La musique française chante le russe

Le projet, réalisé par le Studio de la Nouvelle Musique. Crédits photo : Itar-Tass

Le projet, réalisé par le Studio de la Nouvelle Musique. Crédits photo : Itar-Tass

À Moscou, dans le cadre du projet : l'Europe aux yeux des Russes et la Russie aux yeux des Européens, le compositeur français Louis Naon a interprété ses œuvres aux côtés du jeune compositeur russe de musique électronique Alexeï Nadjarov. 

Neuf compositeurs européens et leurs neuf confrères russes ont reçu l'année dernière une proposition très inattendue : écrire une composition musicale à partir d’une image représentative de la Russie. Le projet, réalisé par le Studio de la Nouvelle Musique, sous la direction du compositeur russe Vladimir Tarnopolsky et du chef d'orchestre étoilé Igor Dronov, fut appelé : l'Europe aux yeux des Russes et La Russie aux yeux des Européens. Une semaine après, dans la salle Rachmaninov du conservatoire de Moscou, le public russe s’offrait le plaisir d’entendre leur œuvre.

J’ai toujours dit, et je le répèterai sûrement, que les musiciens russes méritent l'admiration.
Compositeur français Louis Naon

« Le très profond respect que je porte aux compositeurs et écrivains russes m'a obligé de faire appel à la cinématographie russe », explique le compositeur français Luis Naón qui a participé au projet. La pièce était conçue sur le thème de la création et concentrée sur le maître des cloches Boris, le personnage du film d'Andreï Tarkovski, Andreï Roublev. Boris réunit en lui tous les traits d’un peintre artisan qui s’apprête à offrir au monde son art, et c’est non seulement sa jeunesse mais aussi sa foi et ses convictions qui l'obligent à s’adonner passionnément au son de cloches. Et dans la pièce de Naon Around the Bell, la musique correspond justement aux étapes de la constitution de la personnalité de Boris à travers le son de cloches. « La beauté de la voie qu’emprunte un peintre jusqu’à la fin de son œuvre artistique est le sujet principal de ma composition », précise l'auteur.

Avant de se lancer dans ce travail, Vladimir Tarnopolsky avait demandé aux participants de se passer d'électronique et de limiter leur recours aux percussions, ca'après la première représentation à Moscou, les compositions seraient présentées dans certaines régions russes qui ne disposent pas de l’équipement nécessaire. Mais tous les participants n’ont pas obéis au maître. Un jeune compositeur russe, Alexeï Nadjarov, a construit œuvre musicale sur l'électronique. Sa pièce Hypnagogic a été décrite comme « la réalisation subjective des impressions de la France ».

« Le nom de ma pièce est une référence à la transition de l’état de veille à celui du sommeil », explique Nadjarov. L’idée de sa pièce réside dans la démonstration d’une liaison entre les images, leurs apparitions et le jeu avec ce lien d’enchainement entre l’apparition des éléments issus du tissu musical et leurs limites. Un bel avenir a déjà été promis à Alexeï Nadjarov dans le domaine de la musique électronique.

En dehors de ces deux pièces, les œuvres musicales de Gérard Grisey, Bruno Mantovani, Edison Denissov et Youri Kasparov ont également été offertes au public.

« J’ai toujours dit, et je le répèterai sûrement, que les musiciens russes méritent l'admiration. » C’est sur ces mots de Louis Naon que s'est achevé le concert.

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