Un an après le naufrage du « Bulgaria », la catastrophe peut-elle se répéter ?

Près du village de Syukeevo, à proximité du lieu de la catastrophe, un mémorial a été ouvert : une chapelle orthodoxe, une mosquée, et une dalle de marbre avec les noms des victimes. Crédit photo : Sergueï Bogodvid / RIA Novosti

Près du village de Syukeevo, à proximité du lieu de la catastrophe, un mémorial a été ouvert : une chapelle orthodoxe, une mosquée, et une dalle de marbre avec les noms des victimes. Crédit photo : Sergueï Bogodvid / RIA Novosti

Aujourd'hui, le 10 juillet 2012, on se souvient en Russie des victimes de la tragédie qui a eu lieu il y a juste un an dans le réservoir de Kouïbychev et a tué 122 personnes, dont 28 enfants.


Hier ont été rendus publics les résultats d’une vaste enquête, qui a révélé la non-conformité aux normes du quart des bateaux de la flotte fluviale de navires de la Russie.


Un an après le naufrage du navire « Bulgaria », le Service de contrôle des transports a publié la totalité des résultats de l’enquête de la flotte fluviale, entreprise après la tragédie. Un bateau sur quatre ne s’avère pas prêt pour les croisières fluviales, a déclaré le service de presse.


« Aujourd'hui, nous ne pouvons pas dire que n’importe quel bateau est mis en service. Tous les navires ont continué à être utilisés après l'élimination des violations. Chaque propriétaire a passé un certain temps à préparer son bateau pour sa mise en service, de plusieurs heures à plusieurs semaines, » a expliqué le service de presse du Service de contrôle des transports. Dans la plupart des cas, a-t-il déclaré, les propriétaires des bateaux fermaient les yeux sur la non-conformité des documents du navire ou sur le nombre insuffisant d'outils supplémentaires. Ainsi, la majorité des bateaux impliqués dans des violations à la réglementation n'étaient pas équipés de tous les moyens de sauvetage ou bien leurs documents ne coïncidaient pas avec l'état réel et l'équipement du navire.


La Commission du Service de contrôle des transports a conclu que les causes de l'accident était une combinaison de facteurs : non-respect par l'armateur et par le capitaine des normes réglementant la sécurité de la navigation dans la planification, la préparation et la réalisation du trajet, au cours duquel la sécurité de la navigation n’a pas été assurée, mais aussi les faibles qualifications et le manque de discipline des membres équipage du bateau.


Une poursuite judiciaire a été lancée après le naufrage du « Bulgaria ». L’enquête sur les circonstances du naufrage du bateau touche à sa fin. L’affaire pénale tient en 90 volumes. Aujourd’hui les accusés en prennent connaissance. Après cela, les matériaux seront remis à la cour. Environ un millier d'entretiens et des dizaines d'expertises ont été menés. La responsabilité pénale sera requise contre cinq personnes, dont le capitaine du « Bulgaria » Ramil Khametov, le sous-locataire du navire, Svetlana Inyakin, et un expert du Registre fluvial russe, Ivashov Jacob.

À l'heure actuelle, l’enquête sur l'affaire est prolongée jusqu'au 10 novembre 2012.


Le navire « Bulgaria », un bateau à deux ponts et à moteur diesel-électrique, construit en 1955 en Tchécoslovaquie, a coulé le 10 juillet dans une tempête dans le réservoir de Kouibychev au Tatarstan, à 3 km de la côte. À bord se trouvait 201 personnes, 79 ont survécues. 122 personnes sont mortes, dont 28 enfants.

Chronologie du naufrage du « Bulgaria »

9 Juillet 2011 : début de la croisière. Le « Bulgaria » avait une inclinaison à tribord et un moteur endommagé à droite. Le bateau était très chargé : il y avait à bord 201 personnes au lieu de 120. De plus, l'équipage avait enfreint les règles et n’avait pas vidé les canalisations : il y avait une charge de 30 tonnes au total sur le « Bulgaria ».


10 juillet à 11h15 – Le bateau quitte Bolgar à Kazan. À ce moment un orage a commencé sur la Volga, et la tempête s’est levée. Deux heures plus tard, le navire montrait une forte gîte à tribord. Cette inclinaison a permis à l’eau de s’engoufrer par les hublots ouvertes, situés presque au-dessus de la ligne de flottaison.


10 juillet à 11:17 : Suite à une rapide inondation, le « Bulgaria » a chaviré et a coulé en deux minutes. Pour sauver le navire, le capitaine a essayé de l'amener à terre, mais avec un moteur sur deux seulement fonctionnant, il ne put atteindre la zone de sauvetage, à seulement 50 m.


10 juillet 12:17 – À côté des passagers survivants, sur des radeaux à la dérive dans la tempête, sont passés le bateau de marchandises « Arbat » et la barge « Danube-66. « Cependant, les capitaines n'ont pas arrêtés les navires et essayer d'aider les victimes. Comme l’a révélé plus tard l’enquête, la distance de freinage de deux bateaux est de plus de 2 km, et les hélices ne permettaient de s’approcher à moins d’un demi-kilomètre des naufragés, ce qui empêchait de les sauver.


10 juillet 14:30 : Dans la zone du naufrage est arrivé le bateau de croisière « Arabella », dont l'équipage a été informé par les capitaines des bateaux de marchandises passés à côté. Au cours de l'opération de sauvetage,  79 survivants du « Bulgaria » ont été ramenés à Kazan à bord de l’«Arabella ».

Article basé sur les informations de RIA Novosti, Primetime, RBC, Vzgliad

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.