La Russie estime que les actions militaires contre la Syrie risquent d’entraîner une catastrophe

 La Russie estime que les actions militaires contre la Syrie risquent d’entraîner une catastrophe Crédit photo : Edouard Pessov / RIA Novosti  Dans une interview à la chaîne de télévision Sky News Arabia, le ministre des Affaires étrangères russe Ser

La Russie estime que les actions militaires contre la Syrie risquent d’entraîner une catastrophe Crédit photo : Edouard Pessov / RIA Novosti Dans une interview à la chaîne de télévision Sky News Arabia, le ministre des Affaires étrangères russe Ser

Le ministère des affaires étrangères russe se dit alarmée par les déclarations des États-Unis, évoquant d’éventuelles actions en Syrie sans l’aval de l’ONU.

Dans une interview à la chaîne de télévision Sky News Arabia, le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a déclaré la Russie perplexe face à la volonté des État-Unis de résoudre la crise syrienne en contournant l’autorité de l’ONU. Par ailleurs, il dément tout soutien russe du président syrien Bachar el-Assad et affirme que sa démission est une question interne à la Syrie.

« Les États-Unis ont déjà déclaré vouloir agir en contournant le Conseil de sécurité de l’ONU. Cette position est, pour nous, incompréhensible », a affirmé le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans une interview, samedi 18 août, cité par l'agence de presse Interfax.

Cette déclaration des États-Unis a suivi la rencontre à Genève du Groupe d’action sur la Syrie, regroupant les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et des pays voisins de la Syrie. En juin dernier, le porte-parole du département d’État américain Patrick Ventrell avait déjà déclaré : « Ils (la Russie et la Chine) ont à trois reprises bloqué la résolution (de l’ONU en Syrie). Nous souhaitions qu’ils changent de position mais ils ne l’ont pas fait. S’il y avait des chances de progression, nous aurions continué d’agir en accord avec l’ONU. Mais nous avons une stratégie globale et nous n’allons pas interrompre notre plan uniquement à cause de l’absence de résolution ».

« À mon avis, les déclarations émanant de Washington et de certaines autres capitales sur la mort du communiqué de Genève sont plutôt irresponsables, car il s'agit du plus important compromis enregistré entre les États occidentaux, la Russie, la Chine, la Turquie et les principaux pays arabes », a déclaré le chef de diplomatie.

« Ceux qui prétendent que c'est un « document mort » cherchent en fait n'importe quel prétexte pour qualifier de stériles les voies pacifiques du règlement et pour recourir à la force. Cela nous préoccupe énormément, car cela risque de mener à la catastrophe dans toute la région », a indiqué M.Lavrov.

Il a également souligné que la démission du président syrien Bachar el-Assad ne peut être imposée de l’extérieur. « C’est aux syriens de décider eux-même », a-t-il déclaré.

« Comme je l’ai déjà dit, le régime a commis de très nombreuses d’erreurs. Mais la raison principale qui a fait empirer le conflit, le faisant basculer de manifestations pacifiques en insurrection armée est la suivante : ceux, qui depuis le début, réclamaient la démission d’el-Assad, ont totalement ignoré les intérêts de la partie de la population qui, acceptons-le, voyait et continue de voir en son président un garant de ses droits et de la sécurité au sein du gouvernement syrien », a déclaré le chef de la diplomatie.

Lavrov a rappelé que la Syrie est un pays avec une structure confessionnelle et ethnique complexe. « Et les minorités qui soutiennent Assad en espérant qu’il défende leurs droits font partie intégrante de la population syrienne », a-t-il souligné.

Sergueï Lavrov a proposé d’obtenir une trêve en Syrie sous la responsabilité des « acteurs extérieurs ». Sans cela la nouvelle mission de l'envoyé spécial de l'ONU Lakhdar Brahimi n'aurait aucun effet.

« Le dialogue politique ne prendra pas, du moins tout effort restera vain, tant que les violences ne cesseront pas...Tous ceux qui veulent la réussite pour le processus politique en Syrie, doivent agir ensemble. Il faut s'entendre et exercer une pression suffisante pour imposer un cesser le feu aux  groupes d’opposition, désigner les médiateurs, les réunir dans un endroit convenu et commencer les négociations », a conclu le ministre russe des Affaires étrangères.

Dans son interview à la chaîne arabe, il a également démenti l’existence de nouveaux contrats d’armement avec la Syrie pour lesquels la Russie avait subi les critiques du secrétaire d’Etat adjoint américain pour les affaires européennes et eurasiennes Philipp Gordon.  « Soyons honnêtes, il est question de l’armement acheté à l’URSS. Nous avons répété à plusieurs reprises que nous avons rempli les anciens contrats. Et pour le moment, nous n’en concluerons pas de nouveaux », a déclaré Lavrov.

En ce qui concerne les projets militaires américain de zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie, le ministre russe y voit une violation à la souveraineté de la Syrie et de la Charte des Nations Unies.

Durant l’interview, il a également évoqué le problème du programme nucléaire iranien. Selon lui, il n’est pas plus dangereux que beaucoup d’autres problèmes internationaux.

« Les divergences qui persistent entre les Six médiateurs pour le dossier nucléaire iranien (Russie, USA, Royaume-Uni, France, Chine et Allemagne) et l'Iran sont très graves, mais je ne dirais pas qu'elles sont plus graves que les divergences dans les règlements palestino-israélien et arabo-israélien ou les divergences sur le Sahara Occidental et les problèmes liés à la création d'une zone libre d'armes de destruction massives au Proche-Orient », a fait remarquer le ministre.

D’après lui, les négociations sur le programme nucléaire iranien qui se sont déroulées à Istanbul et à Moscou ne sont pas un échec. « Je pense que nous pouvons parler des progrès, bien qu'ils soient minces, dans les négociations d'Istanbul et de Moscou, parce que les parties concernées ont expliqué leurs approches de manière bien plus claire et détaillée qu’auparavant, en posant les questions de manière plus concrètes : l’arrêt de l’enrichissement de l’uranium à 20%, les gestes concrets proposés en contrepartie, etc. », a ajouté Lavrov.

Les parties dans leur travail sur la résolution du problème nucléaire iranien doivent se baser sur les principes de progressivité et la réciprocité. « Et l’on avance dans cette direction », a-t-il affirmé. Le chef de la diplomatie russe a souligné que les négociations, et non la force militaire, sont la seule voie pour résoudre la question du nucléaire iranien.

Interview est publiée en version courte. Trouvez le texte original sur le site vz.ru.

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