La Russie fête les 200 ans du « combat des géants »

Début septembre, plus de 3000 personnes enfileront les uniformes des armées russe et française de l’époque et participeront à une reconstitution  grandiose de la bataille. Crédit photo : RIA Novosti / Alexey Danichev

Début septembre, plus de 3000 personnes enfileront les uniformes des armées russe et française de l’époque et participeront à une reconstitution grandiose de la bataille. Crédit photo : RIA Novosti / Alexey Danichev

Cette année, les Russes fêteront avec une solennité particulière le bicentenaire de ce qu’ils appellent la « Grande guerre patriotique de 1812 », événements qui ont en grande partie permis à la Russie de s’affirmer en tant que puissance mondiale.

La guerre entre la Russie et les troupes de Napoléon est considérée à juste titre comme un des tournants de l’histoire. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, la campagne de Russie de Napoléon et la guerre qui a suivi de 1813 à 1814 constituaient le plus grand conflit militaire de l’histoire de l’humanité. 

Une commission nationale chargée de préparer les célébrations du bicentenaire de la victoire de la Russie dans la « guerre patriotique » de 1812 a été créée dès 2009. Elle rassemblait des membres du gouvernement, des gouverneurs, des dirigeants de grands médias, ainsi que des représentants du domaine des sciences, de la culture et de l’art. La commission était dirigée par Dmitri Medvedev en personne. Plus de 100 millions de dollars, provenant des budgets de tous les niveaux de pouvoir, sont prévus pour organiser les différents événements. 

En chiffres

Des plus de 600 000 soldats de la « Grande Armée » qui ont traversé la frontière russe en juillet 1812, seuls 60 000 ont survécu.

La victoire sur la France a aussi coûté cher à la Russie. Plus de 100 000 soldats russes ont péri dans les combats.

Les célébrations s’étaleront sur quelques mois. Leur point culminant aura lieu sur le champ de bataille de Borodino, où les armées russe et française s’étaient affrontées il y a 200 ans dans une guerre sanglante. La grande bataille n’a cependant pas connu de vainqueur : les deux camps ont perdu près de 80 000 hommes, mais aucun n’a pu obtenir de victoire décisive. Début septembre, plus de 3000 personnes enfileront les uniformes des armées russe et française de l’époque et participeront à une reconstitution  grandiose de la bataille. Cet événement devrait rassembler jusqu’à 300 000 spectateurs. Au même endroit, à Borodino, les autorités ont décidé de reconstruire les installations où logeait Napoléon, et ce dans le but d’accueillir une exposition actualisée du musée de la bataille de Borodino. Près du musée-panorama sur la « Bataille de Borodino », qui existe déjà à Moscou et où est exposée une toile de 115 mètres représentant le point culminant de la grande bataille, il a été décidé d’ouvrir, non loin de la place Rouge, un nouveau musée consacré à ce conflit. 

Les musées du Kremlin de Moscou contribueront également aux célébrations. Ils ont ainsi prévu d’organiser cette année des excursions thématiques, au cours desquelles les visiteurs pourront observer des armes de l’époque. Quant à la place des cathédrales du Kremlin, elle accueillera le 28 juillet le départ d’un des événements les plus attendus de ce jubilée : un défilé de chevaux cosaques entre Moscou et Paris. Ainsi, des descendants des Cosaques qui ont combattu Napoléon en 1812 paraderont dans les rues de Russie, de Biélorussie, de Pologne, d’Allemagne et de France sur des chevaux de la même race que ceux utilisés par leurs ancêtres pour combattre.

Des projets en ligne consacrés à la guerre de 1812 sont également prévus. L’un d’eux est déjà disponible sur le site du ministère russe de la Défense. On peut y apprendre plus sur l’histoire des guerres napoléoniennes, voir le champ de bataille de Borodino ou obtenir des informations sur les uniformes russes de 1812. Le 29 septembre, la bibliothèque nationale russe lancera également un site spécialisé qui publiera des articles consacrés à cette bataille.

Les festivités se termineront en décembre. Le 25 décembre 2012, soit exactement 200 ans après la rédaction du manifeste du tsar annonçant le retrait des troupes napoléoniennes, un office religieux en mémoire de la victoire lors de la « Guerre patriotique » aura lieu à la cathédrale du Christ-Sauveur, principal édifice religieux de Russie. Le même jour, une soirée de clôture officielle des célébrations du bicentenaire de la victoire de la Russie sera organisée au théâtre du Bolchoï.

L’auteur est historien et secrétaire scientifique au Centre d’analyse des problèmes et d’étude de l’État et de l’administration. 

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