Voyage en pays cosaque

Crédit photo : Itar-Tass

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Au XVIIe siècle, Starotcherkassk était la capitale de la Grande armée du Don. Aujourd'hui, c'est une petite ville située près de Rostov.

Crédit photos : Lori Photobank, Itar-Tass

Plusieurs routes mènent à Starotcherkassk. Mais elles ne permettent pas d'entrer dans la stanitza (ou village) : à toutes les entrées, l'automobiliste se heurte à un panneau de sens interdit. Selon la légende locale, les autorités ont décidé d’interdire la circulation dans un souci de respect de l’environnement, et dans un élan de zèle administratif, un policier à disposé des sens interdit sur ​​toutes les routes. Les touristes s'en émeuvent, mais les villageois ignorent les panneaux. Comme l'indique un habitant légèrement éméché, « si nous respections les sens interdits, nous finirions par mourir de manque de nourriture ».

Pour s'y rendre

En avion jusqu'à Rostov-sur-le-Don, puis 30 minutes en bus, 20 minutes en taxi. Si vous prenez un taxi à l'aéroport, cela vous coutera 600 roubles (15 euros). Un taxi privé vous y mènera pour la moitié de ce montant.

Au XVIIe siècle, la ville de Starotcherkasskaïa s'appelait Tcherkassk et c’était la capitale de la Grande Armée du Don. À son apogée, la ville comptait des milliers de foyers. Les remparts de terre et les fortifications dotées de canons étaient en mesure repousser toute attaque, qu'elle émane des khans tatars ou du tsar de Moscou. Mais le passage des Cosaques au service de l'État a changé le destin de la ville. Afin de venir à bout de la rebellion, la capitale de l'armée du Don a été transférée à Novotcherkassk, et l'ancien avant-poste cosaque a été nommé de façon humiliante Starotcherkassk (« Vieille Tcherkassk »). Sous l'ère soviétique, les autorités l'ont purement et simplement faite passer du rang de ville à celui de village (stanitza). De son ancienne grandeur ne sont restés que les canons pris aux Turcs, les dépendances de l'Ataman (le chef), un monastère en fonctionnement et la cathédrale militaire de la Résurrection. Et, bien sûr, la maison de Kondrat Boulavine (ataman (chef) des cosaques du Don, leader de l’insurecction des cosaques en 1708, ndlr), dont les habitants sont particulièrement fiers.

Sur le territoire des dépendances de l'Ataman se trouvent plusieurs musées, dont le principal est la Maison des généraux Éphremov, rendu célèbre par le film russe Le Don paisible. Au rez-de-chaussée, où vivaient jadis les domestiques, une exposition sur l'histoire du mode de vie cosaque. Au premier, une présentation de la situation de la ville à la fin du XIXe siècle. Des guides organisent des visites dans le musée. Les touristes viennent principalement de Russie. Soudain, un visiteur de dix ans pointe du doigt un buffet en bois rouge et s'exclame : « Oh, ma grand-mère au village à le même! »

Où se loger ?

Stary Gorod est un deux étoiles qui en vaut trois. Les draps sont changés tous les jours, et le restaurant propose un petit-déjeuner continental ou britannique. Mais vous pouvez aussi commander le petit-déjeuner du Don : des œufs brouillés avec des tomates et du bacon, du pain blanc à la croûte croustillante, et un café turc noir. On prépare ici la meilleure Oukha (soupe de poisson) de la région du Don. De mai à novembre, il est conseillé de réserver à l'avance.

Au restaurant de l'hôtel Stary gorod (La vieille ville) déjeunent deux Allemands, un joyeux groupe de Pétersbourgeois et quelques familles russes. Les Pétersbourgeois racontent avec enthousiasme comment on les a emmenés à la pêche avant l'aube. Malheureusement, ils sont rentrés bredouille.

En face du monastère, une femme vend des tapis et coussins de chaise, fabriqués à partir de chiffons. Ils coûtent 200 à 400 roubles (5 à 10 euros). La vendeuse, qui les produit elle-même, raconte que l'année dernière, elle les vendait à moitié prix, mais que dernièrement, les touristes « venus de Russie » sont plus nombreux à acheter ses produits. L'année prochaine, elle devra augmenter les prix à nouveau. D'ailleurs, des tapis similaires sont vendus à des touristes millionnaires pour 150 euros en Sardaigne.

Si l'on monte sur le clocher, on voit d'en haut l'ensemble de Starotcherkassk, ville compacte et bien entretenue. Derrière vous, les champs de tournesols jaune vif d'un côté, le Don de l'autre.

Dans les environs

On peut bien sûr citer Rostov. La ville compte peu de monuments architecturaux, mais il y a la vie nocturne, les clubs, les restaurants et l'ambiance, capable de déjanter les jeunes intellectuels venues de Moscou. Ici, tout le monde écoute de la « chanson russe » (des chansons qui portent généralement sur la vie des prisonniers),  et même le jazz local rappelle  l'époque de la NEP.

Souvenirs


Dans les dépendances de l'Ataman, un homme fatigué de la vie tente de refourguer aux touristes des disques MP3 pirates avec des chansons cosaques. Il y a, bien sûr, les matriochkas et autres objets de couleur locale pseudo-russes. Près du monastère, on trouve des tapis et une étonnante céramique faite main sur le thème des chansons cosaques. Les prix, eux, sont européens.

Le texte original (en russe) disponible sur le site de Rousski Reporter.

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