Interface entre cerveau humain et ordinateur : c’est pour demain

Crédit photo : Eastnews

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Le rêve favori des écrivains de science-fiction se réalisera très bientôt. Des chercheurs russes sont en train de mettre au point un logiciel d’interface neuronale, grâce à une bourse offerte par la technopole de Skolkovo.

La technologie « Interface Cerveau-Ordinateur » permet à des gens qui ont perdu la vue ou l’ouïe de voir et d’entendre grâce à l’implantation, dans le corps humain, d’un dispositif qui transmet l’information biologique de l’homme à un micro-processeur et inversement. Cela s’appelle implants cochléaires et implants rétiniens. Cette technologie - l’interface neuronale directe (IND) - permet également de saisir un texte sur un clavier, diriger des objets mobiles et pratiquer des jeux vidéo, le tout à l’aide de stimuli que le cerveau envoie à un dispositif électronique. 


En Russie, les programmeurs projettent, dans un avenir proche, de créer des neuro-communicateurs pour que le cerveau dirige la main, qui agit de manière indépendante, ou tout autre prothèse qui sera mise en mouvement par l’effort de la pensée. 


En chiffres

15 lettres par minutepeut taper le logiciel élaboré par les chercheurs de l’Université d’État de Moscou. Soit deux fois plus que les concurrents.

« Au fondement de cette technologie repose le décryptage 
des intentions de l’homme 
via les ondes cérébrales, une méthode appelée électroencéphalogramme », explique Alexandre Kaplan, docteuren sciences biologiques, professeur, directeur du laboratoire de neurophysiologie et d’interfaces neuronales de l’Université d’État de Moscou (MGU). Et d’expliquer que « grâce au système d’interface neuronale, les gens ont déjà appris à taper des lettres sur un écran, diriger un objet mobile, par exemple une voiture-jouet ou un fauteuil roulant, en modifiant par leur volonté leur activité bioélectrique. On en fait déjà un large usage dans le domaine médical, mais pas encore dans la vie de tous les jours. Le matériel est encore trop massif et trop cher, toujours imparfait ».

Et c’est précisément à l’utilisation des IND au quotidien que travaillent actuellement les scientifiques de MGU. « En matière de frappe, les logiciels élaborés avant nous permettaient de taper huit lettres à la minute, tout au plus. En comparaison, quelqu’un qui n’a pas d’expérience d’utilisation d’un clavier peut, avec deux doigts, taper 90 lettres à la minute. Nous avons tout optimisé pour obtenir une vitesse de 15 lettres par minute. Cela nous a permis aussi de comprendre quelles sont les perspectives d’avenir. Il est important également de tenir compte de la rapidité de l’apprentissage. On peut retenir nos algorithmes en trois minutes, et près de 80-90% des personnes qui ont appris ces algorithmes peuvent taper un texte à l’aide de la pensée, les bras croisés », détaille le professeur Kaplan. 


Les chercheurs travaillent aussi sur un autre type de manipulateur. 
« Vous êtes assis à votre bureau en train d’écrire et tout à coup le téléphone sonne. Dès que vous y avez pensé, le bras manipulateur saisit le téléphone à l’autre bout de la table. Ça a l’air drôle et futile. Mais par la suite, on peut doter le manipulateur de chenilles ou de roulettes, et il aura un champ d’action élargi. Nous travaillons aussi sur les exo-prothèses. Si l’on dotait ces dernières de mécanismes pour les diriger par la pensée, cela résoudrait les problèmes de millions de gens », selon le scientifique.« Dès la fin de l’année 2012, nous avons prévu de fabriquer de tels manipulateurs » , poursuit le professeur Kaplan. « Nous aurons encore besoin de six mois pour le robot qui exécutera les commandes envoyées par le cerveau de l’homme. Et notre priorité reste évidemment la prothèse ».

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