Des immeubles hauts comme des arbres

40% des emplois se trouvent dans le centre historique de Moscou. Une telle concentration provoque une situation peu pratique dans le centreville. Crédit photo : Itar TASS

40% des emplois se trouvent dans le centre historique de Moscou. Une telle concentration provoque une situation peu pratique dans le centreville. Crédit photo : Itar TASS

Les participants au concours international « Grand Moscou » visant à trouver des idées pour développer l’agglomération moscovite se préparent pour la finale. Seules 9 des 67 équipes qui se sont inscrites il y a six mois sont encore en compétition. Les prix seront distribués en septembre par des experts internationaux. Les meilleures idées serviront de base technique et définiront le futur profil architectural de la capitale. Peu de temps avant la finale, les participants et membres du conseil d’experts ont défini certains principes de construction du « nouveau Moscou ».

Les immeubles ne doivent pas être plus hauts que les arbres. Les bâtiments en préfabriqué à plusieurs étages sont interdits

Andreï Bokov, président du Conseil des architectes de Russie :

« Les énormes bâtiments en panneaux préfabriqués de plusieurs étages sont monstrueux. Non seulement ils ne sont pas pratiques, mais leur aspect dévalorise le paysage de la ville. C’est notamment le cas à Vladimir, où la ville a construit un immeuble de 15 étages sans âme, et les dégâts sont irréparables. C’est pourquoi il est important d’édifier des bâtiments pas trop hauts dans les nouvelles zones constructibles ».


Construction de logements destinés à la vente et à la location


Andreï Tchernikhov, architecte et participant au concours :

« En Europe et outre-Atlantique, les bâtiments destinés à la location ou à la vente constituent entre 50 et 60% des logements. Chez nous, ce type de logement a disparu durant la période soviétique. Nous restons malheureusement attachés à nos vieilles habitudes. En Occident, l’emploi passe avant le reste et les gens souhaitent vivre le plus près possible de leur lieu de travail. C’est tout le contraire des Russes, qui doivent souvent se rendre à l’autre bout de la ville et perdent ainsi beaucoup de temps ».

Maxime Perov, vice-président du Conseil des architectes de Russie :

« 40% des emplois se trouvent dans le centre historique de Moscou. Une telle concentration provoque une situation peu pratique dans le centre et oblige les Moscovités à faire de nombreux déplacements ».

Utilisation multifonctionnelle du territoire


Andreï Bokov, président du Conseil des architectes de Russie :

« Pour construire des bâtiments multifonctionnels, comme des immeubles d’habitation avec des magasins au rez-de-chaussée, il est indispensable d’adopter des lois en ce sens. La législation actuelle ne répond pas aux besoins de la ville, et pas uniquement sur ce point. Les bâtiments ne doivent pas seulement être destinés au logement. Ils peuvent remplir différentes fonctions. Il faut également faciliter progressivement l’accès aux institutions sociales telles que les écoles, les jardins d’enfants, les polycliniques et les hôpitaux ».

Organisation d’un espace social ouvert


Andreï Bokov, président du Conseil des architectes de Russie :

« Il est nécessaire de créer un espace dans lequel les gens se sentent à l’aise. Il ne devrait pas y avoir de terrains vagues entres les immeubles d’habitation. Il faut exploiter les rues, places et cours. Ces dernières doivent être éclairées et disposer de plaines de jeu. Il n’est pas normal que les mères qui se promènent avec leur landau aient à slalomer entre les voitures garées sur les trottoirs, ou que les personnes à mobilité réduite ne puissent pas se déplacer librement dans les rues par manque d’espace. Il est également dommage que le thème de l’espace dans notre quotidien ne fasse pas partie du programme du gouvernement. En Occident, contrairement à la Russie, le thème de la ville comme environnement de vie est une priorité alors que chez nous, les problèmes de relogement arrivent avant les problèmes sociaux ». 

Empêcher l’aménagement désordonné des immeubles


Andreï Tchernikhov, architecte et participant au concours :

« Notre code de l’urbanisme ne protège malheureusement que les intérêts économiques. Il s’agit plutôt d’un « code anti-culturel ». Depuis plusieurs années, on dessine et on bâtit des immeubles isolés. Planifier ou construire toute une rue ou tout un quartier est évidemment bien plus compliqué. Malheureusement, les promoteurs ne s’intéressent qu’à l’argent. C’est la raison pour laquelle ces quartiers se multiplient, comme à Kommounarka, où les entrepreneurs immobiliers érigent des bâtiments dans différents matériaux et dans le cadre de projets distincts. Je pense que pour ces nouvelles constructions, il faudra adopter une loi distincte qui ne s’appliquera qu’aux nouveaux territoires, comme à Sotchi. Nous pourrons ainsi planifier et construire une belle ville qui soit adaptée à notre quotidien ».

Article otiginal (en russe) disponible sur le site de The Moscow News.

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