Une loi visant à dissuader les manifestants

Crédit photo : Photoxpress

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Le 8 juin dernier, Vladimir Poutine apposait sa signature à un projet de loi controversé réprimant les troubles à l’ordre public lors de manifestations. Adoptée et prête à l’emploi, la loi a aussitôt été décriée par une grande partie de la presse russe. Loin d’être unanimes cependant, les journaux se sont empressés de comparer leur système judiciaire aux autres pays et efforcés de comprendre pourquoi une telle loi avait vu le jour.

L’amende, dans les faits, en Europe



Rédaction 
Vedomosti

« Si l’on convertit en roubles, la loi allemande prévoit une amende de 500 000 roubles pour troubles à l’ordre public et la législation suisse, 4,5 millions de roubles », a déclaré l’un des auteurs de la loi, le député Mikhaïl Starshinov. L’amende russe entre donc dans les normes européennes. De plus, dans la forme, la loi ne viole pas l’article 31 de la Constitution sur la liberté de se rassembler, défiler et manifester. Elle punit seulement sa violation. Un détail curieux cependant : en vertu de l’article 19 de la Constitution, qui garantit l’égalité devant les tribunaux et la loi, participer à une manifestation peut dorénavant coûter plus cher que violer le code de la route.

La Douma redevient une arène politique 
 
Victor Khamraev 
Kommersant

Les débats sur la législation relative aux manifestations avaient cessé il y a une bonne dizaine d’années dans les chambres du Parlement. Aujourd’hui, la Douma (chambre basse) est redevenue un lieu d’affrontements politiques. Certains ont considéré la séance parlementaire du 5 juin comme un « cirque ». Ces personnes doivent remercier les dirigeants de ce pays, qui se sont évertués à choisir comme députés russes des artistes prêts à amuser la galerie. Si quelqu’un a trouvé absurde ce débat, il doit l’imputer aux faux députés du parti de la majorité (Russie Unie). La seule résistance possible est d’exposer leurs idées dans ce qu’elles ont d’absurde.


La journée de l’amende
 

Rédaction
GAZETA.RU

Manifester dans la rue, pour un citoyen russe, et contrairement à un Européen ou un Américain, c’est son seul moyen d’exprimer publiquement ses idées. La grogne grandissante prouve que le système politique est en crise et qu’il est urgent de le reconstruire. Avec la loi « anti-manifestation », le Kremlin signale qu’il n’a pas conscience de cette crise. Le gouvernement est guidé par l’illusion que cette « maladie » va passer. L’ampleur de la crise est bien moins importante que durant les années 1990. Sortir de l’impasse est plus facile. Malheureusement, ceux qui prennent les décisions aujourd’hui sont moins nombreux qu’il y a une génération.

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