Les cosaques sont de retour

Crédit photo : Rouslan Soukhouchine

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Dimanche 12 août, à Moscou, un bataillon de cosaques a pris le chemin de la France. Pour les vingt-trois participants, l’objectif est de refaire le trajet dans les mêmes conditions que leurs ancêtres du début du XIXe siècle.

Crédit photos : Rouslan Soukhouchine

À l’occasion du bicentenaire de la Campagne de Russie, les reconstitutions sont nombreuses en Russie, mais celle-ci se distingue par sa durée. Ce trajet de 5 300 km à travers la Russie, la Lituanie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne et la France va leur prendre deux mois. S’ils ne comptent pas camper sur les Champs-Elysées, ils espèrent bien arriver à Fontainebleau en octobre, sur les lieux où Napoléon avait abdiqué en 1812, puis entrer enfin dans Paris.

Le coup d’envoi de cet ambitieux voyage à travers l’Europe a donné lieu à une grande cérémonie sur le Mont Poklonnaïa. Les cosaques, sur des chevaux du Don, sanglés dans leur uniforme bleu de l’époque, avec leurs bonnets de fourrure, sabres et lances, ont fait le tour du Parc de la victoire, haut lieu moscovite à la mémoire des victoires de 1812 et 1945. Après avoir défilé devant la colline religieusement conservée sur laquelle Napoléon attendit en vain qu’on lui amène les clefs de Moscou, ils se sont placés devant le Musée de la Grande guerre patriotique (Seconde Guerre mondiale). Un cœur de l’armée a entonné l’hymne russe en présence d’officiels et de représentants du clergé orthodoxe.

Devant de nombreux journalistes et promeneurs attirés par ce specthttps://manager.larussiedaujourdhui.fr/manager/Lacle peu courant, le Président du club d'histoire militaire des Cosaques, Oleg Listov, a rappelé le caractère éminemment pacifique de la reconstitution. « Cette fois-ci ce n’est pas en guerre mais en paix que nos cosaques vont à Paris, en mémoire d’événements qui ont été partagés par l’Europe entière ». Il les a ensuite exhortés à rencontrer les habitants de toutes leurs étapes et à leur montrer ce qu’est réellement la Russie. Un représentant du clergé orthodoxe a bénit le voyage des cosaques et procédé à l’aspersion des cosaques, ce qui n’a pas manqué d’effrayer quelque peu les chevaux. En même temps, deux cents colombes étaient lâchées dans le ciel en symbole des deux cents années écoulées depuis la « Guerre patriotique ». Puis les cavaliers sont partis pour Paris au son d’une marche cosaque chantée par le cœur de l’armée.

Cette chevauchée commémore la guerre de 1812, lorsque Napoléon envahit l’empire russe à la tête d’une armée de plus d’un demi-million d’hommes venus de toute l’Europe. Après avoir pris Moscou en septembre, il fut contraint d’entamer une longue retraite à travers la Russie, au cours de laquelle son armée fut décimée par le froid, les maladies et  l’armée russe. Si la Campagne de Russie a été déterminante dans la défaite de Napoléon deux ans plus tard, elle a également été un tournant dans l’histoire russe, en soulevant une vague de patriotisme au sein du peuple, et en faisant entrer pleinement la Russie dans le « concert des Nations ».

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