L'Iran à l'honneur du Festival du film musulman de Kazan

Cette année, le cinéma iranien était à l’honneur, avec de plus de 80 films et courts métrages iraniens. Source : kazan-mfmk.com

Cette année, le cinéma iranien était à l’honneur, avec de plus de 80 films et courts métrages iraniens. Source : kazan-mfmk.com

La huitième édition du Festival international du film musulman a récompensé la comédie « Un morceau de sucre ».

Sous la présidence du réalisateur kazakh Davlat Khudonazarov, le jury a décerné le prix du meilleur long métrage au film de Seyyed Reza Mir-Karimi Un morceau de sucre, une comédie qui retrace la vie d’une famille iranienne. Selon le président du jury, le film, guidé par des valeurs universelles, esquisse le destin de trois soeurs, dont la vie est rythmée par l’occupation d’une famille nombreuse, et qui reviennent au domicile familial pour organiser le mariage de leur soeur cadette. Derrière l’histoire banale, semble-t-il, de cette famille iranienne, le jury a été touché par la richesse des quelque trois cents mille éclats de siècles de la culture iranienne, égrenés au fil du temps, au travers notamment du soufisme et du zoroastrisme.

 

 

Le film a également remporté le prix de la meilleure photographie et du meilleur ensemble d’acteurs féminin: le film a su retransmettre l’image du collectif au sein des femmes iraniennes. Ce prix s’est vu décerné par Valery Zolotukhin, directeur artistique du Festival orthodoxe  « Vers le cercle familial » qui, au nom de l’amitié des peuples, tend la main au Festival musulman sous la devise « Du dialogue des cultures vers la culture du dialogue ».

 

Un autre film primé au cours de ce Festival est Abu, fils d’Adam, du réalisateur indien Salim Ahmed. Il a reçu la récompense du meilleur scénario et le prix de la critique russe. Dans son pays, le film a également été couronné de succès par les critiques et nominé aux Oscars. Le film traite d’une expérience fondamentale dans la vie de tout musulman. Il raconte les préparatifs d’un couple âgé de 70 ans pour le hajj (pèlerinage aux lieux saints de La Mecque), mais qui n’a pas les fonds nécessaires pour le voyage. Le couple ne se mettra jamais en route. Pourtant, comme justement observé par le président du jury Davlat Khudonazarov, l’essentiel n’est pas l’effort physique du hajj, mais la purification de l’âme. Et le seul fait de préparer son départ pour La Mecque peut être considéré comme un pèlerinage en soi. Le film a été tourné dans le Kerala, en langue malayalam. A cet égard, le cinéma du sud de l’Inde est très différent des films de Bollywood, auxquels nous sommes habitués. Cette année, l’Inde a sélectionné ce film pour l’Oscar national.

 

 

Le prix spécial a été remis par le Président de la République du Tatarstan à un autre réalisateur iranien, Mohammad Ali Khazkjemzekhi, pour l’humanisme exprimé dans deux de ses courts-métrages: Le bout-en-train, raconte l’histoire touchante d’un chamelier qui se lie d’amitié avec son chameau, et Sechkan, dans lequel des Iraniens, perdus dans le désert sont recueillis par une tribu et vont entreprendre la construction d’une mosquée.

 

La récompense du meilleur long métrage a été remise à une tragi-comédie française, Dernier étage, aile gauche, réalisée par Angelo Cianci, qui retrace le destin d'un huissier de justice pris en otage par un jeune de banlieue de 17 ans et son père.

 

 

Le prix du meilleur réalisateur a été décerné par l'invité d'honneur, le cinéaste Andreï Kontchalovski, dont les oeuvres ont fait l'objet d'une rétrospective. A l'occasion de son 75ème anniversaire, le Festival a tenu à récompenser ce grand auteur pour sa contribution à l'histoire du cinéma. Le président du Comité pour la Culture auprès du Conseil d'Etat de la République du Tatarstan Razil Valeev a tenu à féliciter le réalisateur, en soulignant qu'il était non seulement russe et américain, comme précisé dans les encyclopédies, mais également aux origines tatares. « Nous savons, de par son histoire, combien Kazan est une ville difficile à conquérir, mais vous, vous y êtes arrivé en seulement quelques jours », a déclaré Razil Valeev à Andreï Kontchalovski en réponse au réalisateur sur la contribution du Tatarstan à engager un dialogue constructif sur la culture du monde musulman.

 

Et pour clore ce grand dialogue des cultures, Andreï Kontchalovski a reçu un présent dans l'esprit du Festival : une mosaïque de cuir tatare pour la décoration d'intérieur.

 

Venez découvrir la galerie vidéo sur le site du Festival.

 

Trouvez le texte original en russe sur le site de Kommersant.

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