Théâtre à l’africaine

Crédits photo : Tatiana Chramtchenko

Crédits photo : Tatiana Chramtchenko

Samedi 24 mars, en plein cœur de Moscou, des artistes africains ont mis le feu aux planches du Théâtre Na Strastnom. Chants, danses et plats épicés étaient au rendez-vous de cette soirée traditionnelle, organisée dans le cadre des journées de la Francophonie.

Crédits : Tatiana Chramtchenko

Samedi soir, un public au premier abord ordinaire se presse dans le foyer du théâtre. Beaucoup de jeunes et de couples d’humeur enjouée, impatients de voir le spectacle commencer. Soudain, des dreadlocks passent dans la foule, suivis d’un béret rasta et d’une myriades de petites tresses. Près du vestiaire, sur la banquette, deux jeunes françaises rient et papotent. Un grand homme africain, habillé sur son trente et un, rejoint un groupe de compatriotes. Tout cela dans un brouhaha de russe, de français et d’arabe. Bienvenue à « Babylone », la soirée traditionnelle africaine organisée à Moscou dans le cadre des journées de la Francophonie.

A dix minutes du début des festivités, toutes les places sont prises ; à cinq minutes, ce sont les couloirs et escaliers qui sont pris d’assaut. Une petite fille tire sa grand-mère par la manche : « Mamie, je t’ai gardé une place sur les marches ! »

Mais le public n’est pas là pour rester assis.  Après les discours d’inauguration officiels prononcés au son des djembés par les ambassadeurs de France et des pays africains en Russie, le public est invité à redescendre pour goûter aux plats nationaux.

Ce qui rapproche le peuple russe des peuples africains c’est bien leur hospitalité légendaire : l’invité doit être rassasié. Ce n’est donc pas à de simples amuse-bouche qu’à droit chaque visiteur mais à un véritable repas : couscous, viande, riz, poisson et légumes.

« Je me demande qui sont les plus affamés : les hommes ou les femmes ? », ironise mon voisin qui filme la scène de ruée gastronomique sur son iPad avant de la publier sur Facebook avec un commentaire du style : « temps noirs pour les blancs ». Cinq minutes plus tard, je le croise une assiette bien garnie à la main.

Repus, les invités s’empressent de retourner vers la scène pour un début de soirée animé ! « Est-ce que vous êtes là ? ». Un « oui » généralisé retentit en plusieurs langues.

Sur le rythme des percussions guinéennes, une superbe Africaine allume la scène de sa danse enflammée. Vu l’étoffe de sa robe, elle n’est pas moins qu’ambassadrice de son pays. Près d’elle s’ébat dans un tournoiement chamanique une jeune blanche portant dreadlocks et jupe léopard. Un monsieur russe d’une soixantaine d’années au visage d’ermite rasta se fraie un chemin d’un pas de salsa parmi les danseurs ivoiriens.

Le groupe marocain de Kamal Chajry réchauffe le cœur du public avec sa chanson de mariage et le son unique du guembri, instrument traditionnel, et à coups de « Vive l’Afrique ! Vive l’amour ! Vive la paix ! »

Pour clôre la soirée, un bœuf réunit sur scène tous les participants de la soirée, musiciens et danseurs. Les tambours se calment pour plonger la salle dans les rythmes lancinants d’un reggae final. Les lumières s’allument. Il est déjà temps de reprendre ses esprits.

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