Attention aux coups de massue !

Crédit photo : Itar-Tass

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Thématique estivale récurrente dans le choix des destinations de vacance, les festivals ont aussi la côte en Russie. La culture des festivals d'été n'est pas si lointaine, elle remonte à peu près à la même époque où le public russe a commencé à apprécier ses artistes. Au début des années 2000, les organisateurs ont commencé peu à peu à renoncer à faire venir des artistes étrangers au profit de groupes locaux peu onéreux, et non moins talentueux. Une tendance qui s'est aujourd’hui répandue aux festivals, aux rave parties, pique-niques et autres rassemblements en plein air qui font la joie des Russes comme des touristes. 

 

« Nachestvie » (« Invasion »), du 8 au 10 juillet, Région de Tver


Crédit photo : Itar-Tass

 

« J'écoute Nashe Radio (Notre Radio, organisatrice du festival, ndlr) depuis que je suis gosse. J'adore la musique russe combinée à un son de qualité. En ce sens, le festival Invasion est incontestablement le meilleur », affirme Anton, un inconditionnel de ce festival et rocker passionné, bandana sur la tête et ventre tatoué. 

 

Sur la scène de ce festival de rock russe, le seul groupe étranger invité à y participer est le groupe moldave Zdob si Zdub, considéré en Russie comme sien. En 11 ans d'existence, le festival s'est développé et compte jusqu'à 180 000 visiteurs chaque année, avec près de 145 groupes venus des quatre coins de Russie, et quelque 8 000 bénévoles impliqués dans l'organisation du festival. Cette année, l'invité de marque sera le groupe de rock phare des années 90, DDT, ainsi que le mélancolique Spleen, le père du rock russe underground Boris Grebenchikov et son groupe Akvarium, le mythique Bravo et son chanteur patriotique Igor Rasteriaev.

 

« Si vous comptez vous rendre au festival Invasion, soyez prêt à rencontrer l'inattendu. Une fois, j'ai surpris le matin, en me réveillant, un punk endormi à mes côtés. Il s'était par erreur glissé sous ma tente. Il a fallu que je le réveille pour qu'il aille se rendormir un peu plus loin, mais tout ça en douceur... Nous respirons une seule musique », raconte Anton, en se grattant la barbe joyeusement.

 

« Ferma » (« La Ferme »), du 5 au 8 juillet, à Taroussa, dans la région de Kalouga


Source : service de presse

 

« Avec une copine, on est en train de préparer notre prochain voyage en moto, et nous comptons bien faire une halte au festival de la Ferme, à Taroussa », assure Vadim, un habitué du club hipster Solianka à Moscou, en soulevant ses lunettes de soleil Ray-Ban. La Ferme est un festival pique-nique à taille humaine avec de la musique techno plutôt tranquille et pleins de groupes russes du moment, dont les place de concerts s'écoulent deux fois plus vite que certains groupes étrangers.

 

Le festival offre la possibilité à ses participants de louer des tentes design, de préparer la traditionnelle kacha russe du matin (céréales d'avoine, ndlr) en compagnie de grands chefs cuisiniers moscovites, d'assister à de magnifiques levers de soleil en écoutant de l'électro-pop (groupe russe Pompeya) ou de l'indi (Dsh-Dsh !), ou encore en découvrant les dernières nouveautés des DJ russes. 

 

« Si vous avez l'intention de passer à la Ferme, ne vous dites pas que c'est pour un soir. La dernière fois, c'est aussi ce que je me suis dit, et je suis parti dans les derniers... », sourit Vadim. 

 

« Arkhstoyanie », du 29 au 31 juillet, village de Nikola-Lenivets, dans la région de Kalouga


Crédit photo : Alexeï Koudenko / RIA Novosti

 

« Je compte aller à la Ferme, et puis rester quelques jours dans la région de Kalouga, donc je vais faire un crochet à Arkhstoyanie... », se réjouit Alica, jeune diplômée de l'Institut d'Architecture de Moscou. Mais le festival d'Arkhstoyanie n'est pas seulement destiné aux architectes. Son concept vient de l'artiste Nikolaï Polisski qui, il y a sept ans, a proposé l'idée d'un festival d'architecture du paysage en pleine campagne russe. Artistes, architectes et concepteurs d'intérieur, ainsi que tous les amateurs convergent vers le petit village de Nikola-Lenivets. Ils peuvent loger dans de petites huttes qu'ils conçoivent eux-même, ou dans de simples tentes, et construisent d'étonnantes oeuvres, sur le thème qui leur est imposé. Cette année, il intrigue : « La grange ». En l’an 2012, Arkhstoyanie tente de percer le mystère qui lie l'architecture à la performance artistique et à la recherche. « Si vous passez au festival cette année, préparez-vous à vous envoler à bord d’une montgolfière : les organisateurs y ont conçu un espace 'Prairie de l'apesanteur' », s'exclame Alicia avec entrain. 

 

« Goulbistche de Gorodets », le 13 août, dans le district de Serguiev-Possad


Source : service de presse

 

« Je vais me déguiser en tisserande médiévale », se projette déjà Olya, étudiante à l'université de philologie de l'Université d'Etat de Moscou (MGU), « et mon copain s'est inscrit au combat de coups de poing... ». Le festival de Goulbishe (galerie extérieure ouverte dans l’architecture russe, ndlr) reconstruit, le temps d'une journée, des scènes de vie de l'époque médiévale. Vêtus de costumes d'époque, les participants s'affrontent au fleuret, au tir à l'arc, goûtent au jus de bouleau et au miel de la région, vendent armures et cottes en maille, organisent des combats de coups de poing, tissent des bracelets et sculptent des petites boîtes russes en écorce de bouleau. Goulbishe de Gorodets est l'un des festivals les plus étonnant, qui raconte et commémore l'histoire de la Russie ancienne. Cette année encore, vous aurez l'occasion d'entrer dans la peau d'un forgeron, vous pourrez apprendre à utiliser un métier à tisser, participer à un tournoi de jeu de paume ou assister à la reconstruction d'une bataille médiévale, avec archers et cavaliers. « Et si vous décidez de vous rendre à Gorodets, soyez sur vos gardes, et méfiez-vous des coups de massue... », prévient Olya avec malice.

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