Moscou en fleur

Crédit : Elena Potchetova

Crédit : Elena Potchetova

La XIXe exposition florale internationale, l'un des événements phare pour les acteurs du marché floral russe et mondial, a eu lieu fin août à Moscou. Lors de l’inauguration, étaient présents les ambassadeurs de l'Equateur, de Colombie et des Pays-Bas, pays traditionnellement représentés à l'exposition.

Selon les organisateurs, l'exposition attire chaque année plus de 20 000 personnes venues de quelques 22 pays, ce qui n’a rien de surprenant car le marché des fleurs de Russie est l'un des plus prometteurs, avec un taux de croissance annuelle de 15-20% et un volume de 4 milliards de dollars.

Les 16 000 mètres carrés du Centre moscovite des exposition (VVTs) a accueilli les stands de plus de 400 entreprises, dont des pépinières de Pologne, de Hollande, de Belgique et du Danemark, des producteurs de fleurs de l'Equateur, de Colombie et des Pays-Bas, ainsi que des fabricants russes d'engrais et de substrat. La Chine, la Corée du Sud et Taiwan font cette année leur débuts sur le salon.

Les entreprises asiatiques sont heureuses d'entrer sur le marché russes et affichent un certain optimisme. Le président de la société coréenne KIP Corporation en est certain : les Russes aiment énormément les fleurs, et les fournisseurs asiatiques ont un avantage sur les entreprises européennes. Les entreprises chinoises et sud-coréennes sont essentiellement représentées par des mises au point visant à cultiver des fleurs en intérieur. Pour les pépinières russes, il pourrait s’agir de partenaires clé.

Selon Maria Landycheva, représentante de la direction de la foire, les pépinières russes gagnent en poids sur le marché floral, mais il est encore prématuré de parler d'une percée. 90% du marché floral de Russie est composé d’importations, principalement de roses et d’œillets en provenance de Colombie et d'Équateur. Dans les années 1990, les pépinières russes ont sombré dans une crise profonde.

C’est un fait : la floriculture est connue pour être très énergivore. Privées de soutien de l'État suite à l'effondrement de l'URSS, de nombreuses pépinières ont été contraintes de mettre la clé sous la porte. De nos jours, peu de gens ont le courage de se lancer dans le commerce des fleurs en raison des risques énormes en jeu : une seule courte panne de courant peut anéantir toute une récolte. Par ailleurs, le lancement d'une entreprise sur de petites surfaces (moins de 3 hectares) n'a pas de sens quand les pépinières appartenant à l'État occupent déjà de larges pans de territoire.

Pour le moment, les roses cultivées à Moscou ont du mal à concurrencer les importations provenant d'Équateur et de Colombie, où l’on compte jusqu'à quatre récoltes par an. Les roses de ces pays représentent 60% du total des importations russes de fleurs coupées. Selon Diana Rivera, qui travaille pour la société colombienne Invos Flowers Export, il faut 7 à 10 jours aux fleurs de plantations colombiennes ou équatoriennes pour arriver sur le marché russe. Néanmoins, les consommateurs sont prêts à attendre : les roses importées ont une apparence plus attrayante, bien qu'elles fanent plus vite que les russes.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.