La grande vitesse reste sur les bons rails

Les rames à grande vitesse n’ont pas encore de voies séparées. Crédit photo : RIA Novosti

Les rames à grande vitesse n’ont pas encore de voies séparées. Crédit photo : RIA Novosti

La société des Chemins de fer russes (RZD) dément les rumeurs d’un retard sur le financement par l’État de la construction de deux lignes à grande vitesse.

La nouvelle a franchi les frontières à la vitesse d’un TGV. Le gouvernement russe n’aurait pas budgété les 84 milliards d’euros nécessaires pour lancer la construction des lignes Moscou-Saint-Pétersbourg et Moscou-Ekaterinbourg. Le chantier devant être terminé pour la Coupe du monde de football de 2018, de grosses dépenses devaient être engagées dès cette année pour l’achat des terrains.

Dans un communiqué de presse datant du 29 août, la RZD a remis les pendules à l’heure en rejetant l’argument du quotidien d’affaires Vedomosti qui rappelait que « pour le financement du projet de construction de lignes à grande vitesse par le budget de l’État, il est indispensable que soit établi un acte législatif – un appel d’offres. En l’absence actuelle d’un tel document, les moyens financiers ne peuvent être mobilisés ».

L’article de Vedomosti en question avait eu une grande résonance à l’étranger, car des contrats importants sont en jeu pour plusieurs grands groupes, dont des entreprises françaises.

Il s’agit en premier lieu des français Alstom et SNCF, de l’allemand Siemens, du sud-coréen Hyundai et le chinois CRCC. Pour les uns, il s’agit de fournir du matériel roulant (la Russie ne dispose pas pour le moment de fabricant proposant du matériel roulant à 400 km/h).

Pour les autres (des opérateurs comme la SNCF), il s’agit de vendre du savoir-faire relatif à la mise en place de réseaux à très grande vitesse. La mise au point de RZD a rassuré les acteurs du rail, qui finalisent actuellement leurs projets pour l’appel d’offres, dont le lancement est prévu début 2013.

Le projet est d’autant plus sur les rails que Vladimir Poutine, alors Premier ministre, avait en 2011 annoncé la construction d’une ligne permettant de relier Moscou à Saint-Pétersbourg en deux heures 30 (le Sapsan de Siemens met aujourd’hui un peu plus de trois heures 45). Le président russe veut un train circulant entre 350 et 400 km/h, sur des voies séparées. L’investissement nécessaire est chiffré à 28 milliards d’euros. 

Vladimir Poutine avait aussi annoncé une seconde ligne reliant Moscou à Ekaterinbourg (dans l’Oural) en 8 heures contre 26 aujourd’hui pour le train le plus rapide, cette deuxième ligne devant coûter le double de la première, soit 56 milliards d’euros. Les deux lignes devaient être prêtes pour 2018, date à laquelle la Russie organise la Coupe du monde de football dans huit villes différentes (dont cinq reliées par ces lignes). 

La construction des deux lignes à très grande vitesse, d’une longueur totale de 3 000 km, sera financée à 70% par l’État et pour le reste, par des investisseurs privés. Il s’agira du plus grand projet public-privé dans le pays. Le PDG de RZD, Vladimir Iakounine, a proposé en août au gouvernement un nouveau calendrier des dépenses permettant d’alléger le poids du projet sur le budget fédéral russe. 

D’ici à 2030, un total de 6 500 km de lignes à très grande vitesse doit être construit, d’après la RZD. Le groupe vient de nommer le 3 septembre dernier un nouveau directeur pour sa filiale OAO « Skorostnye Magistrali », dédiée à la très grande vitesse. Alexandre Micharine, ancien gouverneur de la région de Sverdlovsk, occupera aussi la fonction de premier vice-président de RZD. L’homme a fait pratiquement toute sa carrière dans les Chemins de fer russes.

Au niveau international, RZD a confirmé son intention de participer à la reprise du groupe de logistique français GEFCO, une filiale à 100% du constructeur automobile PSA. Le PDG de RZD Vladimir Iakounine justifie son intérêt par le fait que « RZD est une compagnie de transport, dont la tâche est de livrer à la porte du client. Or, dans le contexte actuel, cela n’est pas possible sans une offre logistique étendue »

Selon des sources citées par la presse française, RZD serait la société la mieux placée pour prendre 75% de GEFCO, pour une transaction de 945 millions d’euros. L’objectif est d’obtenir une synergie avec Transcontainer, la filiale logistique de RZD, et la création d’un grand corridor eurasiatique.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.