Week-end au rythme de la danse

Une scène du film « La danse, le ballet de l'Opéra de Paris » de Frederick Wiseman. Crédits photo :  kinopoisk.ru

Une scène du film « La danse, le ballet de l'Opéra de Paris » de Frederick Wiseman. Crédits photo : kinopoisk.ru

La danse, le ballet, les chorégraphies contemporaines : ces derniers temps, ces thèmes ont de plus en plus de succès auprès du public moscovite adepte de culture. Ce regain d’intérêt est-il lié à la récente réouverture du Bolchoï et au parcours du combattant qui a été nécessaire pour le restaurer ? Ou est-ce un simple effet de mode ? Difficile à dire. Il ne se passe cependant pas un mois sans qu’un spectacle de danse ou une exposition liée à cet art ne soient organisés dans la capitale russe.

Scènes du film « La danse, le ballet de l'Opéra de Paris » de Frederick Wiseman.

Surfant sur la vague de ce succès, le Centre international de Danse et Performance (TsEkh) a organisé, avec le soutien de l’Ambassade de France et de l’Institut français de Russie, le Week-end vidéodanse, les 19 et 20 novembre à Moscou. Durant ces deux journées, des documentaires consacrés au ballet classique et à la danse contemporaine ont été présentés dans l’un des carrefours culturels de la ville Aktzal (la salle Aktovy). Au programme de ce week-end, des œuvres de différents réalisateurs, professionnels et amateurs, qui se sont associés pour dévoiler les secrets des processus de création des spectacles de danse.

La Russie connaît un boom de la danse

On dit souvent que les jeunes ne s’intéressent pas au cinéma documentaire et qu’ils ne regardent la chaîne Koultoura (équivalent russe d’Arte) que pour s’endormir (d’ennui, évidemment). Malgré cette idée reçue, ce Week-end vidéodanse a attiré un public assez jeune. Pas de salle comble non plus, mais à en juger l’intérêt avec lequel les spectateurs ont observé les danseurs à l’écran, les personnes présentes n’étaient certainement pas là par hasard.

Le programme de la première journée était entièrement dédié à la chorégraphie française. Le film « Eldorado / Prejlocaj » racontait en détail l’œuvre du chorégraphe français d’origine albanaise Angelin Prejcolaj, dont le nom est déjà connu auprès du public russe : sa troupe est venue en tournée en Russie à plusieurs reprises et a récemment joué avec succès le spectacle « Blanche-Neige » sur la scène du Théâtre Alexandra à Saint-Pétersbourg. Le deuxième film, réalisé par Frederick Wiseman, maître américain du cinéma documentaire, décrivait aux spectateurs le monde de l’Opéra de Paris et la façon dont on y prépare les représentations.

Vers Mathilde (Claire Denis, 2005)



Le programme de dimanche proposait quant à lui des films produits par Arte, justement, sur Dominique Mercy, danseur et assistant de Pina Bausch, et sur Mathilde Monnier, directrice du Centre chorégraphique national de Montpellier. Cependant, la vraie surprise pour les spectateurs russes venait du portrait réalisé par Vladimir Kara et consacré à Evguéni Poliakov, danseur russe qui a émigré en Occident dans les années 70.

Poliakov était le bras droit de Rudolph Noureev et travaillait comme maître de ballet à l’Opéra de Paris. Les Russes connaissent peu de choses sur cet homme, dont le talent hors du commun n’a pu s’exprimer qu’au-delà des frontières de l’Union soviétique. Le film raconte les expériences chorégraphiques de Poliakov sur les scènes du théâtre du Florence et de l’Opéra de Paris.

Une fois les projections terminées, les spectateurs avaient la possibilité de poser des questions à Vladimir Kara, mais aussi de discuter avec les organisateurs de l’événement. Durant les pauses entre les films, on pouvait également assister à des débats animés autour d’une tasse de café au bistrot situé à proximité de la salle. Ce week-end au rythme de la danse aura sans conteste beaucoup plu aux amateurs de danse moscovites.

Vollmond (Dominique Mercy solo, 2007)


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