Avis de stagnation du niveau de vie

Le nombre de voitures représente mieux le niveau de vie que la quantité de téléphones portables. Crédits photo : Alexeï Danichev/RIA Novosti

Le nombre de voitures représente mieux le niveau de vie que la quantité de téléphones portables. Crédits photo : Alexeï Danichev/RIA Novosti

Depuis l'effondrement de l’URSS, le niveau de vie des Russes a significativement augmenté, comme l’indiquent les statistiques. D'où un véritable boom de la consommation.

Avec des salaires plus élevés, les citoyens partent plus souvent en vacances, la voiture est passée du statut d’objet de luxe à celui d'achat banal et le nombre de ­mètres carrés par personne a augmenté de près d'un tiers. Toutefois, selon Rosstat, la tendance s'est arrêtée. La confiance des consommateurs ne s’est pas encore rétablie suite à la crise de 2008. Le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté a de nouveau augmenté en 2011.

Avant la crise, la consommation en Russie était très satisfaisante par rapport à d'autres pays, a déclaré le chef du Service fédéral des statistiques, Alexandre Sourinov. En 2008, chaque foyer dépensait une moyenne annuelle de 9.852 euros. Pour cet indicateur, le pays est comparable à la Croatie et à la Lettonie, mais loin derrière l’Allemagne, où une famille dépense 19 000 euros par an.

Biens d’utilisation durable

Mais il est beaucoup plus intéressant de comparer la Russie d'aujourd'hui à celle d’il y a vingt ans. Pour se faire, le Service des statistiques a comparé la structure des dépenses des consommateurs en 1990 et en 2010. Plus la personne est riche, moindre est la proportion de ses dépenses pour les produits de base. En re­vanche, les dépenses en services aug­mentent. Si l'on en croit cette règle, les Russes vivent effectivement mieux. Suite à l'effondrement de l'URSS, la nourriture absorbait près de la moitié du revenu moyen des Russes, contre 30% seulement en 2010. On dépense moins dans l’alcool (1,7% contre 2,5%) et en habillement et chaussures (11% contre 14,5%). Les dépenses pour les services sont passées de 14% à 27% .

Un autre indicateur utilisé par les sociologues pour analyser le niveau de vie est la répartition du temps quotidien du citoyen actif. On considère que plus un homme a du temps de loisirs, plus sa qualité de vie est élevée. Selon cette logique, la vie des Russes des deux sexes n'a pas beaucoup évolué au cours des 20 dernières années. L'homme russe moderne moyen travaille un peu moins que celui de 1990 : l’exercice des fonctions professionnelles occupait 30% du temps quotidien (soit 7 heures 10 minutes) en 2008 contre près de 32% (environ 7 heures et 40 minutes) il y a 20 ans.

Le temps de travail des ­femmes a diminué de façon plus marquée : en 1990, il représentait 29% de la journée (environ 7 heures), désormais 25,4% (environ 6h). Elles consacrent moins de temps aux tâches domestiques. L'indice de confiance des consommateurs, grâce auquel on estime les at­tentes des citoyens, ne s’est pas rétabli suite à la crise de 2008. En 2011, il est resté dans la zone négative à environ -7%, ce qui signifie que les pessimistes sont plus nombreux que les optimistes. À titre de comparaison, chez le pays le plus confiant, la Suède, il était en novembre 2011 de 2,8%, et chez le plus incertain - la Grèce – de moins 70%. Le nombre de personnes vivant en Russie en dessous du seuil de pauvreté est bien sûr en baisse par rapport à 1992. De 33,5%, le nombre de pauvres a baissé jusqu'à 12,6% en 2010 avant de remonter légèrement à 12,8% l'année dernière.

Lisez article original sur le site : Moskovskie Novosti

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