Retour sur l’attentat déjoué contre Poutine

Crédits photo : AFP PHOTO

Crédits photo : AFP PHOTO

Le Tchétchène Adam Osmaïev et le citoyen du Kazakhstan Ilya Pyanzine, arrêtés à Odessa, préparaient un attentat contre le Premier ministre Vladimir Poutine immédiatement après l'élection présidentielle, a déclaré Pervy Kanal, la principale chaîne de télévision publique russe.

C'est du moins ce que les deux personnes interpelées ont avoué, livrant dans le même temps l'emplacement d'une cache d'armes à Moscou, où étaient conservés des composants d'explosifs, y compris des détonateurs. Les explosifs (mines à action horizontale) avaient déjà été acheminés dans la capitale et cachés non loin de l'avenue Koutouzov.

Faisant l'objet d'un mandat d'arrêt international, Adam Osmaïev, l'homme arrêté par les forces spéciales ukrainiennes, a révélé que la préparation de l'attentat terroriste était terminée, les malfaiteurs prévoyant d'attaquer le cortège gouvernemental. On affirme dans le reportage que les instructions étaient données par le chef de file du terrorisme tchétchène, Dokou Oumarov.

Les experts interrogés par Dp.ru estiment que ce n'est pas un hasard si ce reportage est diffusé à une semaine de l'élection présidentielle. « Les terroristes ont été capturés en début d'année, mais l'information n'est communiquée que maintenant », a indiqué le Directeur de l'Institut international d'expertise politique, Evgueni Mintchenko. Il rappelle également que ce même jour, un nouvel article-programme de Vladimir Poutine consacré à la politique étrangère et aux menaces extérieures a été publié. « Ainsi, une mobilisation des partisans de Poutine est à l'œuvre », a déclaré Evgueni Mintchenko.

« Que faisaient les terroristes tchétchènes sur le territoire de l'Ukraine, ce n'est pas clair », a indiqué  le directeur de l'Institut des problèmes de la mondialisation Mikhaïl Deliaguine. Le message de l'émission est selon lui est le suivant : « si les méchants bandits attaquent Poutine, alors Poutine est gentil ».

« Toute la campagne électorale de Poutine consiste à insuffler chez les gens le sentiment d'une menace extérieure », a déclaré le chef du Centre d'études sur la modernisation de l'Université européenne de Saint-Pétersbourg, Dmitri Travine. En tant que menaces, les Russes se voient proposer les Etats-Unis, les terroristes internationaux et les ennemis intérieurs.

Les experts n'excluent pas une tentative de « serrer la vis » en brandissant le slogan de la lutte contre les terroristes. « L'histoire de l'assassinat de Kirov revient immédiatement à l'esprit, poursuit Dmitri Travine. J'espère que cette fois c'est une farce, pas la répétition des événements des années 1930 ».

Il est intéressant de noter qu'il y a exactement quatre ans, le 2 mars 2008, les médias annonçaient l'échec d'une une tentative d'attentat contre Poutine, alors président de Russie. Un citoyen du Tadjikistan avait été interpelé avec un fusil, disait-on. Cependant, le renseignement n'a par la suite pas confirmé la tentative d'assassinat. En outre, en 2000, les services spéciaux ukrainiens possédaient des informations sur un attentat en préparation contre Poutine, qui occupait alors le poste de chef de l'Etat. L'assassinat devait avoir lieu au cours du sommet informel de la CEI à Yalta les 18-19 août. Comme l'a expliqué le chef du Service de sécurité ukrainien, Leonid Derkatch, quatre Tchétchènes soupçonnés d'avoir ourdi l'assassinat avaient été arrêtés en Crimée et expulsés d'Ukraine.

Synthèse réalisée à partir des articles de Dni.ru, Kommersant, RBC, et Delovoy Peterbourg 

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.