Le virus de la photographie

Crédit photo : Lioudmila Espiaube

Crédit photo : Lioudmila Espiaube

Originaire d'Azerbaïdjan, Lioudmila Espiaube a quitté l'ancienne république soviétique il y a de nombreuses années pour vivre en France, où elle a commencé à travailler en tant que photographe professionnelle. Sa culture asiatique rejaillit dans son œuvre : le photoreportage qu’elle a réalisé entre Singapour et le Japon décore actuellement les pages du journal français « Nat’Images ».

 Avant de rencontrer son futur mari, Bernard Espiaube, de nationalité française, Lioudmila a travaillé en tant qu'ingénieur programmateur. À cette époque, Bernard encadrait la construction à Bakou d'une usine chimique qui produisait du lindane (l'usine appartenait à l'époque au groupe Rhône Poulenc, devenu par la suite Rhodia). Un an plus tard, en 1986, Lioudmila et Bernard se mariaient et partaient s’installer en France.

Sa passion pour la photographie ne s'est pas déclarée immédiatement. Cependant, la place essentielle qu’occupait sa culture asiatique et le mal du pays l'ont amenée à se passionner pour l'art de l'ikebana.  Ces sept années d'études au sein de la célèbre école japonaise Ohara n'ont pas été vaines : Lioudmila s'est rendue à Tokyo, Kioto et Nara et a découvert en côtoyant les Japonais l’art de la méditation.  Ce savoir l'a aidée à définir son style dans le domaine de la photographie.

La famille Espiaube a ensuite quitté la France pour s'installer quelques années à Singapour avec leurs deux enfants. Si les tracas quotidiens ont contraint Lioudmila à cesser de pratiquer l'ikebana, c'est cependant à Singapour qu'elle réalise ses premiers clichés.

« J'ai attrapé le virus de la photographie à Singapour, grâce à un ami de notre famille, Ang », raconte Madame Espiaube. Un jour, ce dernier a organisé un voyage de 10 jours au Vietnam et a invité ses amis, dont Lioudmila, à s'ouvrir à de nouveaux horizons. Subjuguée par les immenses étendues de la nature sauvage, Lioudmila a saisi son appareil photo.

Début 2003, Lioudmila Espiaube a rencontré le photographe français Vincent Munier, dont le travail avait été récompensé trois années auparavant au cours du prestigieux concours Wildlife Photographer of the Year, organisé par la BBC. Impressionnée par les clichés des grues japonaises pris par Munier au cours d’un voyage hivernal, Lioudmila décide de se rendre au Japon pour observer les grues de ses propres yeux. Si la photographe confesse avoir douté de son talent, elle a pourtant osé partir trois semaines sur l'île d'Hokkaïdo, équipée d'un appareil photo professionnel.

« Je suis attirée par l'Asie, j'aime leur histoire, leur culture, les gens.  Lorsque que je vivais en France, dès que je croisais une personne asiatique, j'étais attendrie, comme si quelque-chose qui émanait d’elle m'était familier », reconnaît la photographe.

Au Japon, Lioudmila a réussi à photographier la danse des grues, sous la neige, au cours de la saison des amours.  « La danse des grues s'accompagne d'un grand cri aigu. Quand celles-ci font une trêve, on entend la neige tomber  tellement le silence règne », raconte-t-elle.

Cette année, Lioudmila s'est rendue à Tounski en février, à 600 km de Shanghai.  Là-bas, elle a pris des photos des célèbres paysages montagneux et des escaliers qui inspiraient à l'époque les peintres chinois.

« Je ne ressens pas la fatigue. Quand je vois les montagnes, les nuages et que la lumière est idéale, je n'ai qu'un désir : capter cette beauté. Je fuis tous les fantômes de la civilisation qui hantent les paysages naturels » ajoute-t-elle.

La photographe reconnaît être séduite par les deux pays : le Japon, ses neiges pures et la quiétude de ses paysages la ravissent tout autant que la Chine et sa culture antique.  La Russie et son Azerbaïdjan natal occupent encore peu de place dans son œuvre, mais Lioudmila y travaille.

En juillet 2011, Lioudmila Espiaube s'est rendue dans l'Altaï avec l'expédition scientifique Biosphère, où elle a pu photographier des paysages de montagne et la faune locale. Ses clichés ont été publiés dans le journal  Nat’Images.

Portfolio

Les travaux de Lioudmila Espiaube ont été présentés lors des concours Photographie animalière et Nature (Montier-en-Der, novembre 2011), Image et neige (Cluses, janvier 2012), et Naturémotion (Metz, mai 2012). Lioudmila Espiaube a été finaliste du concours photo de la BBC plusieurs fois. Ses travaux ont été édités dans le livre du concours photo « la tortue d'or » organisé par la ville de Moscou. De plus, les photographies de Lioudmila Espiaube sont régulièrement publiées dans le journal français  Nat’Images. Ses travaux sont également disponibles sur son site internet personnel Nature & Inspiration.

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