Le développement du Grand Moscou

Antoine Grumbach a participé à la conception du projet « Grand Paris » en France. Crédit photo : AFP / EastNews

Antoine Grumbach a participé à la conception du projet « Grand Paris » en France. Crédit photo : AFP / EastNews

Les cabinets d’architecture français Grumbach et Wilmotte sont désignés vainqueurs du concours sur le développement du Grand Moscou, en association avec les Américains de Urban Design Associates.

La semaine dernière, les autorités de la ville ont annoncé les résultats du concours sur le développement du Grand Moscou et la création du nouveau centre administratif. Sur le podium, deux entreprises étrangères : le meilleur projet de développement de l’agglomération revient au cabinet d’urbanisme français Antoine Grumbach et Associés, et le prix de la meilleure conception du futur centre fédéral a été élaboré par le cabinet américain Urban Design Associates. Mais la mairie de Moscou ne compte pas s’appuyer uniquement sur les concepts vainqueurs. Les projets des candidats en lice seront pris en compte, étudiés et retravaillés dans le cadre de la réalisation du Grand Moscou.

 

La consultation pour le développement du Grand Moscou (extension et aménagement d’une nouvelle zone sur 150 mille hectares au sud-Ouest) a été lancée par les autorités de la ville en janvier 2012. Le président russe de l’époque Dmitri Medvedev souhaitait créer un nouveau centre administratif et gouvernemental en dehors du centre historique de la capitale russe.

 

Le projet comprenait notamment le déplacement de la Maison blanche et l’administration présidentielle. A partir du 1er juillet 2012, le Grand Moscou est devenu une réalité sur le plan juridique, mais l’extension vers de nouveaux espaces s’étalera sur plusieurs décennies. La consultation pour le développement du Grand Moscou a  été lancée dans l’objectif de concevoir la ville nouvelle.

La proposition des architectes et urbanistes français, inspirée du Grand Paris (Antoine Grumbach a participé à la conception du projet en France) prévoit le développement du territoire le long de la chaussée de Kalouga, avec des lignes ferroviaires à grande vitesse reliant directement les régions au Kremlin. A cet effet, la gare de Kiev à Moscou sera entièrement rénovée, et deux autres gares seront construites, l’une près de l’université MGU (Mont des moineaux), l’autre aux abords du Kremlin.

De son côté, le cabinet Urban Design Associates ne voit pas le développement d’un centre administratif séparé du centre d’une grande utilité. Le projet américain se concentre en revanche sur la préservation des espaces verts autour de Moscou et sur le développement des transports en commun. Le rôle de nouveaux centres alternatifs gravitants autour de la capitale doivent s’inspirer des villes-satellites déjà existantes en banlieue. Les réseaux de voies rapides permettront aux habitants de se déplacer rapidement vers la capitale.

 

Les autorités de Moscou expliquent l’échec des architectes russes par le manque d’expérience dans le domaine du développement de projets à grande échelle. « Ces 20 dernières années, aucune grande ville n’a été construite en Russie », explique le maire-adjoint de Moscou chargé de l’urbanisme et de la construction Marat Khousnoulline. «Il y a un manque d’expérience notoire. Aujourd’hui, nos collègues français ont montré qu’ils possédaient cette expérience. Et les Américains, qui aménagent de nouveaux territoires, ont une expérience colossale dans ce domaine». Pour autant, Marat Khousnoulline souligne que les Russes sont présents dans toutes les équipes de travail étrangères.

 

Le sort des projets gagnants reste cependant au conditionnel. «Dans tous les cas, le capital de connaissances accumulé au cours du processus de travail de ce concours sera bénéfique à la ville», a assuré le maire-adjoint. Selon lui, tous les projets présentés sont basés sur des propositions techniques qui seront étudiées et retravaillées au profit du futur Grand Moscou.

 

Article original sur le site Kommersant.

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