Conflit ossète : Moscou n'exclut pas une nouvelle flambée de tension

Le 8 août 2008, les forces géorgiennes ont attaqué l'Ossétie du Sud et détruit une partie de sa capitale, Tskhinvali. Crédit photo : AP

Le 8 août 2008, les forces géorgiennes ont attaqué l'Ossétie du Sud et détruit une partie de sa capitale, Tskhinvali. Crédit photo : AP

Quatre ans après le début des hostilités en Ossétie du Sud, le conflit osséto-géorgien n'est toujours pas résolu : la république n'a pas encore accédé à l'indépendance et n'a pas atteint de nouvel accord avec Tbilissi. Le conflit est en fait « gelé » et il n'est pas exclu que la Géorgie tente une nouvelle utilisation de la force pour rétablir son intégrité territoriale.

« Les scénarios revanchards, les méthodes violentes pour restaurer l'intégrité territoriale restent vivaces dans l'esprit des hommes politiques les plus zélés à Tbilissi », a déclaré le secrétaire d'État, vice-ministre des Affaires étrangères Grigori Karassine le jour de l'anniversaire du début du conflit, qui a coûté la vie de centaines de civils de part et d'autre.

Une opinion similaire a été exprimée par le politologue, membre de la Chambre civile de Russie Alexandre Sokolov. « Le fait que la Géorgie continue de s'armer et qu'elle n'a toujours pas reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie indique qu'une telle probabilité (de recourir à la force) existe », estime-t-il.

Sokolov a en outre noté qu'avec le changement de gouvernement en Géorgie – les élections législatives sont prévues pour le 1er octobre 2012, et la présidentielle dans un an –, la probabilité d'une normalisation des relations entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud augmentait. « N'importe lequel des candidats serait un négociateur plus acceptable pour la Russie que l'actuel président Mikhaïl Saakachvili », indique l'analyste.

D'autre part, le Comité d'enquête de la Russie, qui s'occupe de déterminer les responsables du conflit, a dévoilé il y a quelques jours de nouveaux détails de l'enquête criminelle en cours sur les événements en Ossétie du Sud. En particulier, selon cet organe, l'enquête est parvenue à obtenir des preuves que les dirigeants géorgiens avaient tenté de discréditer l'armée russe lors de l'attaque contre l'Ossétie du Sud.

« Nous avons obtenu des dépositions de témoins indiquant que préalablement à l'entrée des troupes russes dans Gori et dans d'autres villes situées sur la frontière avec la Géorgie, dans des buts de propagande et afin de tromper les habitants de Géorgie et la communauté internationale, on a réalisé avec des mercenaires ukrainiens vêtus en uniforme de l'armée russe des photographies et des vidéos sur de soi-disant actes de violence et de pillage perpétrés par des soldats russes contre la population civile résidant dans les villages géorgiens », a indiqué le Comité d'enquête.

Le département a déclaré que les enquêteurs russes avaient soigneusement étudié les lieux des faits, interrogé des milliers de témoins, de victimes et d'experts, et mené 600 examens médico-légaux. On a par suite obtenu des « preuves irréfutables qu'outre les hauts responsables géorgiens, des dirigeants de différents services d'ordre du pays se sont rendus complices de crimes contre la paix et la sécurité humaine sur le territoire de la République d'Ossétie du Sud en août 2008 », affirme le Comité d'enquête.

Dans le même temps, le nombre de Russes favorables à l'intégration à la Russie de l'Ossétie du Sud et d'une autre ancienne république géorgienne, l'Abkhazie, n'a cessé de croître. Selon un sondage réalisé les 20-23 juillet 2012 par le centre Levada, à laquelle ont participé plus de 1600 personnes de 45 régions russes, cette opinion est exprimée par environ 35% des Russes, soit environ 1,5 fois plus que l'année dernière.

Contexte

Le 8 août 2008, les forces géorgiennes ont attaqué l'Ossétie du Sud et détruit une partie de sa capitale, Tskhinvali. La Russie, pour protéger les habitants d'Ossétie du Sud, dont beaucoup avaient la citoyenneté russe, a introduit environ 10.000 soldats et des centaines d'unités d'équipement militaire pour soutenir ses soldats de la paix. Après cinq jours de combats, l'armée russe a évincé les troupes géorgiennes de la région.

À la fin du mois d'août 2008, la Russie a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. En réponse, Tbilissi a rompu ses relations diplomatiques avec Moscou et décrété les deux républiques du Caucase « territoires occupés ». L'Ouest manifeste fermement son attachement à « la protection de l'intégrité territoriale de la Géorgie ».

Article basé sur les matériaux d'Expert, Vzgliad et RIA Novosti.

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