Syrie : la communauté internationale réagit au veto

Image de Alexeï Iorsh

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Tour d'horizon des réactions officielles exprimées suite au veto opposé par la Russie et la Chine à une résolution des Nations Unies sur la Syrie.

Susan Rice, ambassadrice américaine à l’ONU, a déclaré dans un langage exceptionnellement ferme que les États-Unis étaient « écœurés » par le résultat du vote.

« Depuis des mois, le Conseil de sécurité a été pris en otage par deux de ses membres », a-t-elle tonné. « Ceux-ci se cachent derrière des arguments creux et des intérêts individuels tout en retardant et en cherchant à s’opposer à tout texte qui obligerait le président Assad à changer de politique ».

« Cette intransigeance est encore plus honteuse lorsqu’on sait qu’au moins un de ces membres continue à vendre des armes au régime d’al Assad », a-t-elle ajouté en référence à la Russie, un des principaux fournisseurs d’armes à la Syrie.

L’ambassadeur du Maroc à l’ONU Mohammed Loulichki, soutien clé à la résolution, a fait part aux journalistes « du regret et de la déception » de son pays face à ce résultat. Il a indiqué que le projet restait sur la table et espère qu’un consensus pourra encore être trouvé lors d’un prochain vote.

Gérard Araud, ambassadeur français à l’ONU, a annoncé après le vote : « C’est un jour triste pour le Conseil, un jour triste pour tous les Syriens et un jour triste pour la démocratie. (…) La Russie et la Chine se rendent complices de la politique de répression menée par Damas ».

L’ambassadeur britannique Mark Lyall Grant a fait savoir que son pays était « consterné » par ce double veto, tout en accusant la Russie et la Chine de « tourner le dos » au monde arabe.

William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères, a de son côté déclaré : « La décision de la Russie et de la Chine d’opposer un veto à cette résolution et de se ranger du côté d’un régime brutal plutôt que du côté du peuple syrien est une énorme erreur ».

La représentante de l’UE pour la politique extérieure Catherine Ashton a annoncé via son porte-parole que l’Union travaillerait désormais à accroître la pression internationale sur le régime d’al Assad.

Villy Soevndahl, nouveau ministre danois des Affaires étrangères, a pour sa part déclaré : « L’attaque du régime syrien contre les civils et les violations brutales des droits humains fondamentaux sont tout à fait inacceptables ». Il a ajouté que la communauté internationale devait trouver un moyen de parler d’une seule voix afin de maintenir la pression sur Assad et son gouvernement.

L’ambassadeur portugais Jose Filipe Moraes Cabral a déploré l’incapacité des membres à parvenir à un consensus et se demande « combien de morts et de blessés graves il faudra encore pour que ce Conseil réagisse ».

Peter Wittig, ambassadeur allemand à l’ONU, a déclaré : « Aujourd’hui, le Conseil de sécurité n’a pas assumé ses responsabilités et le peuple syrien a été abandonné ».

Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a précisé que « c’était un jour vraiment triste pour le droit international, mais aussi pour les droits de l’Homme ». Westerwelle a également indiqué que les pays occidentaux maintiendraient leur pression sur al Assad et que les États européens préparaient un huitième paquet de sanctions contre la Syrie.

Philippe Bolopion, réprésentant de Human Rights Watch à l’ONU, s’est montré très déçu : « Le risque de voir le régime d’Assad considérer ce double veto comme un feu vert à encore plus de violence est élevé. Les vétos de la Russie et de la Chine ne sont pas uniquement une gifle pour la Ligue arabe, ils constituent également une trahison envers le peuple syrien ».

De son côté, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a fait savoir que « la Turquie, certains ou l’ensemble des pays de l’Union européenne, et peut-être même d’autres États prendront des mesures ». Selon l’agence de presse publique Anatolia, Erdogan aurait affirmé que cet échec « ne mettrait pas fin aux sanctions de la Turquie ».

Quant au chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi, il a déclaré :

« Le Conseil de sécurité de l’ONU est désormais un instrument utilisé par l’Occident pour intimider les autres pays. Mais cette fois-ci, la Russie et la Chine se sont opposées à de telles pratiques ».

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