritent pas les autorités avec des ultimatums, ils pourraient entamer un dialogue sur les questions qui les préoccupent.

Le rédacteur en chef de Liberty.ru Viatcheslav Danilov estime que les syndicats feraient mieux d'utiliser des mécanismes tels que la Chambre civile et le Conseil des droits de l'homme, ou encore leurs liens informels avec des structures de pouvoir. « À elles seules, les exigences de la Confédération ont peu de chances d'être prises au sérieux par les autorités », estime M. Danilov.

L'opposant et un des chefs de la Confédération, Oleg Sheïne, estime au contraire que la mobilisation aura des effets positifs. Selon lui, les syndicats peuvent bénéficier du fait que les autorités redoutent actuellement des bouleversements sociaux.

La Confédération qualifie de coïncidence le fait que les premières manifestations des syndicats tombent le jour de l'anniversaire de Poutine. « Le 7 octobre, des manifestations de syndicats avec différents slogans auront lieu dans le monde entier, et la Confédération a décidé de se solidariser avec ses camarades étrangers », a expliqué un des dirigeants de la Confédération Alexeï Etmanov.

Préparé à partir d'articles de RBC Daily, RIA Novosti, Lenta.ru.

La Confédération du travail de Russie


La Confédération du travail de Russie est une union de syndicats russes qui se positionne comme une alternative à la Fédération indépendante des syndicats de Russie (FISR), la principale centrale syndicale du pays. À l'heure actuelle, la Confédération compte plus de 20 structures représentant les travailleurs dans divers domaines, de la production cinématographique et télévisuelle au secteur minier. La structure de la Confédération comporte plusieurs syndicats dits « combattants », comme ceux des marins, des cheminots, et des contrôleurs aériens, connus pour leur activisme. Les dirigeants de la Confédération ont souligné à maintes reprises leur différence par rapport à la FISR. La Confédération attache une importance particulière aux syndicats créés en son sein à partir de la base, par les travailleurs eux-mêmes, et pleinement redevables envers les travailleurs.

Quels griefs ?


Le projet de réforme des retraites, auquel s'oppose la Confédération, vise à réduire la part des cotisations des retraites de 6 à 2 %, à augmenter les cotisations d'assurance pour les industries dangereuses, et à établir un lien entre le montant de la retraite et l'ancienneté. De nombreux experts soulignent que le dernier point représente en réalité un recul caché de l'âge de la retraite, car l'ancienneté nécessaire pour obtenir la cotisation retraite maximale ne peut être atteinte qu'à 60-65 ans. Dans le projet de réforme du Code du travail, les syndicats sont préoccupés par l'idée d'augmenter la semaine de travail à 60 heures, ainsi que les propositions visant à faciliter le licenciement par l'employeur du personnel inefficace ou la modification des conditions de travail en temps de crise.

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