Départ en fanfare

Crédits photo : Konstantin Zavrazhin/RG

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Son quatrième et probablement dernier message à l'Assemblée fédérale de Russie, Dmitri Medvedev l'a entamé le 22 décembre par un bref commentaire sur les résultats des dernières élections à la Douma (chambre basse du parlement), tenues en début de mois.

« Cela arrive toujours », a-t-il dit à propos des manifestations postélectorales. Le président a promis d'écouter les mécontents, « si cette critique est valable », et d'empêcher toute ingérence extérieure dans la vie politique interne de Russie.

Le résultat de ces élections, selon les mots du président, est « une concurrence politique accrue ». Et à en juger par ses propositions, cette compétition devrait s'intensifier dans un avenir  proche.

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De belles paroles, mais peu d'actes

Dans la suite de son discours, qui a porté sur la réforme du système politique, Dmitri Medvedev a approuvé les propositions de Vladimir Poutine visant à revenir à l'élection directe des gouverneurs régionaux. Mais il ne s'est pas limité à cela. Le président a également formulé l'intention d'introduire des projets de loi dont l'adoption devrait simplifier la procédure d'enregistrement des partis politiques. Avant les élections législatives, le ministère de la Justice a refusé d'enregistrer plusieurs organisations citoyennes pour des raisons formelles, ce qui a constitué une des raisons de la contestation des résultats des urnes.

Actuellement, la Constitution n'exige pas de représentation obligatoire des régions à la Douma. Dmitri Medvedev a l'intention de remédier à cette situation. Il propose de former la chambre basse du parlement sur ​​une base proportionnelle et territoriale. Il a aussi évoqué la nécessité d'une réforme des commissions électorales centrale et régionales. Celles-ci comporteront des représentants de tous les partis politiques.

Une autre innovation politique importante est la décentralisation du pouvoir. Les initiatives du président ne remplacent pas la « verticale » mise en place par Vladimir Poutine, mais élargissent considérablement les pouvoirs des gouverneurs régionaux et des municipalités. Ceux-ci devraient en outre obtenir plus de liberté dans la gestion des ressources financières.

Selon le président, le « grand gouvernement » (ou gouvernement ouvert) devrait commencer à fonctionner en janvier. Il s'agit de mécanismes de participation populaire à l'élaboration des décisions politiques. Un des premiers projets sera un site Internet dans lequel chaque utilisateur sera en mesure de dénoncer les procédures bureaucratiques les plus absurdes. Les fonctionnaires ayant « emporté » le concours seront punis, et les procédures stupides abrogées.

Le chef de l'État a reconnu que la lutte contre la corruption en Russie venait de commencer et a exposé comment elle se poursuivrait. Si son initiative est adoptée par le Parlement, les fonctionnaires seront tenus de déclarer leurs dépenses pour l'acquisition de terrains, leurs biens immobiliers, véhicules et valeurs mobilières, comme l'exige la Convention des Nations Unies contre la corruption. Dmitri Medvedev a promis que la liste des personnes devant déclarer sera élargie.

En outre, le président insiste sur la modification de l'actuel processus d'achats publics, propices aux pots-de-vin, et sur la limitation des contrats publics avec des entreprises dont les propriétaires ou les gestionnaires sont de la même famille que les fonctionnaires d'État.

« La politique étrangère de la Russie est devenue plus moderne », a déclaré avec fierté Dmitri Medvedev. En particulier, il a qualifié de « très réussie » l'intégration au sein de la CEI. Grâce à ce processus, selon les « estimations les plus prudentes » évoquées par le président, le marché des ventes hors taxes de production russe a augmenté de 20%.

Dmitri Medvedev est également satisfait des relations avec l'UE, notamment de l'accord de partenariat pour la modernisation et des progrès sur la question de l'abolition des visas.

Evoquant les relations avec les États-Unis, le président russe a loué le traité START, qui « contribue à renforcer la stabilité stratégique » et a « jeté les bases d'une nouvelle architecture de sécurité équitable et indivisible ». Il a également déclaré que la Russie était prête au dialogue sur la défense antimissile, si les partenaires « apprennent à nous entendre ».

L'une des priorités intangibles de la coopération internationale est, selon Dmitri Medvedev, de surmonter la crise mondiale. « Désormais, il est crucial d'appliquer les décisions adoptées par le G20 visant à stabiliser la situation financière d'un certain nombre de pays de premier plan, et sur la réforme du système financier international », a déclaré le président de la Russie.

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